FIESTA CUBANA AWARDS 2008 !

Écrit par Leonel le . Publié dans Critiques de CDs

Au final d’une année exceptionnelle pour la Musica Cubana, Cesar “Pupy” Pedroso a largement dominé les FIESTA CUBANA AWARDS 2008 avec le Prix du Meilleur Album,le Prix de La Meilleure Chanson et Le Prix du Meilleur Chanteur, attribué à Armando « Mandy » Cantero, son chanteur vedette. Tanja Pantoja deBamboleo reçoit le Prix de la Meilleure Chanteuse pour la deuxième fois et l’incroyable Alexander Abreu reçoit le Prix de la Révélation de l’Année pour Habana D’Primera, une comète de la Timba. Elito Revé continue son histoire d’amour avec la France et Fiesta Cubana qui lui remet le Prix du Meilleur Concert, un prix très largement mérité ! Revenons en arrière pour comprendre !...

 

Tout vient a point a qui sait attendre et mieux vaut tard que jamais…
LES FIESTA CUBANA AWARDS 2008 ont été décernés et remis à leurs heureux bénéficiaires lors de l’année 2009.

Il s'agit des Prix suivants :
MEILLEUR ALBUM DE L'ANNEE 2008
MEILLEURE CHANSON DE L'ANNEE 2008
CONCERT DE L'ANNEE 2008
MEILLEUR CHANTEUR DE L'ANNEE 2008
MEILLEURE CHANTEUSE DE L'ANNEE 2008
REVELATION DE L'ANNEE 2008

Revenons un moment en arrière et rappelons les concurrents et les résultats. Profitons-en pour rappeler à quel point rares sont les élus ayant pu être nominés et cela est dû pour ces quelques privilégiés à des années de labeur, à un talent énorme et à des critères rigoureux et objectifs de bon goût cubain, inscrits dans une tradition insondable. Rendons donc hommage aux participants ainsi qu’aux vainqueurs en mettant leur œuvre en lumière et en perspective.

MEILLEUR ALBUM DE L'ANNEE 2008

ASI SOY - ISSAC DELGADO 3%
TRANQUILO QUE YO CONTROLO - PUPY Y LOS QUE SON SON 66%
LA TIMBA SOY YO - SONEROS ALL STARS 13%
ANDA PEGATE - MAIKEL BLANCO Y SU SALSA MAYOR 13%
GOZANDO EN LA HABANA - ADALBERTO ALVAREZ Y SU SON 2%
LO QUE QUIERO ES FIESTA – MARACA 3%

Nombre total de votes: 135

2008 a été une année exceptionnelle en terme de production musicale cubaine, tant sur le plan de la quantité que de la qualité.

"Tranquilo que yo controlo" de Pupy, "Solo Tu y Yo" de Klimax, "Anda Pegate" de Maikel Blanco y su Salsa Mayor, "Gozando en La Habana" d’ Adalberto Alvarez, "Fin del Juego" de Tirso Duarte, "La Timba Soy Yo" de Soneros All Stars, "Como Gato De Angora" de Michel Maza, “Havananza” de La Barriada, “50 Años” de Pedrito Calvo y La Nueva Justicia, “No Lo Puedo Evitar” de Anacaona, “Control” de Manolito y su Trabuco, “Asi Soy” d’Issac Delgado, “Lo Que Quiere Es Fiesta” de Maraca, “Di que piensas” de Tanja Pantoja, “Comuncacion” de Fito Reinoso, “Adiviname” de Chispa y Los Complices, “Es Tiempo” de Will Campa y La Gran Union, “Tal Como Soy” de Haila, “Cubano Cubano” de Yumuri, "Exceso de Equipaje" d’ Azucar Negra, “Sonido de Siempre” de l’Orquesta Aragon, “Mi Deseo” de Son Del Nene, “Ay como me sube” de El Zorro avec Angel Bonne et Mayito Rivera, “Disco Duro” de Br@ily', “Lo que tu querías” de Gardi, “En mi la fe” de Dantes, “24 Kilates” de Los Angeles De La Habana, “Bajo La Piel” de Leonid Torres, “Timba de primera toma” de El Pikete, etc.…

Et ceci pour ne citer que les disques “Bailables”, à savoir destinés à la Salsa, à la danse Casino pour la plupart…
Il est toujours difficile et injuste de faire une présélection de nominés…
Pourquoi choisir tel artiste et écarter tel autre ?
Pourquoi ne pas avoir présélectionné « Control » de Manolito y su Trabuco ou « Solo tu y yo » de Klimax ?
Mais comment ne pas sélectionner les dernières œuvres d’Adalberto Alvarez, « el Caballero Del Son », Maraca, le plus français et populaire des musiciens cubains, Maikel Blanco après sa tournée triomphale dans nos régions, « El Chevere Del Salsa » Issac Delgado, probablement l’un des plus grands salseros de Cuba ?
Il était aussi impensable de ne pas mettre au premier plan le travail exceptionnel de Cesar Pupy Pedroso et son directeur musical Roelvis « Bombon » Reyes pour les chefs-d’œuvre « Tranquilo que yo controlo » avec Los Que Son Son et « La timba Soy Yo » avec Soneros All Stars et Jane Bodgan.

Rappelons les œuvres sélectionnées.

ISSAC DELGADO – ASI SOY

Issac Delgado continue sa carrière en Floride, après le disque « En Primera Plana », profond, senti et excellent, et il revient avec un CD « Asi Soy » , une nouvelle affirmation de cet artiste exceptionnel, capable d’interpréter tous les registres cubains et même au-delà, s’associant avec les meilleurs et les plus influents musiciens Portoricains comme Sergio George, Jose Lugo ou Jorge Luis Piloto, et Cubains comme Amaury Gutierrez et Eddy K fraîchement débarqué de Cuba.
Issac chante toujours avec cette voix de velours, ce calme au centre d’un cyclone musical. Il interprète la Salsa Romantica dans « No Vale La Pena » , Le Salsaton avec “La Fiesta”, la poésie ‘Cancionera’ d’Amaury Gutierrez dans “Perdoname Todo” et “Ajena”, sa Timba empruntée de Rumba poétique, un manifeste personnel ouvrant sa Cubanité sur le monde. Sa Timba, on la retrouve aussi dans une chanson désormais popularisée par Pupy y Los que Son Son, « La Bala de Billy » rebaptisée par son compositeur « Ni Con Bala Ni con Cañon ». Il se fait salsero charmeur avec son « Tu Tienes Magia » et son « Por Primera Vez » qui font immédiatement danser. Issac explore toujours des tumbaos intéressants, développe une mécanique qui lui est propre et bien reconnaissable sur « Se Fue, Adios » et « Tumbaito » ou la Salsa se fait plus incisive et virtuose…

