Avant toute chose, je précise que je ne suis qu'un ignare, qui ne connait rien à la culture cubaine
pbooj a écrit :La structure rythmique de la contradanza est basée un rythme syncopé et asymétrique appelé le quintolet en français, ou "cinquillo". D’aucuns pensent à tort que les rythmes de la contradanza ont suivi un chemin qui allait de l’Afrique, à Saint Domingue puis à Cuba. Or le chemin a été plutôt France, Haïti, Cuba.
pbooj a écrit :Tout le monde reconnaît que les "Charangas Francesas", i.e. les orchestres français du 19ème siècle ont contribué de manière décisive à la musique afro-caraïbéenne. Ce sont en effet les rythmes, les mélodies, les danses et les instruments de musique français qui vont constituer la matrice du danzón, considéré longtemps comme la danse nationale de Cuba.
Quand on n'a pas de réponses, que fait-on ? On cherche...
Ainsi, mon pavé étant reste dans la marre, je me suis mis à chercher si ces allégations pouvaient être vérifiées...
Mes réponses, je les ai trouvé, quand je suis tombé sur un musicologue Cubain, historien spécialiste des questions historico-musicales de son pays :
le Docteur Olavo Alén Rodríguez.
Il dit notamment qu'à Cuba, on appellait "Français", toute la communauté noire haïtienne, esclave ou affranchie, arrivée dans l'Oriente suite aux tulmutes de leur île d'origine (1790-1860). Mais le terme Français, ne servait pas seulement à désigner des hommes. On nommait "français", les instruments, les danses, la société et tous ce qui entourait ces haïtiens. "Français" à été choisi, plutôt qu "Haïtien" car ces derniers, jouissaient de la mauvaise réputation de leur île.
Il dit aussi, que ce qu'ils ont apporté, vient de France, mais après une période de trans-culturation (créolisation).
La Créolisation
Daniel Maximin, spécialiste de la question noire et de l'esclavage nous apprend que les colons, à cette époque, obligeait leurs esclaves, à coup de fouet de d'aliénation, à apprendre les traditions eurpéenne : il s'agissait de former des pions pour assurer l'éducation de leurs enfants (cuisine, étude, musique, art...), et, le plus souvent, de jouer à leurs banquets les musiques à la mode. Le soir venu, des orquestres se formaient loin des habitations. C'est là que s'est créée une multitude de rythmes nouveaux, et ce, sur tout le continent américain, où l'esclavage à sévit. Le fait, pour des noirs, de procéder ainsi, a été la souche de la créolisation : utiliser la culture de l'oppresseur, pour en faire celle de l'opprimé.
Il n'est pas si faux, comme je le pensait au départ, de dire que le chemin d'origine de la contradanza est France->Haïti->Cuba. Mais il manque l'élément le plus important : l'Afrique. Qui du père ou de la mère est le plus important dans l'histoire du fils ? Même si la mère a été violée et battue, et qu'elle continue à être baffouée, il ne faut pas minimiser son importance.
Quant à l'appelation "Charanga Francesa", il ne s'agit pas d'un orchestre français. Selon le Docteur Olavo Alen, l'appelation "français" servait à qualifier une structure musicale, c'est à dire, les instruments ou les musiques jouées, et non pas une nationalité. Il cite notamment un vieux document qui parle de "Charanga a la francesa". toutefois, il s'agit d'une structure apportée par les noirs africains d'haïti ou des métisses. La première charanga francesa connue fut à l'initiative d' Antonio Maria Romeu, un cubain blanc d'origine française (métisse??), dans laquelle il ajouta de l'africanité.
Ces charangas Francesas n'ont pas contribué de manière décisive à la musique afro-caribéenne. Je m'explique.
Caribéenne veut dire que cela concerne toutes les îles de l'archipel caribéen, De Trinidad-et-tobago aux bahamas. Je n'ai pas besoin d'expliquer, je pense, en quoi cette partie de phrase est fausse. Disons simplement, que les pays anglophone de la caraibe n'ont rien à voir avec cette structure musicale qu'est la charanga francesa.
Mais parlons du mot "contribué". Si par fouet, mutilation et avilissement, on se met à entendre contribution, d'autres dérives malheureuses pourraient être possibles (l'allemagne nazie...). Il est un devoir, pour chacun d'entre nous, de ne pas oublier, avant de tirer la couverture à soi, que tout cela s'est produit au prix du sang. Je reviendrais, si besoin est, sur cette "contribution".
Si on doit évoquer un quelquonque apport européen à cette partie du globe, n'oublions pas de mentionner dans quelles conditions il été fait.
Je pense qu'il est important de toujours resituer les évènements dans leurs contextes car, là où il pourrait y avoir fierté, pourrait se trouver barbarie.
Enfin, pour finir, si on doit parler de l'histoire du danzon, je pense qu'il est nécessaire de s'attarder sur ceci.
http://www.guije.com/libros/musical/failde/index.htm
et ça
http://www.lajiribilla.cu/2006/n270_07/270_06.html
le traducteur voila.fr est assez efficace
