Portail de la Salsa cubaine en France

 
 
 
 
Agenda Concerts
- 20/02/09 - Paris -
Bamboleo
 - 27/02/09 - Paris -
 Pupy y Los Que Son Son
Radio Timba FC.net
Radio FC.net : Salsa cubaine et Timba. Cliquer ici pour écouter.
Salsa cubaine
Musique

Danse

Videos

Contact

Membres
Pseudo:  
Mot de passe:  


Total: 2405
Dernier: kptainsalsa
Aujourd'hui: 1
Hier: 0
En Ligne: 30
Visiteurs: 26
Membres: 4

01 : Ahinama
02 : claudion
03 : djloco
04 : Maximus

ELITO REVE, plus « Fresquecito » que jamais ! - 2ème partie
Posté le 06 nov 2005 à 14:44 par leonel

Interviews

 Elito RevéLE MONDE PARTICULIER DU CHARANGON

Leonel: Permets nous des petites questions car le Charangon est un monde en soi ! Le Charangon a ses codes, son vocabulaire. Commençons par Pipi ! Vous chantez "Vamos hacer el Changüí en la casa de Pipi" (Allons faire le Changüí a la maison de Pipi). Qui est Pipi ?

Elito: Pipi est un changuisero qui vit à Yateras, une municipalité de la Province de Guantánamo. On fait le Changüí à la Casa de Pipi. 


Leonel: C'est à la Loma Del Chivo?

Elito: Non, c'est ailleurs, Dans la province de Guantánamo mais il faut aller en brousse,  dans un village à la montagne, Pipi vit dans les collines. C'est un changuisero.

Leonel: Et Nora aussi? (référence au CD "Changüí En Casa De Nora")

Elito: Non,  Nora est une changuisera qui vit à La Loma Del Chivo. Quand nous jouons à Guantánamo, à La Loma Del Chivo, nous faisons les Ajiacos à la maison de Nora. Ajiaco ! C'est un plat typique de Cuba et spécialement de Guantánamo.  On y cuisine des bananes plantains, des patates douces et tous types de tubercules, on fait un Ajiaco ¡

Leonel: A Sancochar Boniato!

Elito: A Sancochar Boniato! Oui !

Leonel: Tu as des mots, des expressions uniques qui identifient le Charangon. Tu lances "E Cuajey ¡", comment fais-tu ?

Elito: E Cuajey ¡

Leonel: Qu'est-ce que ca veut dire?

Elito: C'est une expression..."E Cuajey", "A Sancochar Boniato", "De que estamos hablando",  ..

Leonel: Il y en a une que l'on m'a rapporté qui ne serait pas de toi. ¡Apréndetelo ¡ Apréndetelo ¡ (Apprends-toi (la leçon)!). On m'a dit hier que cette expression est en fait attribuée à Los Papines.

Elito: Ce sont des expressions pour la scène, pour le show, mais les gens les apprennent grâce à moi… C'est comme "Deja la Contentilla !"

Leonel: Celle-là je ne la connaissais pas !

Elito: "Deja la Contentilla" c'est comme si nous allions à la maison de Franck ou chez toi par exemple et que tu me dises " Mais pourquoi tu l'as amenée celle-là? Laisse tomber tes initiatives de m'amener ces gens chez moi ! "

Leonel: C'est comme "Atrevimiento"! Comme "Quel Sans-Gene"!

Elito: Oui, un 'atrevimiento', "deja la contentilla" ¡ On va tous a la maison d'untel et on fait la fête et quand le maitre de maison arrive il dit : " Et ce sans-gêne chez moi?!"