PUPY Y LOS QUE SON SON – TRANQUILO QUE YO CONTROLO


Pupy y Los Que Son Son avaient préparé en grand secret un album historique, « Tranquilo Que Yo Controlo », qui explore les racines de la musique cubaine, le Son, le Son Montuno d’Arsenio Rodriguez avec « Vecina presteme el cubo » et le Danzon Beethovénien « Cuando Los Años Pasan – Casablanca » tout en proposant avec ses musiciens de nouvelles chansons explosives.
Angel Bonne, l’ami de toujours de Pupy, signe une chanson magnifique, « Si Me Quieres Conocer » qui aurait certainement du être nominée pour la profondeur et la justesse de ses paroles et pour l’exceptionnelle interprétation qu’en a faite le grand Armando « Mandy » Cantero.
Jose « Pepito » Gomez y annonce aussi de manière indirecte et espiègle son prochain départ pour les USA avec « Desde Cero »: « Estoy cansado, quiero comenzar mi vida de nuevo ! ». Mais c’est probablement avec « Un Poquito Al Reves » et « Se Parece Aquel » (une réponse de Pupy a Maikel Blanco) que Pepito enflamme les pistes de danse.
Cet album contient aussi des succès largement installés dans le cœur comme la magnifique ode aux danseuses italiennes « A La Italiana » composée par Leonardo Teruel, le trompettiste, et interprétée par Mandy, et comme la nouvelle version de « Bailando Haste Fuera – La Machucadera » ou de « Calla Calla ».
Le duo Leonardo Teruel et Mandy Cantero signent aussi « Ve Bajando » et « Nadie Puede Contra Eso ».

Cet album est historique à bien des égards : il marque une étape importante dans le développement du Son puissant et percussif de Pupy sous la houlette du directeur musical Roelvis. Ce disque est à la fois dansant et profond, musical et festif. Il restera aussi comme un disque charnière puisque Pepito et Mandy ainsi que Lily la chanteuse, Juan Carlos « Chocolate » et Leonardo Teruel, les trompettistes ont quitté Los que Son Son pour suivre leur destin en solo.

SONEROS ALL STARS - LA TIMBA SOY YO


Pupy et Roelvis sont aussi les architectes de la dernière œuvre de Janne « Yanesito » Bogdan et Soneros All Stars, « La Timba Soy Yo » ou Mandy et Pepito tiennent encore la vedette aux côtés du si particulier Pascual Ramos « El Sinsonte » de la Orquesta Revé et de Cristina Azcuy, une compagne Sonera de Pupy depuis son premier projet Los Que Son Son « Timba : the new generation of cuban music ».
Cristina avait aussi collaboré avec Papi Oviedo, le très grand Tresero de la Orquesta Revé.

« Yanesito » est un tresero suédois qui avait déjà collaboré avec des membres de Los Van Van comme Samuel Formell, Boris Luna et des membres du Charangon comme Jorge Luis Villa et El Sinsonte sur le premier CD de Soneros All Stars où il fusionnait le Changűi, le Son et la Salsa avec un grand succès. Il revient en 2008 avec toute l’équipe de Pupy y Los Que Son Son.

Mandy ouvre cet œuvre en hommage au Son, au Son Traditionnel, au Son Montuno, au Son Afro et aux Conjuntos Negros, où le Tres prend une place prépondérante, le piano se fait droit et obsédant, où les cuivres accentuent cette musique percussive et syncopée, où les paroles puisent leur inspiration dans la grande tradition Sonera, dans la culture profonde de Cuba, entre poésie guajira, hommage à la musique de la terre de Cuba et religion afro-cubaine.
Mandy se révèle ici à la fois grand Sonero sur « El Maraquero » avec une voix puissante et lyrique accompagnée de l’irremplaçable trompettiste Alexander Abreu et il se fait aussi grand Rumbero sur « Babalocha y Yalocha ». « Besos De Miel » de Maria Cristina Azcuy est peut-être la chanson la plus appréciée de celles chantées par Mandy pour la montée progressive de son intense interprétation sentimentale et son pouvoir dansant croissant.

Maria Cristina rend son vibrant hommage à la tradition classique et aux figures éternelles du Son Cubano avec « Gloria Eterna » et elle chante un bolero bien senti sur « Sali a buscar un corazon ».
Maria Cristina Azcuy signe aussi pour Soneros All Stars « Conciencia » qu’elle interprète aux côtés du grand José « Pepito » Gomez. Un morceau profond, grave et intense où les 2 voix de géants s’unissent tour à tour entre unisson et dialogue qui finit par installer un tumbao irrésistible pour le danseur et une plateforme pour le talent de Pepito. Sur « De esa manera » la musique et le style de Pupy prennent toute leur ampleur.

Le Changűi, si cher à Janne Bogdan est magnifié par la voix de ‘petite vieille’ (Voz de Vieja) de La Orquesta Revé, par Pascual Ramos « El Sinsonte », qui est a nouveau invité sur cette nouvelle œuvre de Soneros All Stars pour chanter « Tumba, Bongo con Pailas » , un manifeste changuisero où la rumba de Guantanamo est ‘caliente’. El Sinsonte explose de virtuosité et d’inspiration au final avec « El Congo Francisco » sur un tempo rapide, un Tres accéléré, dévalant la Loma del Chivo à un rythme fou et haletant.

