DANSES POPULAIRES CUBAINES

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yanela
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DANSES POPULAIRES CUBAINES

Message par yanela »

vous y trouverez toutes les définitions des danses populaires cubaines, recherchées par tous les débutants surtout, avec des extraits de spectacles pour chaque danse


http://www.afrocubadanse.com/index_a.htm


yanela qui n'entend rien mais qui a le rythme dans sa peau...
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Message par yanela »

-A Cuba, on appelle folklore afro-cubain les musiques chants et danses d'origine africaine.

Les esclaves issus de différentes contrées d'Afrique ont tenté de préserver malgré l'opposition de la société blanche leurs cultures langues et rituels .

Aujourd'hui, les danses musiques et chants afro-cubains sont vivants dans les rituels (culte de la santerìa, culte congo…) et dans les ballets folkloriques qui en développent l'aspect artistique.

En tant que danseuse, j'ai consacré ces pages à la danse, mais musique chant et danse sont intimement liés et la danse ne peut fonctionner sans eux. La musique et le chant seront donc évoqués ici en tant qu'accompagnement de la danse ; des adresses de sites plus spécialisés sur la musique et le chant afro-cubains vous seront proposés sous la rubrique liens.


Introduction aux danses afro-cubaines

Les danses afro-cubaines sont peu pratiquées en dehors de Cuba .
En Europe, En France, on n'a que très peu l'occasion de les voir en spectacles et on ne rencontre pas d'ouvrages qui y font références.
Les cours , les stages sont compliqués à mettre en place : il faut prévoir plusieurs intervenants : un enseignant, trois musiciens, un chanteur compétents c'est la formule minimum pour faire un cours dans de bonnes conditions.
Cependant, les personnes qui ont eu l'occasion de pratiquer ces danses sont enthousiasmées de leur découverte .

De manière générale, les danses afro-cubaines nécessitent un travail corporel très approfondi et surtout très fin, très précis. Elles sont complexes notamment les danses yorubas car en plus de la technique de la danse en elle -même il faut également dominer l'aspect rythmique et l'aspect théâtral.
Même à Cuba, un danseur de folklore consacre beaucoup de temps et d'efforts chaque jour pour intégrer et affiner ces danses et c'est un travail jamais fini.
On peut alors se demander en tant que danseur étranger à cette culture ou en tant que danseur amateur, si ces danses sont accessibles et quel en est l'intérêt , où est le plaisir ?

Je pense que pour un danseur ces danses offrent un travail corporel et rythmique particulièrement intéressant
Quant aux danseurs amateurs, si ces cours sont abordés avec suffisamment de pédagogie ils affineront petit à petit leurs sensations et leur technique sans rien perdre du plaisir de la danse qui ira en se développant.
Car le plaisir de la danse est essentiel : lorsque le chanteur lance son appel, que les tambours le suivent et répondent en entrelaçant leurs rythmes et que la danse se pose avec justesse, s'ancrant dans les rythmes et soulevée par les chants, alors une même énergie circule entre tous, une énergie qui monte, un plaisir qui s'élève.

A Cuba, on distingue principalement les danses Yoruba,Congo, Ararà, Abakuà et les danses d'origine Haïtienne

Techniquement, on retrouve une base commune à ces différents folklores : les jambes sont toujours fléchies, le buste relâché en avant, onde vibratoire continue. La dimension théâtrale y est très importante


Les danses Yoruba

Directement issues des rituels de santerìa, les danses Yoruba sont les danses d'orichas (dieux) interprétées avec les symbolismes et les énergies qui sont propres à chaque oricha. Si une grande part est faite à l'improvisation notamment pour le danseur soliste, des règles précises et complexes régissent la danse.
En spectacle, il peut s'agir d'une présentation des différents orichas mais en général elles se présentent sous forme de chorégraphies avec danseurs solistes et corps de ballet.
Souvent les chorégraphies s'inspirent des nombreux patakin , histoires relatant les aventures et les relations qu'entretiennent les orichas entre eux.


On distingue deux formes : danses Yoruba sur rythmes de tambours batas, et danses Yoruba sur rythmes de bembé.