 Elito Revé


LE DERNIER DISQUE "FRESQUECITO"

Leonel: Maintenant nous allons parler du disque "Fresquecito". A quoi attribues-tu le succès de "Fresquecito" ? Nous avons parlé de la qualité de la composition des morceaux, mais je pense que c'est aussi dû aux 'coros' qui plaisent au public et qui se retiennent facilement…

Elito: Il faut reconnaitre dans ce disque le travail des arrangements d'Aisar. Aisar et moi nous nous réunissons souvent, moi au piano et Aisar a la basse, Aisar est un très bon arrangeur.  Il m'a déjà dit ce que doit être la direction que je souhaite imprimer au Charangon. La pianistique de l'Orquesta Revé. Tous ces tumbaos sont les miens. L'Orquesta Revé a un jeu de piano très spécial, très parlant, c'est un langage. C'est un jeu de piano très transparent. [...] Nous utilisons des accords majeurs ou des accords mineurs selon la séquence harmonique. Mais surtout nous ne compliquons pas tellement l'écriture pianistique de l'orchestre. Elle reste très simple, transparente mais avec beaucoup de goût et de sabor !

(Elito chantant) " Kiki kun gun guen kun guen kun guen, kin kin guin guin, A Sancochar Boniato ken, Kon Kon Guen , KonKon Guen Kon guen… "
Ca c'est ce que fait la basse de l'Orquesta Revé.

Aisar est un excellent arrangeur et il faut lui rendre hommage pour le travail des arrangements qu'il a réalisé sur ce disque.

Il faut aussi noter le remarquable travail des musiciens de l'orchestre.
Andy est un très bon batteur, un bon percussionniste. Ulises Benavides est le premier trombone.

Le grand travail de Pachy, le pianiste.  En fait ce sont tous les musiciens qu'il faut remercier.

Dagoberto, LA VOIX, une voix claire, très propre, mais aussi El Sinsonte, la voix historique s'imposent fortement.

Leonel: Ca fait combien d'années que Pascual Ramos et Dagoberto sont entrés dans le Charangon ?

Elito: Dagoberto ca fait comme 10 - 12 ans et Pascual déjà 15 ans.

Leonel: Ce sont les voix qui permettent d'identifier la Revé aujourd'hui.

Elito: Ce sont les voix principales.

Leonel: Mais maintenant Pascual chantent moins de chansons, non?

Elito: Il en chante deux ! Le Changüí et …

Leonel: Il fait plus les chœurs qu'il ne chante comme voix principale, tu ne penses pas?

Elito: C'est que Pascual avait beaucoup de chansons à l'époque de "La Explosion Del Momento" et qu'il a une voix si particulière. Il aide énormément sur les chœurs. Rappelle-toi que pour chanter "Se formo la Ruñidera" (Elito chante de manière très aigue et nasale), pour tenir cette voix.. Il n'y a qu'El Sinsonte pour chanter comme ca. Et "Fresquecito ¡"

Leonel: Il a une voix très nasale.

Elito: Nasale effectivement! Avec lui les 'coros' sont là-haut, là-haut, là-haut…
Il faut reconnaître le travail des chanteurs mais aussi celui du producteur du disque, Juan Manuel Ceruto. C'est lui qui a aussi produit la musique du film " El Benny ".
Il faut remercier également la compagnie discographique cubaine, BIS Music.
Il s'agit d'un disque très pensé, très bien produit par Juan Manuel Ceruto, très bien orchestré et arrangé grâce à Aisar, et très bien interprété  par tous les musiciens, Ulises, Dagoberto, El Sinsonte, Andy, Orlandito, Jorge-Luis el tresero, etc.
Ca a été un travail d'ensemble pour arriver à ce résultat.
 
Leonel: C'est ce que tu disais lors d'une interview à la radio hier, que vous avez réalisé un travail collectif. Vous travaillez vraiment de manière collective ? Comment ca se passe ? Aux répétitions, n'importe qui peut proposer quelque chose ?

Elito: Quelqu'un peut apporter une idée mais c'est Aisar qui va dire " Allons dans cette direction " ou bien " Vous pensez qu'on peut faire quelque chose par là ? ". Je les écoute beaucoup.  Mais ce sont eux qui viennent toujours consulter comment on va faire. C'est dans ce collectif que réside notre force et celle du disque "Fresquecito".
Il y a eu aussi le travail de Robertòn.

