Lors de mes différents séjours à Santiago de Cuba, en 2010 et 2011, J'avais beaucoup apprécié les spectacles de danse du Conjunto Folklorico de Oriente (CFO) dans des registres aussi différents que la Tumba Francesa, l'afro-cubain ou le Vaudou Haïtien. L'une des danseuses que j'admirais alors s'appelait Dayeline Argota Alvarez. Une boule d'énergie, une flamme jaillissante, des gestes à la rapidité fulgurante, ...
Aussi, lorsque j'ai appris, à la fin de l'année 2012, que celle-ci venait s'installer en France à l'invitation de l'association Soy Cuba, j'ai immédiatement pensé à réaliser avec elle un grand entretien. D'abord pour lui souhaiter, à ma manière, la bienvenue dans notre pays. Ensuite, pour faire prendre conscience au public français de la chance que nous avons de compter parmi nous cette danseuse de talent, à la trajectoire déjà riche malgré sa jeunesse. Enfin, pour découvrir avec elle le répertoire du CFO qu'elle a interprété comme membre du corps de ballet et comme danseuse soliste.
C'est ainsi que j'ai rencontré Dayeline à Malakoff, où elle habite et enseigne aujourd'hui. C'est une charmante jeune femme d'assez petite taille, aux traits fins de mulâtresse à la peau claire. Dans la conversation, elle dégage, malgré la vivacité et la spontanéité de ses réparties, un charme et une douceur toute féminine. Etait-ce-ce bien la même personne que la danseuse explosive que j'avais vu sur scène une année plus tôt ? Eh bien oui, et elle m'a entraîné dans une passionnante visite guidée de la scène culturelle Santiaguera, vue depuis les coulisses...
Je vous livre ici la transcription de nos entretiens, illustrée de nombreuses vidéos de danse.



L'une des caractéristiques les plus attachantes de Cuba est le mystérieux génie de la conservation dont font preuve les habitants de l'île. Ici, tout au long de l'histoire du pays, beaucoup d'objets ou de traits culturels ont été apportés de l'extérieur : les religions, les danses folkloriques, les voitures, les vêtements... Or, il y a parfois bien longtemps qu'ils ont disparu de l'endroit même dont ils sont originaires. A Cuba, au contraire, ils restent bienvivants, participant au quotidien des habitants d'aujourd'hui. Et c'est leur coexistence, leur étrange et fascinant métissage, leur bric-a-brac bigarré qui crée cette atmosphère si particulière à notre île aimée, celle d'une sorte de grand conservatoire vivant - et vibrant - à ciel ouvert.
Âgé de 28 ans, issu d'une famille de forte tradition artistique, Jesus Larosa Perez a été pendant plusieurs années premier danseur soliste du Conjunto Folklorico de Oriente (CFO), l'un des trois compagnies de danse folklorique les plus prestigieuses de Santiago, avec les groupes Cotumba et Kokoye.