MAIKEL BLANCO Y SU SALSA MAYOR - ANDA PEGATE


Maikel Blanco y su Salsa Mayor reviennent finalement sous leur nouveau label « Planet Record » avec le CD « Anda y Pegate » après un divorce houleux d’avec le label « Envidia ».
Juste après un tournée triomphale en Europe et notamment en France, Maikel surprend tout son monde en se débarrassant de Norisley « El Noro », Norberto Gomez et de Ricardito qui avaient mis le feu sur toutes les scènes. Il les remplace par Pavel Delgado, Yassel Ramos et Jose A. Rodriguez « Pepitin ». Maikel Blanco est aussi sous le feu de la critique à Cuba et à l’étranger : il est accusé de plagiat pour ses emprunts aux tumbaos et aux sonorités de Pupy, de Los Van Van et de Manolito y su Trabuco. Cesar ‘Pupy’ Pedroso lui répond satiriquement par la chanson « Se Parece Aquel » et Leonel Limonta compose « La Identidad » afin de monter à quel point Maikel Blanco en manque. Paradoxalement Manolito ne prend pas la mouche et collabore au nouveau projet de Maikel.

Le tube des pistes de danse « Anda y Pegate » avait déjà été enregistré par Ricardito et fut couronné de succès. Maikel le réenregistre avec une cadence un peu plus lente pour le CD. Il répond à toutes les critiques par « Debajo De La Balacera » qui ironiquement commence comme « Te Pone La Cabeza Mala » de Los Van Van mais qui restera malgré tout un grand succès. Il semblerait que le rôle de challenger va très bien à ce franc-tireur de Maikel.
Sa version du standard de Son Montuno « Yo Como Candela », composé par le grand Felix Chappotin (et abusivement attribué à Maikel Blanco sur le CD), reste un bel exercice d’interprétation pour Salsa Mayor même si le solo de piano est joué par Manolito Simonet et non pas par Maikel. Le choix de ce Son vindicatif n’est certainement pas un hasard car le coro lance « No Te Metas, No Juegas Conmigo, Que Yo como Candela » et c’est sur que Maikel est dans un moment où il a besoin de prouver sa parfaite maîtrise du Son Montuno.
Il répond aussi par « Si Le Gusta Repite » , sans complexe, accompagné de Gente D’Zona, pour faire passer sa sauce, sa papa, sa fusion, qui plait, qui plait aux midinettes et aux jeunes, un point c’est tout… malgré ceux qui voudraient l’éliminer. Avec « Adivina Papa », fini les revanches et c’est parti pour la danse, le jeu et la salsa.

La fête reprend son cour et Salsa Mayor, avec encore des accents Vanvaniens, rappelant « El Negro Esta Cocinando »… en passant par « Pupu Chan Chan » de la Revé… Il faut toujours un bon vieux fond de sauce pour réussir la prochaine, non ?
Sur « Como yo Gozo y Retozo », Salsa Mayor retrouve les couleurs du CD “Recoge y Vete” avec la flûte aérienne, une cadence mesurée pour les couples de danseurs et l’inspiration romantique pour leur unir les cœurs. « Mi Destino » le rappelle encore plus clairement , Salsa Mayor c’est la « Maquina de Cuba », la même des succès antérieurs, avec les souvenirs de Maikel fait d’efforts, de lucha, mais aussi du destin, sans complication. Benny More, Benigno Echemendia sont pris en référence pour mieux nous faire danser même avec des paroles simplissimes et une mécanique trop huilée sans surprise.
« Maricela » explore les chœurs différemment mais n’arrive pas vraiment à s’installer dans un climat ni à soulever les montagnes. « Bajito De Sal » est plus dansant, plus entraînant, plus conforme à la mécanique de ce groupe taillé pour la piste avec une douce montée en puissance intéressante et des breaks télégraphiés mais toujours efficaces.
Sur « Deja La Luda » Maikel revient sur des sujets classiques de la Salsa Cubana, la jalousie des latinas et l’amour compliqué, surtout après son divorce , peut-être. Le même thème habite le succès « Quitate Que Vengo Volao », mais cette fois le protagoniste n’est plus prêt à faire tous les sacrifices. Plus réussi, plus chantant et plus dansant, ce morceau est pour la piste.
Le CD se clôt avec une belle balade avec Coco Freeman, Sexto Sentido, Rogelio Napoles à la guitare.
Au final, ce « Anda y Pegate » est bien arrivé et s’est bien accroché, même s’il a emprunté les recettes de nos étoiles de toujours comme Alexandre Abreu, Manolito, Pupy et de bien d’autres, dont Maikel Blanco lui même…

ADALBERTO ALVAREZ Y SU SON - GOZANDO EN LA HABANA


Adalberto Alvarez y su Son ont eux aussi reproduit une recette déjà bien connue, celle du succès avec de belles mélodies, des tumbaos clairs et une cadence concentrée à faire danser le Casinero.
Le CD « Gozando En La Habana » vient 3 ans après l’historique CD « Mi Linda Habanera » qui avait enchanté le public avec « Mi Linda Habanera », « Un Pariente en el campo » et l’éternel « Y que tu quieres que te den ? ». Les protagonistes majeurs sont les mêmes, à savoir Adalberto à la direction, sa fille Dorgeris au piano, les chanteurs mi-sage comme Michel Gonzalez Poli, mi-fou comme Aldo Isidro Miranda Alvarez.

Yuraldys Lago Rozas, un petit nouveau, fera un bref passage, sous le pseudo « Pierre Richard » que lui décerne Adalberto, pour interpréter une salsa sentimentale voire romantica « Hasta aqui llego este amor » , une complainte classique où le style sonero d’Adalberto entre seulement au milieu de la chanson mais où les variations orientales de la fin ne créent finalement que très peu de surprise pour cette ‘maquina a bailar’ qui peine ici à se réinventer. Yuraldys, dit aussi ‘Yuri’, chante aussi « Que voy hacer si tes vas », un autre Son romantique pour le rôle sentimental initialement dévolu au touchant Cruz Issac Galix qui a désormais disparu du groupe pour composer à Palma Soriano, pour Original de Manzanillo et Yumuri. Yuri a un timbre plus affirmé, plus profond et une présence indiscutable sur scène mais il semblerait qu’il n’a pas fini par convaincre Adalberto puisque ce dernier n’a pas arrêté de tâtonner ces derniers temps pour le remplacer.

Adalberto a imposé sur la terre entière un style Sonero, proche de la salsa portoricaine, tout en défendant fermement les fondements du Son et de la culture cubaine. Si comme il le dit lui-même, « La Salsa n’est rien de plus que du concentré de tomates », et c’est le son la matrice, une formule élaborée pendant de nombreuses années par le Conjunto d’Adalberto de Camaguey à La Havane en passant par Santiago de Cuba et son Son 14.