Leonel: La Force…

Elito: La force, c'est à dire… ce type a beaucoup de talents et de facettes qui font qu'il mérite le Prix Cubadisco 2008 et le Prix de Fiestacubana.  D'ailleurs tout l'orchestre mérite ces Prix. Il y a beaucoup de gens qui connaissent l'Orquesta Revé mais maintenant, avec la production de ce disque, mis a part les orchestrations et les arrangements, il faut avouer que ce disque est explosif… Cette sonorité! Il y a des personnes  qui connaissent déjà l'orchestre mais bien d'autres qui nous découvrent avec une formule sonore différente et une cadence ajustée pour les danseurs… Quand c'est comme ça (Elito nous joue une cadence modérée en claquant des doigts), c'est là que se trouve le rythme adapté pour un morceau dédié aux danseurs.

On ne peut pas accélérer. Il faut conserver une cadence pour le danseur. Même celui qui ne danse pas va vouloir bouger avec ce type de rythme, ne serait-ce qu'en bougeant l'épaule.

Leonel: C'est vrai, vous jouez une musique populaire, destinée aux gens simples et chantée pour les danseurs.

Elito: (en chantant tout sourire) "Dale Agua Al Domino, … Con el doble nueve"

Leonel: Tu es le directeur de l'orchestre, tu es aussi pianiste mais tu es un terrible animateur de scène "E Cuajey !"

Elito: "E Cuajey! A sancochar boniato! "

Leonel: "De que estamos hablando", "Ke ke ke ke ke, Wayaaaa ¡"

Elito: "Ke ke ke ke ke, Wayaaaa ¡" Ce sont des petites choses qui plaisent au gens. Je le fais et ces petites phrases que je lance font que l'humeur se fait plus animée, plus cubaine…

Leonel: l'ambiance est plus amusante!

Elito: Oui, c'est plus divertissant, ca amène beaucoup de joie.

Leonel: Vous faites aussi un show sur scène, rien à voir avec La Charanga Habanera, mais vous amenez une joie, une accélération et ça se voit que vous êtes unis, ça fait partie du succès, ca aussi ?

Elito: Nous sommes un orchestre très uni, un orchestre très familial. Il y a une grande discipline aussi. Je travaille énormément, je suis un bourreau de travail. Quand c'est à 7 heures, c'est 7 heures, 8 heures, c'est 8 heures. Ca ne me plait pas de laisser un concert en plan. Chaque représentation à Cuba ou dans le monde me plait. Il ne m'est jamais arrivé de rater un concert jusqu'à présent.

La discipline est très importante pour moi. Je ne supporte pas le musicien qui a bu. Je suis très strict sur la discipline. Le succès d'un orchestre dépend tant de sa musique que de la discipline à l'intérieur du groupe.

Leonel: Effectivement je pense que les orchestres qui se sont maintenus avec succès à Cuba sont ceux qui appliquent une grande discipline comme le Trabuco, Adalberto Alvarez y su Son.

 Elito Revé

LES CHAISES MUSICALES

Leonel: Je crois que tu n'as pas eu beaucoup de chance récemment avec tes derniers chanteurs, car El Bello et El Chino sont partis. El Bello est allé rejoindre La Charanga Habanera.

Elito: El Bello, Lázaro, je lui ai donné le nom de scène de 'El Bello'

Leonel: C'est toi qui leur donne leurs surnoms ?

