Les Salsas du monde ou Les chemins de la diversité (Sommaire)

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Danse

ImageFortement identifiée, dans l'esprit du public, à ses origines caribéennes, la Salsa (on devrait plutôt la famille constamment recomposée des Salsas) reflète en fait la diversité culturelle des villes qui l'accueillent et des groupes sociaux qui la dansent autour du monde. En tant que pratique sociale, elle est influencée par toutes sortes de conditions locales, liées au climat, à l'urbanisme, aux coutumes et aux modes de vie. En tant que danse, elle intègre nécessairement le rapport au corps des habitants du lieu, leur manière de se mouvoir, l'héritage de leurs traditions folkloriques. Ce genre ouvert, en évolution perpétuelle, incorporant au fil des rencontres et des modes des influences très diverses, semble même posséder une aptitude particulièrement forte à se transformer, tel un caméléon, pour s'adapter aux coutumes et aux attentes de chacun des milieux où il est pratiqué (photo ci-contre : Rueda de Casino au restaurant 1830 de La Havane).

ImageOr, cette caractéristique fondamentale de la Salsa, cette plasticité qui explique largement son succès mondial dans le contexte actuel de globalisation culturelle, est souvent occultée dans le discours dominant au profit d'une référence mythifiée à ses origines caribéennes, négligeant ainsi l'essentiel : la compréhension du mouvement qui a permis à une danse de conquérir les pistes de la plupart des grandes villes de la planète, dans un double mouvement de discrète (mais décisive) adaptation de facto aux conditions locales et de référence hautement revendiquée (et en partie inexacte) à ses origines supposées (photo ci-contre : soirée de Salsa au Wagg à Paris). 

ImageJ'ai voulu dans ce livre rendre compte de ce phénomène, en insistant surtout sur la grande diversité des manifestations de la Salsa, non seulement comme style de danse mais aussi, plus largement, comme phénomène social. A chaque grande ville sa Salsa, pourrait-on dire. Car chaque métropole de la planète (la Salsa étant, ne l'oublions pas un phénomène fondamentalement urbain) possède des caractéristiques spécifiques : plus ou moins grande présence de la culture caribéenne, caractère plus ou moins multiculturel de la ville, climat plus ou moins favorable au développement d'une industrie privée de services de loisirs... (photo ci-contre : soirée de Salsa à Spanish Harlem).

ImageCet ouvrage, issu de 10 années d'expérience  - voyages, lectures, rencontre avec des artistes, réalisation de documentaires, dans le cadre notamment de mes activités sur le site Fiestacubana.net -  raconte l'histoire de la Salsa et en décrit la physionomie actuelle dans une trentaine de villes de la planète, de La Havane à Tokyo et New-York à Paris. Il vous invite ainsi à un voyage intéressant et instructif  autour du monde de la Salsa (photo ci-contre : danseurs de Salsa à Cali).

La société cubaine à l’épreuve du tourisme : quelques raisons d’espérer

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Culture populaire cubaine


ImageAvec la levée de l'embargo américain, le tourisme va vraisemblablement se développer à Cuba. De fait, l'année 2015 est déjà bien partie pour dépasser largement les 3 millions de visiteurs enregistrés en 2014. Beaucoup craignent que ce mouvement se fasse au dépend d'une certaine forme d'authenticité, sans d'ailleurs vraiment définir ce qu'ils entendent par ce terme : pratique intensive des traditions culturelles locales ? Spontanéité sans arrière- pensée dans la relation avec le visiteur étranger ?

Posons donc ainsi la question : faut-il craindre qu'un développement invasif du tourisme ne conduise à Cuba à transformer les lieux les plus visités en théâtres d'illusions exotiques, à polluer les relations humaines par l'argent, et à déstabiliser les sociétés locales, comme cela s'est trop souvent produit ailleurs sur la planète ?
 
Je voudrais proposer ici une réponse optimiste : sans nier que le risque existe, je crois qu'il pourrait être assez facilement surmonté, et ce pour quatre raisons principales :

- Parce que la culture populaire cubaine est une culture vivace, profondément enracinée dans l'âme des habitants, et que ce ne sont pas quelque cars de touristes supplémentaires qui changeront cet état des choses.