Adalberto y su Son se définit comme une machine à danser, positionnée pour défendre la danse Casino, la Salsa cubaine, et elle le fait avec beaucoup de succès et de talent. Le revers de sa médaille est que cette canonnière a du mal à virer de bord, à tanguer et à changer de cap.
Ceci explique peut-être le désir d’Adalberto d’arranger 2 medley, le ‘poupurrit de los 80’ et le ‘poupurrit de los 90’ , qui même s’ils sont brillamment interprétés de manière moderne et dansante, cache un certain manque d’inspiration.
Il en va de même pour la fascination d’Adalberto pour les Son Montuno de Benigno Echemendia et les succès de la Orquesta Aragon. Adalberto avait déjà arrangé « Controlate » dans le CD « Mi Linda Habanera » et il arrange désormais le cultissime « Camina y Prende El Fogon » de Benigno Echemendia. Il va s’en dire que cette version reste brillante et exceptionnelle avec un solo de piano de Dorgeris dans la plus grande tradition des Conjuntos et un Aldo au chant, qui allume le four mais surtout le feu … Candela. Le Son Montuno reste très à la mode après cette version mais aussi « Pintate Los Labios Maria » de La Charanga Habanera.

Adalberto avait repris un succès de l’Aragon avec « Peguntame como estoy » ? Il revient cette fois-ci avec « Aprende Mucho », une composition de Dagoberto Gonzalez, l’un des brillants violonistes de L’Orquesta Aragon, chantée par leur chanteur Ernesto Bacallao accompagné d’Aldo et du frère d’Adalberto aussi au violon, Enrique Alvarez. La voix solennelle et profonde d’Ernesto Bacallao donne une couleur différente, intéressante, claire-obscure, grave a ce Conjunto d’ordinaire plus guilleret… come sur « Si no vas a bailar » qui conclut le CD sur le thème favori d’Adalberto, à savoir la Fiesta et la danse.

Les succès indéniables de ce nouvel opus sont « Gozando En La Habana » et « La Mania de Caridad », chantés par Michel Gonzalez, qui rappellent somme toute « Mi Linda Habanera » et « Para Bailar Casino » mais avec des arrangements nouveaux. « Amor de Mentira » chante par Aldo se joint à ces deux autres succès pour faire de ce CD une œuvre dédiée au ‘Bailador’, au danseur de Casino, avec les sonorités classiques et élégantes d’Adalberto y su Son, pour le meilleur et pour durer, même si l’on est rarement surpris par ce nouveau travail.


MARACA - LO QUE QUIERO ES FIESTA


La flûte enchantée nous revient, plus festive encore et toujours pleine de toutes les musique de Cuba. Maraca nous annonce … “Lo Que Quiero Es Fiesta” … Cubana bien sur ! Le Maestro Orlando ‘Maraca’ Valle a conquis la France avec un savant mélange de musique traditionnelle cubaine arrangée de manière moderne, intelligente, jazzistique tout en conservant la saveur originale de la Guaracha, de la Guarija, de l’Afro-Cubain avec un subtil soupçon de Timba. Toujours accompagné de musiciens hors pair, cette fois-ci encore avec l’explosif Jose Miguel Melendez (ex-Irakere) aux Timbales et au chant mais aussi avec le nouveau Lester Rojas qui a tenu fièrement la scène de La Seyne sur Mer et la dragée haute au Maestro Candido Fabré à Vence le 4 Août 2009.

Ce guateque maraquero commence sur les chapeaux de roues avec Lester Rojas inspiré par « Los Feos » et les Mambos de Maraca ou la flûte se mêlent aux cuivres pour un son voilé, original, la marque de fabrique ! « Sopla Maraca » ! Les Mambos de Maraca sont parfois répétitifs au fur et à mesure des albums et « Lo Digo Yo » commence avec ce stéréotype rapidement compensé par la voix de José Miguel et par un tumbao irrésistible.
Maraca se risque avec un certain succès à la fusion de la Salsa avec le Reggaeton avec « Me Tiene Enamorao » , alternant entre passage Salsa, me rappelant parfois l’excellent Vitaly y su Timba Habanera, et des passages Reggaeton instrumentaux pour aboutir à du pire Maraca. La Flûte Enchantée et jazzy se révèle dans « Guajira para Mimi » avec un solo de flute grave, virtuose supporte par une basse obsessionnelle, la guitare entre jazz et funk de l’invite Elmer Ferrer.

Jose Miguel compose « Te Lo Llevaste to’ » un thème au style proche de la ‘moña’ de Carlos Manuel et du Clan de Pedro Camacho, une fusion tropicale entre Reggaeton, Timba, Merecumbia…
On revient au Maraca de « Tremenda Rumba » avec « Mala Suerte » avec des cuivres renouvelés et un Lester à qui on ne la raconte pas. Puis José Miguel nous emmène à la ‘playa’ avec « El Verano » , gai, serein, moderne, avec un soupçon de Gospel, de Ragga, de Rumba , le tout se résolvant dans une machine salera sur laquelle virevolte la flûte d’Orlando.

Orlando excelle dans le Jazz, comme le prouve son Afro-Cuban Jazz Project et ses collaborations cosmopolites, éclectiques, virtuoses et sublimes à Caravana Cubana. Il nous offre encore une Descarga, « Descarga Dura », un genre rénové pour le danseur avec cette formation issue d’une Otra Vision.

La Guaperia Timbera de José Miguel s’exprime dans « Hasta Cuando » , une chanson rappelant les succès de Pepito avec Pupy et La Charanga Latina, une cadence pour le danseur, le Casino en force ! Lester lui emboîte le pas sur « Se Que Te Gusta » sur le même registre, Rumbero - Timbero – Casinero, « Negro Guapo y Faja’o », poussé par un orchestre à la fois subtil et puissant, installant en fine vagues successives le climat propice à la danse et l’ouïe fine. On ne s’arrête pas en si bon chemin avec le titre qui a donné son nom à l’album « Lo Que Quiero Es Fiesta.. » où Maraca dévoilent toutes ses couleurs en puissance, Reggaeton, Guaracha, Timba, Salsa Pa’l Fiestero.. Pa’ Que Baile La Fiesta Cubana !!!!!