Elito: Oui, je leur ai donné le nom de 'El Bello' et de 'El Chino'. 'El Chino' chantait dans le groupe Bakuleye et 'El Bello' était dans La (Charanga) Forever. Je l'ai découvert dans La Forever. Je l'ai énormément fait travailler. Il avait une bonne voix mais il venait d'un autre climat musical, avec l'orientation d'un autre orchestre, très bon certes mais pour entrer dans l'Orquesta Revé, il a fallu le mettre au Changüí, à la cadence du Changüí, à la rythmique de la clave. Cela a représenté un gros travail que nous avons fait au studio avec Aisar, Juan Manuel Ceruto. Une fois le disque enregistré et quand le disque sort, on ne sent plus tout ce travail, mais 'El Bello' est un chanteur excellent. On peut dire qu'il s'est réalisé dans cet orchestre. C'est l'Orquesta Revé qui l'a fait et pour chanter dans l'Orquesta Revé, il faut savoir chanter. Maintenant il est dans La Charanga Habanera mais j'ai désormais 'El Galan' et 'El Chino', pas le même mais un autre 'Chino'.

Leonel: Un autre  'Chino'?

Elito: 'El Galan' et 'El Chino'. Je vous prépare des surprises. Au début de l'an prochain nous allons lancer deux nouveaux morceaux  avec ces chanteurs. C'est une surprise. On continue avec "Fresquecito" mais on vous prépare pour le début de l'année prochaine deux morceaux avec 'El Galan'. L'Orquesta Revé est un orchestre école […]  mais pour chanter dans l'Orquesta Revé il faut vraiment savoir chanter et pour jouer dans l'Orquesta Revé il faut vraiment savoir jouer. C'est un orchestre qui forme et dont je ne suis pas seulement le directeur au niveau musical mais aussi pour la discipline. Nous sommes très exigeants.  C'est la recette du succès. Et l'orchestre plait beaucoup, il plait beaucoup en Europe. Il y a une furie pour la Revé en Europe.

Leonel: Oui, tu as vu à Zurich, en France? A Montpellier, Paris, comment s'est formé le délire dès que le Charangon a commencé ?

Elito: Tu te rappelles du concert de Montpellier ? Et après c'était quelle ville ?
Leonel: Bordeaux !

Elito: Ca a été terrible. Il fallu remonter trois fois sur scène !

Leonel: Et a  Paris ca a été l'explosion !

Elito: A Paris ce fut l'explosion. Maintenant je vais vous reprendre d'anciens succès de la Revé mais "Fresquecito" reste le grand  tube.
EL NENE ET LA REVE

Leonel: En parlant de chanteurs qui sont partis rapidement, il faut parler du cas de El Néné, Alexei Moises Sanchez qui t'a composé "Ya No Te Doy Mas Na'"

Elito: El Nene est un grand chanteur, il a une disposition très particulière, un grand charisme mais… Tout mon respect à lui, il y a des choses avec El Nene, avec qui j'ai beaucoup parlé… Maintenant il est à Santa Clara. C'est un grand chanteur.

Leonel: J'aimais beaucoup comment il interprétait sa propre chanson.

Elito: (en chantant) "Ya no puedo darte lo que tu me …"  Tu vois cette chanson, en 2007, en France ou bien à Zurich, et tout d'un coup El Nene me sort "Fiesta, lo que quiero es Fiesta , muchachita hasta que amanezca , Polepopepopaye, …". C'est justement sorti lorsque nous sommes allés de France à un autre pays.

Leonel: El Nene était dans la Revé, il est parti pour Azucar Negra, pour Chispa (y Los Complices), il est revenu à La Revé, il est retourné dans Azucar Negra et il en est ressorti pour disparaître.

Elito Revé 
 

UYUYUYE - FIN DE LA CONTROVERSE AVEC MICHEL MAZA

Leonel: Raconte-nous la légende de 'Uyuyuye'. Comment a surgi cette chanson ? On parle toujours de la controverse de qui a inventé ce refrain, entre Michel Maza ou le Charangon ?

Elito: Dites donc,  mais vous à Fiestacubana vous êtes au courant de tout !

