Pour les Toulousains, le film est programmé pour les
20èmes Rencontres du Cinéma d'Amérique Latine (qui ont lieu en ce moment, d'ailleurs, n'hésitez pas à consulter ici
http://www.cinelatino.com.fr/fr/festiva ... ccueil.htm le programme de ce festival d'une richesse extraodinaire, l'occasion de découvrir ou redécouvrir plein de films de grande qualité qu'on a trop peu l'occasion de voir).
La Zona passe donc vendredi 4 avril à 21h30 à l'Utopia dans le cadre du festival et restera à l'affiche à l'Utopia à Toulouse jusqu'au 22/04/08 (et à Tournefeuille jusqu'au 29).
Je ne peux pas vous en dire plus sur le film, je ne l'ai pas vu, mais voici la présentation:

sur le site des Rencontres:
La zona
De Rodrigo Pla [ Mexique - 2007 - 1h37 ]
L’action se situe dans un lotissement sécurisé où les habitants vivent enfermés par peur de la delinquance et violence du monde extérieur. Trois intrus, qui arrivent à entrer pour voler une maison, bouleverseront la paix de la zone résidentielle. Une réflexion sur la polarisation des classes sociales et la paranoïa des sociétés contemporaines. Les murs -même si énormes- seront toujours franchis.

sur le site de l'Utopia: (où vous trouvez aussi la bande d'annonce:
http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/ ... &mode=film)
C’est, au cœur de Mexico, une de ces cités protégées par des murs, au top de la modernité, avec paranoïa intégrée, caméras partout et milice privée… Un truc pour riches, au confort arrogant cerné par des quartiers pauvres, où végètent les largués de la croissance, affamés de naissance, marqués dans leur chair par un destin dont il faudrait être bien malin pour arriver à s’extirper. Le mur qui sépare ces deux mondes irréconciliables n’est pas seulement fait de barbelés et de béton, il exsude la haine et le désespoir, ces sentiments où savent si bien germer les malentendus chroniques, les jugements hâtifs, les erreurs judiciaires… D’un côté on vit dans un luxe imprégné d’une peur latente, de l’autre on survit dans la rancœur et la frustration. En s’entourant eux-mêmes de murs, les résidents de la Zona interdisent à d’autres d’entrer, mais ont inventé leur propre prison, surveillés nuit et jour, perdant leur intimité, toujours sur le qui vive. Quelle que soit la hauteur des murs, aucun ne sera jamais, ne leur semblera jamais assez protecteur : tant que des inégalités aussi choquantes existeront, il y aura toujours quelqu’un pour franchir le mur, pour s’insinuer par les brèches…
Alejandro, adolescent heureux, est né du côté lumineux : belle maison, études poussées, parents attentifs, une belle gueule bien nourrie et même pas d’angoisses tant il ignore qu’il existe un ailleurs où les adolescents de son âge sont privés de tout ce dont il est gavé. Miguel pourrait être son pote, mais il est né du côté de la misère, de la gadoue. Un soir d’orage, profitant de la brèche ouverte par un pylône abattu, deux copains l’entraînent bondissant dans la Zona. Rien de prémédité, juste l’aventure de l’occase qui se présente de profiter de ce luxe rendu à portée, d’aller chiper un peu de cette richesse enviée. Les trois adolescents pénètrent dans une maison, une vieille femme s’affole, les garçons paniquent, la domestique s’enfuit, alerte la sécurité… les deux copains de Miguel sont abattus au vol, Miguel se réfugie dans la première maison venue, les résidents s’agitent : la machine de la peur est en route, celle qui fait perdre la mesure des choses.
Dans la maison d’Alejandro, les résidents se réunissent : pas question d’avertir les autorités jugées trop molles, trop corrompues… La pression monte et la peur jusqu’alors contenue se dilate, devient folie commune. Les rares qui tentent d’introduire un peu de raison dans cette flambée de déraison sont appelés traîtres et lâches et la décision tombe : les résidents, aidés des vigiles, règleront leurs comptes en interne et la chasse à l’adolescent s’organise.
Dans la cave de sa maison, Alejandro va découvrir Miguel, un Miguel terrifié dont il comprend très vite qu’il n’a jamais agressé personne. Protégé de tout, y compris de cette peur gluante, Alejandro, à l’écart du troupeau haineux, peut penser encore par lui-même et il se sent très vite complice de ce garçon qui lui ressemble et qui tremble comme un animal traqué qui sait que les chasseurs patrouillant dans la Zona ont besoin de faire payer leur peur à quelqu’un. Pendant ce temps, la police alertée s’apprête à intervenir…
C’est noir, tendu, c’est mené avec force et La Zona emporte l’adhésion en mettant en place un suspense d’autant plus intense qu’il prend racine dans une réalité connue, anticipant sur les dérives de sociétés qui s’affolent. « Plutôt que de montrer la réalité brute, telle qu’elle existe, nous avons préféré la fiction où nous avions la liberté de dépasser les bornes et d’inventer, justement pour mettre l’accent sur les choses qui nous préoccupent ».