On croit la fiesta finie quand retentissent les tambours, la voix del Nene , Pedro Lugo ! Con Sentimiento y Manana.. Maraca nous invite à la fiesta des fiestas.. Le « Guaguanco » magistral en hommage à Tata Guines, au compagnon de Maraca dans « Pasaporte » , le CD ‘diplomatique’ qui a fait d’Orlando Valle le plus grand des ambassadeurs de la Musique Cubaine.

CONCLUSION

Le Prix du Meilleur Album de l'Année 2008 a été remis a Pupy :


Le choix des internautes de Fiesta Cubana s’est massivement et naturellement porté sur « Tranquilo Que Yo Controlo » de Pupy y Los que Son Son. Un choix déterminé sans aucun doute par la qualité et la puissance musicale déployée dans cette œuvre magnifique. La plupart des chansons de ce CD ont enflammé les pistes de danse mais ont aussi enchanté les mélomanes qui y ont trouvé des pépites, des surprises, une musique à la fois bien ancrée dans la tradition du Son Montuno mais aussi dans la modernité de la Timba, percussive, explosive, brillante où la composition, les arrangements ont été travaillés de manière collective et continuelle afin d’atteindre une finition, une profondeur inégalée dans laquelle les tumbaos omniprésents de César Pedroso se font hypnotiques.


MEILLEURE CHANSON DE L'ANNEE 2008

CUANDO EL RIO SUENA - HAVANA D' PRIMERA 7%
UN POQUITO AL REVES - PUPY Y LOS QUE SON SON 34%
ME MANTENGO - LOS VAN VAN 15%
ANDA PEGATE - MAIKEL BLANCO Y SU SALSA MAYOR 30%
LA HABANA ME LLAMA - MANOLITO Y SU TRABUCO 13%

Nombre total de votes : 137

Bien qu’à mon grand regret et à mon grand étonnement la chanson « Si Me Quiere Conocer » de Pupy fut pas nominée, elle reste pour moi, et de loin la meilleure chanson de 2008, tant sa construction, ses paroles et son interprétation par Mandy nous offrent un moment unique d’œuvre magistrale !

Peu importe car les chansons retenues furent de vrai succès des pistes de danse et des fiesta cubanas. « Cuando El Rio Suena » avait été l’une des révélations de ce nouvel orchestre hors norme qu’est Habana D’Primera. Cette chanson éditée en 2008 en avant-première dans des compilations Planet Records, commence par une intro jazzy-funky pour déverser ensuite une coulée de lave en fusion de percussions subtiles, complexes et fortes, de tumbaos et la voix hésitante, originale et immature, mais aussi puissante et pleine de cœur, celle du Bouddha de la Timba, Alexander Abreu.
« Un Poquito Al Reves » est chantée par le Samouraï de la Timba cubaine, Jose « Pepito » Gomez car sa voix intense fend l’air en deux comme un sabre affûté. Cette chanson fut un immense succès immédiat, dès sa sortie, à la manière de « La Borrachera » ou la voix de Pepito et le Tumbao obsédant de Pupy emportent tout. La cadence mesurée de cette chanson puissante en a fait rapidement l’alliée des danseurs de même qu’une introduction courte où le ton dansant est tout de suite donné. Pas étonnant que Pupy ait baptisé son opus avec le dernier refrain qui reste sur toutes les lèvres « Tranquilo Que Yo Controlo ».
« Me Mantengo » était aussi sorti en avant-première en 2008, sur des compilations Planet Records, avant la sortie officielle de « Arrasando » de Los Van Van. Cette chanson fut aussitôt un succès des pistes de danse avec elle aussi un refrain inoubliable « No Me Cambie La Emisora » . El Lele développe tout son grand art d’animateur et d’harangueur des foules. Sa voix inimitable parle directement aux cubains comme aux danseurs et les violons de Los Van Van magnifient la mélodie, le tout dans une œuvre lente et puissante, qui sans introduction se fait irrésistible avec ses trombones et ses refrains.
« Anda y Pegate » , l’immense succès de Maikel Blanco retrouve une deuxième jeunesse avec ce nouvel enregistrement. Salsa Mayor réalise avec cette chanson le meilleur de son art, une Salsa festive et jubilatoire, un Son Moderno qui monte en puissance continuellement et qui reste toujours en harmonie avec les attentes des danseurs.
« La Habana Me Llama » est une nouvelle ode de Ricardo Amaray, le chanteur de Manolito y su Trabuco aux charmes sensuels de La Havane. Les intonations légèrement américanisées d’Amaray mêlées à la maîtrise de Manolito entre mélodies des Charangas et puissance rythmique des Conjuntos font de cette œuvre une chanson intense, swinguante et brillante, ne laissant d’autre choix au danseur que de fouler la piste et d’y laisser sa sueur joyeuse et inspirée.

CONCLUSION

Le public de Fiesta Cubana a hésité entre “Un Poquito Al Revés” de Pupy y Los Que Son Son et “Anda y Pegate” de Maikel Blanco y su Salsa Mayor, laissant les autres nominés à distance.
La folie douce qui a envahi le cœur des spectateurs des concerts de Salsa Mayor a laissé des traces, tout autant que les merveilleux moments passés sur les pistes de danse grâce à cette Maquina de Cuba, toute dévouée au danseur, au risque de sacrifier parfois la profondeur.
Tout cela contribue à une inertie de popularité en faveur de Maikel Blanco qui sera finalement dépassé par son Maitre, Cesar « Pupy » Pedro, et Los Que Son Son, qui viennent avec une musique plus difficile, plus complexe, plus sombre, plus profonde, avec une nouvelle proposition puisée très loin… mais appuyée par la voix de tueur de Pepito, un refrain à coller sur les lèvres et le piano du magicien de Pogolotti.