Leonel: La dernière version  qui m'a été rapportée c'est que finalement ce sont les deux qui ont créé cette chanson lors d'un concert à La Java à Paris, l'endroit était tellement petit et c'était l'époque à laquelle Michel était avec La Charanga Forever sur Paris. Il est venu au concert du Charangon à Paris à La Java, c'était plein a craquer, il faisait si chaud que Michel a lancé ce 'coro' et que vous en avez fait une chanson, c'est correct ? C'est la bonne version ?

Elito: Ecoute, ce fut ainsi. Michel Maza… Nous donnions un concert à La Java à Paris. Je ne me rappelle pas très bien l'année, ça devait être en 2002-2003 et donc, Michel est entré. Michel est un excellent chanteur charismatique et soudain il lance ce 'coro' "Uyuyuye, Que veo, tremenda…" et nous avons continué le morceau mais ca m'est resté dans la tête. Nous sommes rentrés par ici à La Havane puis nous sommes allés au Carnaval de Camaguey et j'ai lancé le fameux 'coro'. Je te parle d'un concert devant quinze à vingt mille personnes sur la place. A la fin du concert je lance encore "Uyuyuye" et tout le monde me répond "Que veo, Tremendo Jalajala, Tremendo Traqueteo". Je me dis " Mais ça c'est un succès ! "

Leonel: Ca a accroché !

Elito: Ensuite j'ai écrit les paroles, les orchestrations, j'ai tout fait.
Nous avons lancé ce morceau à la radio. Par exemple on a passé ce morceau dès le 1er Février et bien le 10 Février c'était déjà au top du hit parade à Cuba. En 10 jours c'est devenu un tube. Franchement, je ne sais pas ce qui s'est passé. Michel est un grand chanteur, un excellent chanteur, il a lancé le 'coro' mais celui qui a écrit les paroles, composé le morceau, c'est moi.
  
Leonel: Maintenant c'est clair  mais il en est resté une jalousie ou bien tout est resté bien entre vous ?

Elito: Nous nous sommes entendus, Michel a compris et il m'a compris.

Leonel: De toute manière il est capable de lancer des 'coros' puissants à tout moment, il est tellement créatif ce Michel, c'est un cador.
  
Elito: C'est un excellent chanteur. Il a lancé ce 'coro' et j'ai vu que ce 'coro' avait beaucoup de force et nous avons monté la chanson avec l'orchestre.


ELIO REVE ET LE REGGAETON

Leonel: Le Charangon a son identité bien propre, toutefois je crois que le mot ou la question qui prédomine le marché actuel de la musique à Cuba c'est la question de l'identité cubaine.  Je ne parle pas du Charangon, mais il semble qu'en ce moment beaucoup de musiciens se confrontent au Reggaeton qui marche très fort, et qu'ils se sentent forcés de se positionner par rapport au reggaeton. Tout ce qu'ils font se fait en réaction au reggaeton. Certains décident de faire de la musique avec du reggaeton, comme La Charanga Habanera ou même Bamboleo. Beaucoup de groupes assimilent le reggaeton et l'enrichissent. D'autres réagissent en refusant le reggaeton et vont rechercher les racines de la musique cubaine comme le son montuno, la rumba. Comment vois-tu le futur de la musique cubaine? En défense de la musique cubaine ?  Tu perçois le reggeaton comme un danger ? Comment vois-tu la situation de la musique à Cuba ?

Elito: Bon, écoute. D'abord le reggaeton est un genre musical qui plait beaucoup aux Etats-Unis, à Puerto Rico, en République Dominicaine. C'est un rythme qui est déjà reconnu mondialement. Je ne crois pas que le reggaeton soit un danger pour la musique cubaine parce que la musique cubaine a déjà de nombreuses années. Je te parle de Benny More, Chappottin, Arcaño y sus Maravillas, je te parle des classiques, Pacho Alonso, Elio Revé, Rafael Lay, les grands chanteurs de boléro de Cuba. Cette musique ne disparaitra jamais parce que ce qui est bon est fait pour durer.

