SONEROS ALL STARS, un collectif qui sonne fort...

Écrit par Ahinama le . Publié dans Critiques de CDs

Voilà une sortie qui va faire plaisir aux amoureux du Changüi, du Son et de la Timba.... Soneros All Stars est en fait un collectif de musiciens de Los Van Van, Issac Delgado, Elio Revé, Jr. qu'un musicien suédois passionné Janne Bogdan a réuni pour rendre hommage à l'un des plus grands représentants du Changüi : Elio Revé. D'où l'un des titres "A ti Papa" où il exprime ses remerciements pour tout ce qu'a fait Elio pour la musique de l'Oriente.


Le titre de l'album nous demande comment ça va : "Dime nagüe" (expression de Guantanamo), et franchement après l'écoute de cet album, on ne peut que répondre « très bien , merci ! »

Afrique, Asie, Méditerranée, pays slaves : Mutations locales d’une Salsa globalisée

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Danse

ImageLorsque l'on explore l'univers de la Salsa sur le Web, la plupart des liens conduisent vers deux  continents : principalement les Amériques, et en second lieu, l'Europe. Est-ce à dire que les musiques latines - y compris dans leur version contemporaine, la Salsa - se limiteraient à une relation transatlantique entre ces deux continents, avec en arrière-fond historique un mouvement séculaire d'Ida y Vuelta musical ? C'est bien sur oublier le phénomène de globalisation culturelle, qui, au cours de ces cinquante dernières années, a progressivement étendu le rayonnement des danses latines à l'ensemble de la planète (photo ci-contre : cours de Salsa dans la ville chinoise de Chouqing).

Cette mondialisation de la Salsa s'est cependant déroulée à travers des chronologies et des modalités différentes selon des régions. A la forte antériorité africaine s'oppose par exemple la pénétration beaucoup plus récente de la Salsa en Asie, tandis que l'intérêt largement répandu dans les pays slaves pour les danses latines contraste avec le caractère un peu « hors sol » de leur présence au Maghreb, limitée à une bourgeoisie occidentalisée. Je vous propose d'explorer dans ce chapitre la diversité des histoires et des pratiques salseras dans ces quatre régions du monde.
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En Afrique sub-saharienne, l'influence des rythmes caribéens s'est fait sentir très tôt au cours du XXème siècle, à travers un processus d'Ida y Vueltamusical comparable, mutatis mutandis, à celui, beaucoup plus ancien qui a relié l'Espagne au continent sud-américain depuis les débuts de la colonisation du Nouveau monde. Au Congo, au Cameroun, en Afrique de l'ouest, sont en effet apparus dès le milieu du XXème siècle des genres musicaux locaux en partie inspirés des rythmes cubains, comme la Rumba congolaise, le Massoka camerounais, et surtout, à partir des années 1980, la Salsa Mbalax sénégalaise (photo ci-contre : le chanteur congolais Papa Wemba). Juste retour des choses, puisque les musiques cubaines sont, comme on le sait, largement issues d'un processus de métissage entre  les folklores hispaniques et africains...

Orchestre Kabiocile : Salut à votre Majesté !

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Interviews

 Orchestre Kabiocile : Salut à votre Majesté !

Le groupe parisien Kabiocile, créé et dirigé par le trompettiste cubain Alexander Batte, vient de sortir son premier CD, El Niche la Lleva. Il nous y propose une musique assez nettement ancrée dans le style Timba, mais plus romantique, moins âpre et plus métissée que celle à laquelle nous ont habitué les groupes actuels les plus emblématiques de la Havane, comme Habana d'Primera ou Los Van Van.

Rares sont en effet les morceaux de l'album où ne se glisse pas une référence appuyée à d'autres styles aux sonorités très variées : Jazz funk, Afro-cubain, Reggae, Feeling, Son, Salsa romantique, Chachacha... Kabiocile nous invite ainsi à un vaste parcours musical à travers les styles musicaux des caraïbes et du nouveau monde, qui prend le risque de désorienter un public conservateur habitué aux délimitations figées, mais qui m'a séduit par ses sonorités originales et toniques.

E-anthologie de la Salsa et de la chanson populaire cubaine : une introduction commentée

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Approfondir

ImagePOURQUOI CETTE ANTHOLOGIE ?

Les danseurs français de Salsa sont en grande partie non hispanophones. Ils ne comprennent donc pas les paroles des chansons sur lesquelles ils font évoluer leur corps. Il m'a semblé nécessaire de remédier à cet état des choses, pour au moins trois raisons :

- Parce que la compréhension des paroles peut fournir au danseur, en complément de la musique elle-même, des indications précieuses pour orienter son interprétation instantanée.

- Parce que comprendre les paroles de Salsa, c'est aussi s'imprégner de l'atmosphère humaine et culturelle dans laquelle s'est développé ce style musical. Ceci peut aider à produire une danse respectant mieux l'authenticité de cet univers.

- Enfin pour satisfaire une curiosité intellectuelle : comment peut-on prétendre s'intéresser à une culture, quelle qu'elle soit, sans chercher à comprendre ce qu'elle nous dit ni comment elle le dit ?

C'est pourquoi j'ai eu l'idée de réaliser cette petite anthologie de la musique populaire cubaine et de la Salsa, qui a pour ambition de proposer au néophyte quelques clés d'entrée dans ce corpus culturel, sous la forme de 150 chansons traduites et commentées parmi les plus représentatives.