PEPITO et PUPY y LOS QUE SON SON : "Un Poquito Al Reves"
Meilleure Chanson de l'Annee


MEILLEUR CONCERT DE L'ANNEE 2008

CALLE REAL (Paris) 17%
ELIO REVE Y SU CHARANGON (Rennes) 56%
LOS VAN VAN ( Toulouse , Marseillan) 9%
ELIO REVE vs MANOLITO (Paris) 14%
PUPY Y LOS QUE SON SON (La Seyne sur Mer) 4%

Nombre total de votes: 108

Difficile de juger objectivement un concert tant il s’agit là d’une expérience personnelle, sensuelle et forcément subjective tant la force des sentiments est exaltée lors de ces moments par le spectacle, les lumières, la puissance sonore et percussive, par l’engouement populaire et les amitiés qui se nouent dans la joie et la sueur. Les fausses notes et les déviations rythmiques sont gommées par l’excitation du moment et la spontanéité des échanges.



Il y a pourtant eu une large unanimité, sans appel, pour élire le concert de Elio Revé y su Charangon à Rennes comme le meilleur concert de l’année 2008 et pour cause.
Précédé par la présentation de notre ami et puits de science, Claudion, le concert fut une communion de folie, d’amour et de complicité entre un peuple de mélomanes danseurs et ses idoles.
Elito Revé et la France, c’est une histoire d’amour qui a commencé en suisse à Zurich où la majorité des suisses allemands ont été submergés par la passion de quelques gaulois irréductibles, fanatiques du Charangon ! Depuis chacun des concerts de La Revé en France ont été une messe, une cérémonie, une communion pour la religion du Changui.
Les spectateurs connaissaient les paroles par cœurs et chantaient à tue-tête dans un déchaînement de Tembleque et de Despelote, ces mouvements syncopés des corps des danseurs en transe. Les astres étaient alignés cette nuit à Rennes, où plusieurs centaines de festivaliers et quelques fêtards de toute la France (voire du Mexique) s’étaient réunis pour un moment historique, le dernier concert de la tournée triomphale de la Revé en Europe, le lancement du site officiel de www.orquestareve.net et la publication de l’interview exclusive d’Elito Revé sur www.fiestacubana.net.

Partageons ce moment ou nous annoncions à Elito son Prix !

MEILLEUR CHANTEUR DE L'ANNEE

PEPITO GOMEZ 24%
DAGOBERTO VAZQUEZ 18%
ALEXANDER ABREU 15%
MANDY CANTERO 36%
EL SINSONTE 8%

Nombre total de votes: 117

Les choix des nominés pour le Meilleur Chanteur de l’Année 2008 reflète très bien la mélomanie des membres de Fiesta Cubana et leur amour pour 3 orchestres qui tiennent le haut de l’affiche dans leur cœur : Pupy y Los Que Son Son, Elito Reve y su Charangon et Alexandre Abreu y su Habana D’Primera.

Le point commun entre ces 5 chanteurs est probablement l’absolue générosité scénique de ces vocalistes exceptionnels et au cœur sans bornes. Toutefois ils se distinguent par leur technicité, leur coffre alors que d’autres par leur timbre si particulier ou leur inspiration si originale.

Pupy avait choisi un trio de quasi inconnus mais tellement exceptionnels en 2001, lorsqu’il fondait Los Que Son Son. Exit Tirso parti faire sa carrière solo, cherchant la solution artistique et commerciale entre Timba et Reggaeton.
Il restait donc Jose « Pepito » Gomez, le Samourai de la voix ! Ceux qui ont vu le retour de Pepito dans Los Que Son Son à Montpellier se rappellent à quel point sa voix aiguisée comme un sabre peut pourfendre l’air ! La Borrachera reste comme l’un de ses succès les plus connus mais son retour avec « Un Poquito A Reves - Tranquilo Que Yo Controlo » ou « Parece Aquel » restera comme parmi ses plus belles interprétations et le prophétique « Desde Cero » est immanquablement historique… depuis il vit a New York.

Il restait aussi Armando « Mandy » Cantero, celui qui de Los Papines et Bamboleo à Pupy est passé du statut de Timbero au statut de Sonero, avec un grand S… De la trempe des plus grands, capable de tout interpréter avec profondeur, puissance, esprit et génie. « Si Me Quieres Conocer » restera son chef-d’œuvre alors que « A La Italiana » et La « Machucadera » sont encore des succès de la piste. Son « Ve Bajando » était aussi prémonitoire… Recoge los Chelis ! Et il est parti lui aussi…

La place que chacun de ces 2 là ont laissée reste toujours immense, même pour 4 chanteurs !

Dagoberto Vasquez et Pascual Ramos « El Sinsonte » sont les voix du Charangon d’Elio Revé.

Dagoberto interprète la plupart des tubes de La Revé, parmi lesquels « Fresquecito » et « El Dinero » alors que El Sinsonte joue un rôle essentiel dans la sonorité du Charangon, la ‘voix de petite vieille’ ( la Voz de Vieja). Il est aussi celui qui enflamme les concerts du Charangon avec le tube éternel « Mi Salsa Tiene Sandunga » ! Son intervention dans Soneros All Stars et dans Sama y Expreso de Oriente font de lui désormais un chanteur à succès !

Alexander Abreu est avant tout un trompettiste et un musicien au sens large, sans jeu de mot relatif a son embonpoint. Lorsqu’il se lance dans le chant, c’est avec l’expérience de Grupo Danson, au Danemark où il réalise enfin son projet créatif et formule le désir de diriger son propre orchestre afin d’accoucher des ses visions musicales, son « Mi Musica » et son « Resumen de Los 90 » qui témoignent de son manifeste musical. Sa voix finit par s’adapter et sa ‘Bomba’, son inspiration artistique, sa puissance créatrice et interprétative, ses fulgurances mélodiques et rythmiques, sa générosité compensent très largement ses limitations vocales. Un piège dans lequel il enferme Habana D’Primera car son talent expressif ne laisse aucune place pour un autre chanteur.

MANDY : Meilleur Chanteur 2008


Le public de Fiesta Cubana a finalement élu Armando « Mandy » Cantero, avec une avance raisonnable sur son concurrent de toujours, José « Pepito » Gomez.

Ce choix s’explique probablement par la variété des interprétations que Mandy nous a offertes au travers du répertoire de « Pupy y Los Que Son Son », de « Soneros All Stars » mais aussi de « Los Ases De La Timba » et d’ « Orlando Canto » .... alors que Pepito avait déjà gagné le prix équivalent l’année précédente.