Qu'est-ce qui se passe actuellement. Le reggaeton est un genre établi et qui plait mais nous autres, les musiciens cubains, ce que nous faisons, c'est de la musique pour le peuple cubain. Nous devons faire de la musique bien faite et bonne pour qu'elle soit au même niveau que celle de la Revé, de Los Van Van, d'Adalberto et de Simonet, à côté du reggaeton.  

C'est vrai qu'aujourd'hui le reggaeton est très populaire à Cuba mais quand je vais (jouer) à la Place (de la Révolution), à Santiago de Cuba, je rassemble les foules. Je jouais le 4 Avril à Santiago de Cuba  et il y avait plus de treize mille personnes. J'ai joué à La Tropical, concert où tu es venu, et c'était plein.

Du coup je pense que le reggaeton est un genre musical qui est comme ce que fut à l'époque le cha-cha-cha. C'est un genre musical établi mais il nous faut faire de la bonne musique et défendre nos valeurs culturelles et notre identité culturelle afin que le reggaeton soit mais surtout pour qu'on continue d'écouter de la musique cubaine.
Il y a des gens qui vont écouter du reggaeton et d'autres qui vont écouter d'autres musiques, y compris la musique populaire cubaine. Il y a un public pour tous les genres musicaux. Ce qui est important c'est que la nouvelle génération des musiciens cubains, que les jeunes de 15 à 20 ans écoutent beaucoup de musique. Les jeunes gens qui sortent des écoles de musique sont des musiciens, de très bons musiciens, ils ont un grand talent mais ils doivent écouter de la bonne musique pour assurer notre relève, parce que Elito, ce n'est pas qu'il soit vieux, mais il n'est pas jeune non plus !

 
 El Charangon à la Tropical


Leonel: Tu eres un temba que se mantiene ¡ (NDLR: référence à un coro de la Charanga Habanera : 'Tu es un homme dans la force de l'âge et qui se maintient bien')

Elito: Je suis mûr !  Je n'ai ni 20 ans, ni 30 ans, je suis un  "temba". Il faut assurer d'ores et déjà la relève pour dans 15 ans, la relève d'Elito Revé, de Formell, de Adalberto, de Simonet. C'est la dialectique de la vie. Si bien que notre fonction maintenant c'est de nous assurer que ces jeunes musiciens fassent de la très bonne musique populaire cubaine. C'est là que sont les racines et il y a de très bons jeunes musiciens avec beaucoup de talent… mais il faut faire de la bonne musique.

Il peut y avoir du reggeaton ou toute autre forme de musique, il y a un public pour chaque style.

Le reggaeton s'écoute beaucoup à Cuba. Tout mon respect aux grands reggaetoneros de Cuba, il y en a des bons comme Gente De Zona, Baby Llores mais la musique populaire cubaine est là aussi, et nous la faisons depuis des années. C'est la musique populaire cubaine faite par de grands musiciens comme Los Van Van, Adalberto,  Pupy, Simonet,  Le Charangon.  Nous faisons de la musique pour les danseurs, et ce qui est bon ne se perd pas, ce qui est bon perdure. Comme  Orquesta Aragón. Tu aimes Orquesta Aragón?
Ce qui est bon est fait pour durer !

Il faut aussi savoir ce qui plait au public. Aux concerts de La Orquesta Revé viennent danser des jeunes de 15-18 ans, rien de plus normal, mais il y a aussi des gens de 30 ou 40 ans qui dansent avec la Revé, même des gens de 50 ans. La musique populaire cubaine est éternelle parce que nous la portons dans notre sang. C'est notre manière de parler, notre manière de marcher, notre manière d'être.


ELITO REVE ET L'INSPIRATION

Leonel: Quelles sont tes sources d'inspiration, celle qui te coule dans les veines ? La vie quotidienne ou les chroniques sociales ? Ou as-tu d'autres sources d'inspiration comme la religion, la fête ou toute autre chose ? Par exemple ton papa a fait Papa Eleggua !
 