Avec les tambours batas, à chaque oricha est consacré un ensemble de rythmes ou toques et de chants le plus souvent combinés en suite, et à chaque toque correspond des pas précis ;
dans le bembé un seul rythme est utilisé pour tous les orichas, le chant donnant l'indication des pas.
Au niveau du style de la danse, en bembé le travail du buste est plus accentué dégageant une énergie plus forte.

Comme je l'ai déjà précisé, le chant et les tambours sont liés à la danse : en simplifiant on peut dire qu'à chaque chant correspond un toque et un pas de danse. Mais en réalité une série de chant peut utiliser le même toque, et la danse peut varier à l'intérieur d'un même toque.
Pour la danse, il sera choisi une suite (ou traité) de toques afin de provoquer une montée d'énergie jusqu'au final.
.
Chaque oricha ayant une symbolique propre, on retrouvera dans la danse cette même symbolique que ce soit dans les pas ou le jeu théâtral.
Les danses d'orichas offrent ainsi de grandes possibilités d'expression mais aussi un travail du corps très précis.

On peut ainsi passer de la danse d'Oggun, très physique parfois violente, à la danse de Changò à la fois guerrière et sensuelle, de la danse d'Ochun tout en douceur et en sensualité, ou celle de Yemayà la mer qui passe du calme à la tempête…

En ce qui concerne la technique de la danse proprement dite, le plus complexe et le plus subtil reste le travail de l'ondulation du buste.
A Cuba on explique que le mouvement d'avant arrière du buste se communique à tout le corps
Je pense que la prise de contact du pied avec le sol est très importante et renvoie une onde vibratoire qui remonte( à la condition que le corps soit relâché) jusqu'au sommet de la tête. Suivant l'oricha et suivant les pas, elle prend des tonalités différentes.

Nouveau:
consultez la page orichas dansés : photos, texte et vidéos pour chaque oricha



En résumé danser yoruba c'est apprendre à connaître reconnaître et intégrer :
-les chants et les toques avec les pas qui leur correspondent
-la technique vibratoire caractéristique de la danse en général et de chaque danse en particulier
-le travail d'expression propre à la danse
Tout cela demande du temps : pour vous rassurer, sachez que les danseurs professionnels des ballets folkloriques retravaillent les bases pratiquement tous les jours
Mais quel que soit votre niveau, le plaisir de danser yoruba restera toujours très très fort !



Les danses Congo

Egalement issues de rituels toujours pratiqués à Cuba les danses Congo ont perdu beaucoup de leurs caractéristiques qui se sont mieux conservés dans les rites yorubas. Elles sont faciles cependant à différencier des autres folklores par la rapidité et la force des mouvements. La plupart des danses sont collectives.


Le Palo
Mouvements brusques des bras, travail du buste et des épaules en relâchement et en rythme rapide, sauts, c'est une danse violente, impressionnante qui se danse à deux (face à face) mais le plus souvent elle est présentée en chorégraphie de groupe symbolisant une confrontation entre 2 clans ou le travail de l'homme.
Elle oblige le danseur à se donner entièrement.

La Makuta
A l'origine c'est une danse religieuse qui se dansait dans les pièces sacrées des Congos.
C'est un danse rapide, demandant beaucoup de coordination , mais beaucoup moins riche en pas que le Palo.

La Yuca
Danse profane et danse de fertilité : elle représente la parade amoureuse du coq et de la poule.


Les danses Ararà

Danses d'origine religieuse, moins développées que les danses Yoruba et Congo (elles sont pratiquement inexistantes des programmes d'étude des étudiants de folklore) elles font l'objet actuellement de recherches et de mesures visant à rescaper cette culture.

En danse, sont étudiées principalement
Les danses d'Asoyì évoquent le travail de la terre : semer ; récolter…
Le travail du buste et des épaules en rotation est particulier à cette danse

Les danses d'Afriketé déesse de la mer équivalente de Yemayà des Yoruba

Les danses d'Ebioso équivalent à Changò des Yoruba


Les danses cubano-haïtiennes

De la région de Santiago principalement mais il existe des variantes dans la région de Camagüey

Le Gagà est une danse de fête, de rencontre entre villages sur une base de déplacements avec un déhanché poussé

Le Vodù d'origine religieuse : le pas de base est un jeu de jambe rebondissant sur le sol , un travail circulaire des épaules poussé et rapide.

le Merengué haitiano vidéo par groupe Bonito PATUA

la Tahona(danse autour d'un mât), vidéo par conjunto folklorico de oriente

La Tumba francesa inspirée du menuet français:vidéo par conjunto folklorico de oriente

le Carabalì...



