Echale Salsita

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Paroles commentées

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Ce Son, écrit en 1928 par Ignacio Piñeiro, est surtout célèbre auprès de Salseros contemporains pour être l'une des premières chansons où figure le mot "salsa" ou plus exactement "salsita". Cependant, ce terme n'est utilisé ici que dans son sens premier de nature culinaire. C'est une "petite sauce" dont un marchand ambulant, qui apparemment est également vendeur de saucisses[1], vante les mérites dans un "pregón", c'est-à-dire un petit refrain destiné à attirer l'attention sur ses produits.

Cette référence à la vie et aux personnages de la rue, ainsi qu'aux chansonnettes que l'on peut y entendre, est très fréquente dans les chansons de Son de cette époque. Par exemple, El Manisero de Moises Simons (1927) a pour personnage principal un vendeur ambulant de cacahuètes, qui lui aussi, entonne son pregón. Dans El Carretero (1930), Guillermo Portabales met en scène un joyeux charretier qui chante en travaillant. Enfin, dans La Mujer de Antonio du Trio Matomoros (1929), ce sont plutôt les talents d'imitatrice d'une voisine un peu médisante qui sont évoqués.

L'omniprésence de ce thème du peuple qui chante peut être considéré, comme un hommage spontané rendu par les artistes cubains à la vitalité des traditions musicales populaires et notamment des musiques de rue dont provient, encore aujourd'hui, une bonne partie de leur inspiration.

Je vous propose d'écouter Echale Salsita, tout en lisant ma traduction, en choisissant entre deux versions : celle du Septeto Nacional Ignacio Piñeiro, qui présente l'intrérêt de proposer une sonorité sans doute assez proche de la version originale, mais dont le texte est malheureusement écourté ; et celle, plus récente, de l'orchestre Sierra Maestra, qui se termine par une très longue partie improvisée et instrumentale.

Fabrice Hatem

[1] A moins qu'il ne s'agisse de l'un de ses collègues.