Elito: Nous faisons des morceaux en fonction du moment, avec des expressions cubaines, des surprises. Ce sont les moments forts de la vie cubaine qui nous inspirent. La manière de parler à Cuba, les dictons mais aussi la religion nous inspirent comme "Papa Eleggua", ou le morceau pour San Lazaro :

(Elito chantant) "Como se va al Rincón, caminando ¡" … Comment va-t-on au Rincón ?

Leonel: Oui, en marchant !

Elito: En marchant. C'est une expression de Cuba. C'est pour cela que ces morceaux marchent si bien.
 
Leonel: Des morceaux très liés à la vie quotidienne, à la Cubania !

Elito: A la Cubania

Leonel: Y-a-t-il d'autres musiques qui t'inspirent ? Il y a un arrangement dans une de tes chansons qui est inspiré de la Samba, de la musique brésilienne. Je crois que c'est dans " El Diñero ". Il y a un petit passage de Samba, n'est-ce pas?.

Elito: Oui un petit peu, mais pas plus.

Leonel: Tu écoutes d'autres musiques que la musique cubaine ? J'ai vu dans ta discothèque qu'il y a de la salsa, Ismael Rivera…

Elito: Ismael Rivera, Johnny Pacheco, Willie Colon, j'aime les classiques, Marc Anthony me plait, Oscar D'Leon. J'écoute tous types de musique.

Leonel: Et la musique africaine, le Jazz ?

Elito: la musique africaine, le jazz, la musique brésilienne, j'écoute de tout.

Leonel: Et le Funky nord-américain ?

Elito: J'aime Earth, Wind & Fire. Tierra Viento y Fuego! hahahaha

Leonel: Il y a d'autres musiques qui t'inspirent ?

Elito: J'aime la rumba, c'est la rumba qui me plait.

Leonel: C'est vrai qu'on sent beaucoup la rumba dans ta musique. Je ne sais pas si c'est la clave mais il y a toujours cette respiration de la rumba. Ca transpire la rumba.

Elito: Rappele-toi que la clave que nous utilisons est la clave de rumba !
(Elito chante et joue la clave de rumba avec ses mains) "Se lo llevaron todo, Y no quedo nadita! Se lo llevaron todo….."

C'est la clave de rumba. L'autre c'est la clave de son. La clave de rumba est un peu plus en avant.

Leonel: Je crois que c'est celle qu'on identifie le plus à la clave cubana, celle qui donne une cadence plus enivrante.

Elito Revé 

LES PROJETS DU CHARANGON

Leonel: Pour terminer et nous retirer, parlons de tes futurs projets. Tu nous as déjà dit que tu préparais deux morceaux avec 'El Galan'. Quoi d'autre ? Des projets de tournées ?

Elito: En Juillet nous partons en tournée. Ensuite je crois que nous allons revenir en Europe au mois d'Octobre. Je pense aller au Mexique.
Je vais offrir au Musée de la Musique les premières  timbales de mon père. Elles ont 52 ans  et on peut lire " Revé Changüí ". Je vais les remettre le 3 Juin ici à Cuba.
 
Leonel: Ca va être un événement culturel important.

Elito: Très important.

Leonel: Où est le Musée de la Musique ? Ici à La Havane?

Elito: Ici à La Havane. Il y a des objets et des œuvres de grands musiciens et moi je vais leur offrir les timbales de mon père qui disent " Revé Changüí ".

Leonel: Tu rends toujours hommage à ton père. Dans les disques… Combien de disques sont sortis en hommage à ton père ?

Elito: La Orquesta Revé a réalisé 40 disques. 

Leonel: Oui mais il me semble que c'est vital pour toi de toujours faire référence à ton papa. Pourtant tu t'es réalisé comme un grand directeur du Charangon ! Tu as gagné les Prix cette année, non ? Tu t'es fait un prénom !

Elito: Le temps passe. Ca fait déjà 11 ans que je suis le directeur de cet orchestre.
 
