Les danses cubaines

Écrit par Ahinama le . Publié dans Danse

Un tour d'horizon des danses cubaines avec vidéos illustratives.

  CASINO
On appelle "Casino" la danse en couple inventée au Club Casino Deportivo de La Havane. Elle prend ses racines dans le son cubain et le couple se déplace essentiellement en décrivant des cercles successifs. C'est avant tout une danse de la rue, populaire et sociale. En se développant, elle a intégré les pas afro-cubains et les passes se sont complexifiées.
     
     
 
RUEDA DE CASINO
Elle est composée de figures qui une fois connues permettent alors de former la "Rueda de Casino". Le principe, tous les couples formes une ronde, un des danseurs annonce les passes à exécuter, cet exercice demande synchronisation et précision dans les déplacements. La nécessité de mettre en œuvre des chorégraphies et de divertir les spectateurs a provoqué l'apparition de nouvelles conceptions spatiales. Il a été ainsi rendu indispensable de nommer chacune des figures, combinaisons de passes, gestes et directions, pour pouvoir les exécuter à l'unisson et, surtout, de comprendre l'appel du guide.
     
     
 
SON
Le son avec ses différentes variantes locales, nengon, kiriba, changüi, sucu-sucu, constitue l'épine dorsale de la musique cubaine et de la salsa. Le Changüi dont le rythme est plus abrupt, est constitué de textes humoristiques. Les danseurs évoluent comme pour le son, mais avec un placement différent des accents. Le Sucu-Sucu est une variante du son naît dans l'Ile des Pins (Cuba) à la fin du XIXème siècle. Le terme s'applique à la fois au genre musical, à la danse, et à la fête où on les pratique. Par de nombreux aspects, le sucu-sucu s'apparente au son montuno : un soliste improvise, en réponse à un choeur qui répète un passage fixé, accompagné par les instruments. La danse se pratique en couples, l'un des bras de l'homme se glisse derrière le dos de sa partenaire ; son autre bras, étendu, s'enlace avec l'un des bras de sa cavalière... ...Comme dans le son, les épaules et les hanches ne bougent pas. (Maria Teresa Linares : El Sucu-sucu de Isla de Pinos, 1967).
     
     
   
RUMBA BRAVA
Synonyme de réjouissance, elle est fête profane et danse. La Havane et Matanzas en sont les deux pôles. La Rumba se décline en 3 styles de danse :
     
 
Yambu
Cette danse afro-cubaine est un des trois styles qui compose la Rumba. Elle est d'origine urbaine et est un des styles les plus anciens. On retrouve sa présence depuis la moitié du 19ème siècle. Danse lente, de mouvements cérémonieux, met en scène la coquetterie de la femme face à l'homme. Les mouvements sont calmes et lascifs, mais, afin de prouver sa vigueur, l'homme peut saisir entre les dents un mouchoir posé par terre. La femme est mise en valeur, l'homme ne tient qu'un rôle secondaire. Elle se distingue du Guaguanco car on n'y pratique pas le "vacunao", tentative de l'homme de toucher le sexe de la femme. Les partenaires simulent parfois les douleurs qu'ont les vieillards en dansant.
     
 
Columbia
Très rapide, les danseurs se défient (desafio), font étalage de leurs qualités (alarde) et de leur virilité en improvisant un dialogue avec le quinto. Les mouvements sont exagérés et désarticulés, imitant boiteux, épileptique, boxeur, cerf volant, joueur de base-ball, coupeur de canne… Dérivée des danses Congos et exécutée en couple à l'origine, la Columbia sous l'influence du mani fut réservée aux hommes. Elle comprend plusieurs pas dont la meta (nom également d'un rythme de Santeria consacré à Chango), le refrazo, le palatino, le habanero et la columbia proprement dite. Les columbianos s'accrochent de couteaux aux pieds (comme des éperons des coqs) ou les tiennent à deux mains. Les plus illustres columbianos : Papa Montero, Malanga (José Rosario Oveido), d'ascendance Congo, Andrea Baro, issue d'une famille arara et permièere femme à oser danser la Columbia….
     
 
Guaguanco
L'érotique Guaguanco apparaît à la Havane au milieu du XIXe siècle. Plus enlevé que le Yambù, les partenaires simulent la parade nuptiale, et culmine par un mouvement des hanches très explicite appelé " vacunao ", symbole d'accouplement. La danse représente la poursuite amoureuse de l'homme vers la femme, celui-ci désire la "vacciner", il tente de la toucher généralement avec son pied (vacunarla : métaphore sexuelle), celle-ci essaie d'éviter l'attaque, d'une manière picaresque et grotesque. Si la femme se rend et accepte ses avances, il lui prend parfois la tête entre les mains et lui embrasse le front pour lui signifier qu'elle lui appartient. A travers cette persécution et fuite, le couple démontre sa virtuosité de danseur. Aujourd'hui, on pratique beaucoup le "vacunao" en le suggérant parfois avec d'autres parties du corps et un foulard.
     
     
 
YORUBA / LUCUMI
Issue des danses des Orishas, dieux de la Santeria, au son des bata, tambours sacrés et parlants yoruba joués seulement par des initiés, ou des shekere (grosses gourdes entourées de filets munis de verroterie. Chaque Dieu possède ses propres rythmes, ses danses et ses chants, ses traits de caractère, ses attributs, ses couleurs et le zélateur visité par l'un d'eux en adopte parfois le comportement durant la transe. Il existe deux catégories de danses. Les indépendantes, où les danseurs groupés face aux tambours dansent de façon introvertie et sans relation entre eux. Les danses collectives (Aro de Yemaya) formant un cercle où l'on se déplace en sens contraire des aiguilles d'une montre. Dans un wemilere, c'est Eleggua qui ouvre et ferme la danse des dieux…Et lors des Bembé semi-profanes, on danse avec les dieux sans les implorer sous le rythme des congas.
     
     
 
CONGA/COMPARSA
Danse populaire qui trouve son origine dans les festivités des esclaves noirs qui faisaient de la musique pendant les carnavals avec tambours, clochettes, poêles et trompettes. Elle est décrite par Alejo Carpentier comme un " ballet ambulant " des défilés du carnaval.