Et voici la petite cérémonie de remise du FIESTA CUBANA AWARDS Meilleur Chanteur 2008 :

MEILLEURE CHANTEUSE DE L'ANNEE 2008

TANIA PANTOJA 52%

HAILA MOMPIE 7%
YENI VALDES 23%
AILYN DALLERAN 33%
CRISTINA AZCUY 14%

Nombre total de votes: 107

A mon humble avis, la personne que nous aurions du honorer pour 2008, aurait dû être la très grande ‘Novia Del Filin’ convertie en Reina De Los Timberos en 2008 , je veux parler de l’immense Omara Portuondo pour ses contributions « Solo tu y Yo » de Klimax, un thème compose par le père de Giraldo Piloto et qu’elle chantait déjà dans les années 60 mais aussi pour son intervention sur le CD d’Anacaona, « No Lo Puedo Evitar » et l’exceptionnel « Vecina, Presteme El Cubo » avec Pupy y Los Que Son Son.

Nous retrouvons malgré tout en 2008, 5 chanteuses de grand talent, dont 3 que l’on compte depuis longtemps parmi les quelques divas de la Timba…
Rappelons que Vania, ex-Bamboleo, ne participe plus depuis quelques années à de projets timberos mais se concentre sur une carrière solo de Boleriste et Sonera.

Yeni Valdes continue d’apporter à Los Van Van une couleur plus douce, romantique avec le tube « Despues de Todo » qui a fait chavirer le cœur des cubains… Yeni a polie son image, qui fut bien plus populaire, plus provocante, plus ‘guapa’ dans NG La Banda ou même avec son premier succès « Mi Mimi » aux côtés de Juan Formell. Mais pour Yeni 2008 ne fut pas une année exceptionnelle, au cours de laquelle aucun morceau nouveau ne lui a été confié… Elle a continué sur la lancée de ses succès antérieurs.

Haila (Maria) Mompie a quant à elle décidé de faire une carrière en solo, en contrat avec Bis Music, d’abord sous les auspices d’Issac Delgado et ensuite de Juan Manuel Cerruto, puis sous la houlette de David Calzado et d’Aned Mota, son mari.
Apres un album très Pop Latino, « Diferente », sorti en 2004, elle revient en 2008 avec une formule similaire, des compositions d’Osmani Collado (fils d’Alvaro Collado, Tromboniste de Los Van Van et brillant compositeur, clavier et saxophoniste de La Charanga Habanera), d’Alain Daniel (ex chanteur de Bamboleo en carriere solo), de Ricardo Amaray (chanteur de Manolito y su Trabuco), de Leonid Torres (ex-chanteur de La Charanga Habanera en carrier solo), de Pedro Camacho (directeur et pianiste de ‘El Clan’), d’Alberto Pujol et de Pedro Dikan.
Cet album est probablement plus réussi, plus dansant… probablement grâce à des morceaux de Candido Fabre « Una Loca Como Yo » et d’Aned Mota « Dile a Cupido » qui la rapprochent de son public cubain.

Cette diva de la Farandula a toujours une voix unique, digne héritière de Celia Cruz, elle suit la vague de la Pop, de la Moña, de la mode afin de trouver un destin propre, après sa gloire auprès de Bamboleo et Azucar Negra…


Tanja (Esther) Pantoja est indiscutablement la chanteuse la plus controversée et la plus dingue de ces divas de la timba. C’est probablement la seule qui soit restée Timbera, populaire, un brin vulgaire, pleine de fantaisie et d’imagination, de la provocation à revendre, c’est elle qui domine ..
Elle domine son groupe « Bamboleo », la scène, La Havane… Ne dit-elle pas elle-même « Yo soy la que pone La Habana de pie » ?

Tanja a débute dans Lady Salsa.. Elle rentre dans Azucar Negra sur recommandation d’Haila en 2000, suite à la grossesse du fils que cette diva eu avec Aned Mota. A cette époque personne ne connait Tanja, tellement la popularité d’Haila avec Leonel Limonta est importante. Tanja devra faire sa place malgré un répertoire taillé pour Haila. Mais Tanja a une rage intérieure, une ambition débordante qui va emporter Azucar Negra vers de nouveaux sommets. Etonnamment Limonta ne pourra pas enregistrer sa voix comme protagoniste principal d’un CD propre à cette étoile filante. Elle s’impose avec « 2 de Azucar y 3 de Cafe » qui sera son premier succès en dehors des chansons dédiées à Haila comme « Hoy Me Inclino » et « Andar Andando ». Cette chanson sera finalement enregistrée par Biunaikis Marquetti sur le CD « Sin Mirar Atras ».

Le destin de Tanja était inévitablement de chanter pour Bamboleo. Fruit défendu d’une rupture non cicatrisée entre Leonel Limonta et Lazarito Valdes, Tanja quitte son Pygmalion pour faire renaître, tel le Phénix, un Bamboleo cherchant son fil d’Ariane et surtout sa Muse dévastatrice.
Tanja passe du monde lumineux d’Azucar Negra au Clair Obscur, aux ténèbres de Bamboleo et elle va travailler d’arrache pied pour s’élever au niveau musical de cet orchestre de tueur à gages. Depuis 2003-2004, années après années, Tanja s’impose en tant que chanteuse, interprète et maîtresse de cérémonie sur une scène qui lui devient petit à petit trop petite alors que la salle en contrebas qu’elle a déchainé l’appelle et la rappelle.

Tanja est devenue avec « Todo Lo Bonito », « El Virus », « Fiebre », « Sueno de Crista », « Atrevimiento » (thèmes sortis respectivement sur les CDs “Todo Lo Bonito” et “Mi Verdad”) l’impératrice de La Farandula de La Havane, impératrice d’un opéra-bouffe et décadent ou se mélangent la Guaracha du 3eme millénaire et la virtuosité de Lazarito Valdes et Bamboleo qui réinvente la Timba, la Salsa Funky, et qui sont parmi les quelques rares orchestres à Cuba capables de rivaliser avec les Reggaetoneros.

Tanja est au centre de cette renaissance !
Tanja avec un T comme Tsunami, qui avec « La Que Manda », « Los Guapos » et « La Domadora » (ces 3 thèmes sont sortis sur des compilations Planet Records) emporte tout sur son passage…

Et elle emporte une fois de plus le FIESTA CUBANA AWARDS 2008 de La Meilleure Chanteuse.