Leonel: Et tu prépares encore de nouvelles chansons!

Elito: Oui, nous préparons des nouveaux morceaux mais c'est une surprise ! Je ne peux pas en parler… Je sais qu'avec vous, tout va se… Bon, il va y avoir des surprises, c'est tout ce que je peux dire. Pour le début de 2009 et vous serez les premiers informés.
Bon je m'en vais ! Un grand Salut pour l'Europe et pour FiestaCubana.net de la part de Elito Revé y su Charangon
" Uyuyuye, Que veo ¿" "A Sancochar Boniato" "De Que Estamos Hablando? " "Weaaaaa ¡".

Interview réalisée et traduite de l'espagnol par Leonel.
Crédits photos/vidéos : Patrick Bonnard

Site web : http://www.orquestareve.net/

 
Liens connexes


L'article le plus lu à propos de Interviews:
Interview de Yanek Revilla Romero

Evaluer l'Article
Moyenne des scores: 5
Votes: 2


Evaluer cet article:

Excellent
Très bien
Bien
Normal
Mauvais

Options

 Format imprimable Format imprimable

Sujets associés

Artistes

Les commentaires sont la propriété de leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leurs contenus !

Les commentaires anonymes ne sont pas autorisés, veuillez vous enregistrer

Re: ELITO REVE, Plus « Fresquecito » que jamais ! - 2ème partie (Score: 1)
par djmsx le 06 nov 2008 à 15:26
(Profil Utilisateur | Envoyer un message)
Et voila j'irai me coucher un peu moins con, merci Leonel pour tout le boulot ;)



Re: ELITO REVE, Plus « Fresquecito » que jamais ! - 2ème partie (Score: 1)
par Stagiaire le 06 nov 2008 à 16:12
(Profil Utilisateur | Envoyer un message)
Chapeau bas ! Enorme boulot, surtout sur la retranscription des lignes de basses ;) Leonel t'es au top ! DannyRose et tes photos j'en parle meme pas, que c'est beau !



Re: ELITO REVE, Plus « Fresquecito » que jamais ! - 2ème partie (Score: 1)
par pbooj le 07 nov 2008 à 14:40
(Profil Utilisateur | Envoyer un message)
"Ecuajey" est l'expression fétiche du merveilleux sonero portoricain Ismael Rivera.

C'est aussi l'opinion de Calixto Oviedo ICI<< lors d'une interview pour timba.com

Voici une interprétation proposée sur un forum :
"Ecuajey es una palabra que usaba el sonero puertorriqueño Ismael Rivera que es unl saludo que se le hace a la Diosa Oyá, es la forma de saludarla al comenzar un toque o un canto.
Oyá diosa u Osrisha del panteón Africano, especialmente del correspondiente al área de Nigeria, es la diosa del cementerio, del viento, de la centella y de la guerra. En algunas ocasiones se le sincretiza con Santa Teresa y en otras con la señora de la Candelaria, vestida en rojo"




Re: ELITO REVE, Plus « Fresquecito » que jamais ! - 2ème partie (Score: 1)
par tumbao le 10 nov 2008 à 06:27
(Profil Utilisateur | Envoyer un message)
ENORME!!!!!!!!!
Merci Leonel pour ce boulot d'orfèvre!!!!



Re: ELITO REVE, Plus « Fresquecito » que jamais ! - 2ème partie (Score: 1)
par Kiriku le 11 nov 2008 à 05:54
(Profil Utilisateur | Envoyer un message)
Deuxième partie aussi intéressante que la première !
Merci de lever le voile sur pas mal de petites anecdotes, questions implicites ou autres...
Gros boulot bravo !


 
 
Copyright © 2008 by FiestaCubana.net

:: Site fonctionnant sous PHP-Nuke, copyright © 2005 by Francisco Burzi, logiciel gratuit sous licence GPL :: Design par Nukemods.com et Daz :: Annuaires ::
Page générée en: 0.12 Secondes