La Rumba

La Rumba tient une place à part dans les musiques, chants et danses de Cuba.
Elle n'est pas d'origine religieuse.
A partir d'instruments très simples, (petites cuillères, caisses puis tambours) s'est créé un complexe rythmique d'essence africaine mais déjà acclimaté à la réalité cubaine.
Les gens du peuple les plus humbles y commentaient de manière satyrique les évènements politiques, sociaux , puis même amoureux qui les affectaient
On distingue trois styles : le yambù, le guaguancò et la columbia.
Chaque style se distingue l'un de l'autre au niveau rythmique et au niveau de la danse.

Le Yambù
Forme la plus ancienne de la rumba, le rythme est lent
Appelée aussi rumba des vieux ;
Après une assez longue introduction appelée " diana " ou alterne soliste et chœur, un couple commence à danser La danse est lente élégante :c'est la femme qui est mise en valeur dans la danse, l'homme restant au second plan..
Traditionnellement il s 'appuie sur elle, semble souffrir de rhumatisme tandis qu'elle danse avec coquetterie et sensualité.

Le Guaguancò
A l'origine , le guaguancò était surtout narratif : la politique, l'amour, les problèmes de la vie quotidienne en étaient les themes principaux.La danse serait apparue plus tard ; Elle se caractérise par le " vacunao " à signification érotique qui est un geste du danseur vers le pelvis de la danseuse qui elle essaye de s'en protéger.
Toute la richesse de la danse va se caractériser par ces " attaques " et esquives entre les le danseur et la danseuse. Le mouvement de vacunao est très varié utilisant un foulard ou différentes parties du corps.
Techniquement, on retrouve les mêmes pas de base en yambù et en guaguanco, :genoux fléchis, gardant toujours un temps de ressort, un travail du bassin spécifique, du buste ,des épaules des bras en relation avec le rythme ;c'est une danse qui demande une coordination très subtile, et une grande maîtrise du rythme.

Note : La rumba pratiquée dans les danses de salon en Europe aurait pour origine le son ou le bolero.

La Columbia
D'origine rurale, on dit qu'elle est née dans la province de Matanzas : les textes sont moins élaborésque dans le guaguanco etparlent du travail : le café, la canne à sucre…
La structure musicale ressemble beaucoup aux autres styles de rumba .
C'est essentiellement une danse d'hommes au rythme rapide : dans la partie dansée,
un danseur se présente, faisant montre de son habileté bientôt suivi par un autre qui essaiera de le surpasser…
La danse se caractérise par un jeu de jambes, le travail des épaules et beaucoup de liberté d'improvisation ;dans les villes, le style des danseurs a évolué :certains incorporent dans leur danse des éléments d'autres danses : figures du ballet classique, acrobaties de cirque, hip hop…mais aussi des éléments de folklore afro-cubains, abakuà…
Tous les pas de danse du danseur doivent être soulignés par un des tambours , le " quinto ".
Certaines fois, le danseur exécute des pas complexes et rapides autour d'une bouteille de rhum qu'il ne doit pas faire tomber (ou sinon comme dit alors le chœur, il doit la payer)
Particulièrement impressionnante et risquée est également la danse des couteaux où le danseur tenant un couteau dans chaque main simule l'acte de se donner des coups de couteaux .


Avec l'autorisation de notre célèbre négrita, merci pour tes articles très clairs, très précis, très simplifiés dont vous trouverez photos et vidéos dans:

http://www.afrocubadanse.com


Encore merci et bravo négrita pour un tel investissement en tant que rédactrice....:smt023 =D>
Modifié en dernier par yanela le dim. oct. 12, 2008 11:25 pm, modifié 1 fois.
yanela qui n'entend rien mais qui a le rythme dans sa peau...
seca
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Message par seca »

Super ! Merci beaucoup pour tout ça !
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