Les orchestres de musique cubaine et de Salsa aujourd’hui en France

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Approfondir

ImageDepuis une quinzaine d'année, la musique des caraïbes hispaniques - tout particulièrement celle originaire de Cuba - s'est enracinée en France. On compte ainsi aujourd'hui dans notre pays une quarantaine d'orchestres de niveau professionnel pratiquant la Rumba, le Son, la Timba, la Salsa, ou d'autres formes musicales originaires de cette région (photo ci-contre : l'orchestre Conga Libre).

L'arrivée de nombreux jeunes musiciens cubains en France depuis la fin du siècle dernier, l'apparition d'une nouvelle génération d'artistes autochtones passionnés par les rythmes caribéens, le développement d'un public de plus en plus vaste de mélomanes et de danseurs, expliquent cette évolution spectaculaire.

ImageL'article ci-joint a pour ambition de vous entraîner à la découverte de ces orchestres de musique cubaine et, accessoirement, de Salsa aujourd'hui actifs en France, en distinguant trois grandes mouvances - entre lesquelles existent d'ailleurs des interactions multiples liées à la mixité des répertoires et à la circulation des interprètes :

Rey Cabrera : L’histoire du Son au bout des doigts

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Interviews

En guise d'introduction...

Installé à Bruxelles depuis 2003, le tresero et chanteur Rey Cabrera est aujourd’hui l’un des représentants les plus éminents de la tradition musicale populaire de Santiago de Cuba. C’est un plaisir immense de l’écouter jouer le Son avec son Septet Rey Cabrera y Sus Amigos. Ces excellents artistes interprètent, avec talent et sans chichis, un répertoire composé de thèmes à la facture simple et forte, souvent composés par Rey lui-même. Une musique merveilleusement propice à la danse, mais que l’on peut aussi goûter en mélomane, tranquillement assis devant un mojito.

Mais Rey Cabrera est aussi une mémoire vivante de l’histoire du Son Santiaguero aux cours de la seconde moitié du XXème siècle. Né comme cette musique dans les collines des alentours de la ville, il a commencé très jeune tôt sa carrière comme musicien de rue en duo avec... Eliades Ochoa, avant de donner vie, pendant plusieurs décennies de travail artistique à Cuba, à la musique populaire sous toutes ses formes : émissions de radio et de télévision, concerts et descargas en compagnie des nombreux groupes auxquels il a participé dans les différents lieux de spectacles de Santiago - au premier rang desquels la fameuse Casa de la Trova…

Il a bien voulu égrener pour nous ces riches souvenirs, bourré d’anecdotes souvent drôles, toujours pleines d’enseignements sur la vie quotidienne des artistes cubains et sur l’histoire de la musique populaire. Cela pourrait fournir la trame d’un véritable roman, dont les péripéties rappellent celle des fameux musiciens du Buena Vista Social Club - un groupe dont il aurait pu de toute évidence faire partie.

Je vous propose de découvrir ce témoignage, enrichi par des captations réalisées lors du concert donné par Rey aux Hangar d’Ivry le 14 juin dernier, dans l'article suivant. Vous y découvrez également une présentation de son dernier CD, Controversia, révélé au public lors d’un concert à Bruges le 5 octobre dernier, et qui s’inscrit comme le reste de l’œuvre de Rey dans la tradition du meilleur Son cubain.

Latinossegor 2013 : des chanteurs cubains à (re-)découvrir

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Evènements

 

Latinossegor 2013 : des chanteurs cubains à (re-)découvrir

C’est d’abord la présence du Septeto Santiaguero, orchestre de Son cubain des plus prestigieux, qui a éveillé mon intérêt pour la 14ème édition du festival Latinossegor, qui se tiendra à Hossegor du 30 août au 1er septembre prochain.

Mais en étudiant plus précisément le programme de cette manifestation, j'ai constaté que Latinossegor 2013 offrira bien davantage aux amoureux de la musique cubaine : la possibilité de découvrir de très nombreux artistes de talent encore mal connus du public français malgré leur parcours souvent exceptionnel, comme Alexander Acosta, Moreno Chembele, Denis, René Alvarez Portuondo et sa Cuban Combination

Le tout en dansant en face de l’océan dans l’écrin des dernières belles nuits de l’été…

Je vous propose ici, en guise de mise en bouche, un petit avant-goût de ces trois journées qui s'annoncent décapantes...