Aylin Dallera Murgas est celle que Limonta a choisie pour remplacer Tanja Pantoja dans Azucar Negra et projeter cet orchestre vers de nouveaux succès avec une voix féminine forte et sensuelle à la fois.
A l’instar de Tanja pour Bamboleo, Aylin travaille très dur et prend petit à petit confiance. Sa voix s’affirme, sa présence scénique et sa personnalité se révèlent. Nombreux sont les fidèles de Fiesta Cubana qui ont succombé à son charme et à sa voix. Elle enregistre avec Limonta les 3 derniers CDs « Sin Mirar Atras », « Toque Natural » et « Exceso de Equipaje » chez EGREM.

Son premier succès populaire personnel sera très certainement « El Estres » suivi par « Que Le Pasa Con Las Mujeres », une réponse à « La Que Manda » de Tanja » et « Con un canto al pecho », la reprise très réussie du succès composé par Limonta pour Haila dans Bamboleo. Aylin est le Joker, le Joker de Limonta, pour donner la réplique à cette interminable saga timbera entre Bamboleo et Azucar Negra.
Et cette petite femme relève le défi avec énormément de talent et de sagesse. Bonne chance Aylin.

Maria Cristina Azcuy Garcia est la voix Sonera de Pupy et de Janne Bogdan. Elle enregistre un CD en solo, produit par Janne Bogdan et ses Soneros All Stars. Elle enregistre aussi en tant qu’invitée sur le CD « Bana Congo » de Papa Noel et Papi Oviedo et sur « Encuentro entre Soneros » de Papi Oviedo. Elle chante aussi la toute première version de « El Gato No Araña » de Pupy y Los Que Son Son sur le CD expérimental « Timba : New Generation of Cuban Music ». Son répertoire est très ancré dans le Son Traditionnel, le Son Montuno avec une voix lyrique, avec un léger vibrato, emprunte de solennité, de musique guajira et de classicisme sonero. Cette voix tranche et paraît rafraîchissante et profonde aux oreilles saturées de Timba. Cristina est une vraie chanteuse, simple, élégante, juste, posée et pleine de saveurs traditionnelles, aux racines profondes.

 

REVELATION DE L'ANNEE 2008

HAVANA D' PRIMERA 68%
LISANDRO Y SU TRATADO 16%
AISAR Y EL EXPRESO DE CUBA 7%
EL PIKETE 8%
WILL CAMPA Y LA GRAN UNION 1%

Nombre total de votes: 101

ALEXANDER ABREU Y HABANA D'PRIMERA - Révélation de l’Année 2008


Le choix de la Révélation de l’Année 2009 est probablement un des sujets les plus controversé tant ces révélations sont restées obscures, pour ne pas dire inconnues du plus grand nombre. Aucune des révélations nominées n’a pu sortir son CD en 2008 ou n’a bénéficié d’un réseau de distribution permettant une commercialisation pour tous. Pas étonnant au final que le choix se soit porté massivement sur un orchestre ‘révélation’ de musiciens qui en sont beaucoup moins.

En effet Alexander Abreu et ses étoiles de musiciens sont certainement parmi les musiciens qui ont le plus enregistré dans toute l’histoire de la Salsa Cubaine mais il faut reconnaître que cet orchestre, en partie issu de celui d’Issac Delgado, quand il a quitté Cuba pour la Floride, réalise un tour de force en s’imposant a La Havane en moins d’un an comme l’un des meilleurs groupes de Cuba avec un répertoire original, puissant et couvert de succès.

Partageons ce moment ou nous annonçons à Alexander Abreu son FIESTA CUBANA AWARDS :


Aisar y el Expreso de Cuba, le projet personnel d’Aisar Hernandez, le bassiste et directeur musical de La Revé reste une maquette qui circule sous le manteau malgré un talent et une qualité qui ressusciterait n’importe quel danseur décédé !
El Pikete fit une apparition subreptice à Miami pour retourner dans l’oubli alors que Wil Campa, l’ex Chanteur de Maraca, peine à commercialiser son Projet ‘La Gran Union’.
Seul, Lisandro y su Tratado, entre New York et Guantanamo réussit à se faire une place bien trop petite pour cet immense talent original, le Changui-Timba de New York qui se fraye un chemin grâce à quelques DJs aux grand cœur !

2008 et La Musique Cubaine Dansante

2008 a été pour la Musique Cubaine une année prolifique, pleine de questionnement sur son identité et ses racines, face a l’hégémonie du Reggaeton ! Certains sont allés rechercher les fondements du Son Montuno, comme César « Pupy » Pedroso, qui nous livre 2 chefs-d’œuvre cette année là, avec Los que Son Son et Soneros All Stars, en s’appuyant aussi sur des garants de la tradition comme Cristina Azcuy, Coto , le Tresero fou, Dagoberto Gonzalez, le violoniste d’Aragon et la grande Omara Portuondo.

Alexander Abreu émerge avec une proposition similaire, mais se concentre sur le style des débuts de la Timba, celui de la Elite, d’Issac Delgado, une Timba plus musicale et virtuose que populaire, facile voire obscène.

Il y eut des « tirs amis », des « friendly fires » entre Timberos, avec le procès en plagiat fait à Maikel Blanco par Pupy et Limonta. Tout ceci sur fond de recherche d’identité !

Manolito et Adalberto s’accrochent à leur style, sans grands bouleversements alors que Tirso Duarte recherche la cadrature du cercle, la fusion artistique et commerciale de la Timba avec le Reggaeton.

D’autre ne se sont pas préoccupés de tant de scrupules et ont suivi les attentes de leur public cubain, de la Moña et du Reggaeton pour les plus populaires des timberos, La Charanga Habanera, Pachito y su Kini Kini et Paulito FG. Yulien Oviedo est lui devenu 100% Reggeatonero.

2008 fut aussi le théâtre de nombreuses collaborations entre Timberos et Reggaetoneros. Gente D’Zona a confirmé sa suprématie et seul Tanja Pantoja de Bamboleo fut capable de lui tenir la dragée haute…

Car si Alexander Delgado de Gente D’Zona est un animal, Tanja de Bamboleo est sa dompteuse.. Sa Domadora !