ANGEL BONNE, Le Poète et La Conscience de la Chanson Salsera !

Écrit par Leonel le . Publié dans Biographies

Angel Bonne est une figure particulière dans le paysage de la musique cubaine. Il est né le 16 août 1961 à Santiago de Cuba. Il étudie la musique très jeune et se spécialise avec la clarinette. Il est diplômé de l’ENA en 1980. Ses qualités de saxophoniste lui permettent de collaborer avec de nombreux groupes comme Galaxia, l’orchestre de Santiago Feliu, celui de Beatriz Marquez (dont il fut le directeur), l’orchestre Granma (de Santiago de Cuba), l’ Orquesta Cubana de Musica Moderna (de Santiago de Cuba).

Il est avant tout connu pour sa participation à Los Van Van comme arrangeur, saxophoniste puis chanteur d’un des plus beaux succès du Tren : Havana City ! (Havana City, Havana Crazy, Welcome to the capital !) Il a aussi joué avec le groupe Sintesis et avec Irakere de Chucho Valdes et a enregistré comme saxophoniste sur les disques de Laronte, Amaury Perez Vidal et de Evelyn Garcia Marquez.


De même qu’un certain Osmani Collado de la Charanga Habanera, Angel est un musicien complet qui compose, arrange, joue le piano et le saxophone mais qui chante aussi magnifiquement avec un timbre posé et chaleureux… ‘Camina’ lance-t-il ! Sa voix s’unit à merveille avec celle d’Issac Delgado, légèrement rugueuse, nasale et si profonde ! A l’instar d’Issac il possède un swing propre, rumbero et des paroles qui touchent l’âme et la sensibilité des poètes de la nuit. Il démarre sa carrière solo au milieu des années 90.

Sa salsa n’est jamais agressive, mais elle est pleine de la force d’un héritage nourri des toutes les musiques cubaines, de la Salsa, du Son à la Rumba en passant par l’incontournable Pilon popularisé dans les années 50 par son père Enrique Bonne, grand compositeur de Santiago de Cuba, et par Pacho Alonso, le père d’un autre timbero bien apprécié, Pachito Alonso.

Angel Bonne est un libre penseur, à la personnalité à la fois douce et forte, ne suivant que son instinct et son destin, il délivre ici un message de simplicité et de sincérité loin des paillettes de la salsa spectacle qu’il qualifie de ‘Pura imagen, pura vestimenta !’

Angel m’a été présenté le 2 Octobre 2003, au Café Cantante Mi Habana par un ami commun, Osiris Martinez, le clavier de Pupy y Los Que Son Son (ex-Manolito y su Trabuco). Il m’a fait le cadeau par amitié de nous faire partager en Avril 2006 au même Cafe Cantante cette entrevue qui me semble révéler beaucoup de son âme d’artiste et d’homme simple.

La Habana – Café Cantante Mi Habana - Vendredi 21 Avril 2006
Propos recueillis par Leonel (LR), transcription & traduction Leonel, Zaida et Marbelis Reyes Reyes



LR: Aujourd’hui nous allons faire l’interview de Ángel Bonne qui est un chanteur, un grand musicien qui joue du saxophone et d’autres instruments…

AB: Le saxophone je l’ai appris en chemin mais ce que j’ai étudie, c’est la clarinette. Je suis diplômé de l’école de musique pour la Clarinette.

LR: Mais tu joues aussi du clavier et du piano ?
AB : Le problème c’est que depuis tout petit je jouais le piano petit à petit, j’étais collé au piano.




LR: Si car je t’ai vu chanter et jouer du piano lors de l’anniversaire de ‘Los Que Son Son’. Comme chaque musicien cubain, tu joues de tous les instruments mais tu le fais avec beaucoup de goût.

AB : C’est parce que je me suis bien préparé. Je suis un musicien académique. J’ai fini par chanter par hasard.

J’ai toujours aimé chanter mais je le faisais dans la salle de bain chez moi. J’ai toujours considéré que je n’aimais pas ma voix. Finalement une nuit bien arrosée, j’étais à la ENA (Escuela Nacional de Arte) lors d’une fête et je me suis mis à jouer de la basse et à chanter. Le lundi je me suis retrouvé avec 3 propositions de groupes de l’école pour chanter. Je leur ai dit « Je ne suis pas chanteur » et ils m’ont répondu « Non mais tu as beaucoup de feeling ». En définitive je n’ai pas donné suite même si je m’y suis essayé quelques fois.

Finalement (Juan) Formell qui est un type avec une grande vision commerciale, un jour quand il m’a vu chanter, m’a dit : « J’aime tes morceaux, choisis un morceau (parmi les miens pour un essai) » et j’ai sélectionné une chanson dans le disque ‘Disco Azucar’ qui s’appelle ‘Tania y Juan’ qui en fait est de son fils (NDT : Juan Carlos Formell qui vit aux USA) ... Puis, ces jours la, Pupy est apparu. J’avais monté un morceau, un pot-pourrit de Cha-Cha-Cha… Il m’a écouté chanter et il m’a dit « je vais te dédier un morceau, un morceau que j’ai déjà composé mais que j’aimerais que tu chantes ».

Ce fut le morceau ‘Azucar’ qui au final eu un impact auprès d’un large public… un thème qui a reçu une grand succès pour le moins à Cuba.

A partir de ce moment il m’a fallu continuer à chanter pour les gens définitivement en pensant en premier au public.

LR : Alors finalement tu n’as jamais joué le saxophone ou la clarinette ?

AB: Bien sûr que si ¡

LR: Il faut expliquer au gens que Angel Bonne est le fils de Enrique Bonne et était l’un des chanteurs important de Los Van Van. Tu as enregistré 4 disques avec Los Van Van qui sont ‘Azucar’ ….


AB : j’ai enregistré ‘Aquí el que baila que gana’, ‘Azucar’, ‘El Ultimo en Vivo’, ‘Llego Van Van’ (Grammy Awards) , j’ai enregistré le disque ‘En El Malecón’ … j’ai enregistré aussi tous les disques en tant que choriste car j’ai toujours gardé une relation d’amitié avec eux.


LR: Mais tu as aussi enregistré avec d’autres groupes comme Sur Caribe ?
AB: Avec Sur Caribe… J’ai participé à l’enregistrement d’environ 50 disques. J’ai participé aux disques de beaucoup de gens. J’ai enregistré comme 3 ou 4 disques avec Sur Caribe. J’ai enregistré avec La Ritmo Oriental… En cherchant plus loin j’ai enregistré avec La Barriada et beaucoup d’autres gens mais pour être précis …j’ai finalement beaucoup travaillé.

LR: Tu es diplomé de la ENA ¿

AB: Si

LR : La ENA est la ‘Escuela Nacional de Arte’. Quelle fut l’influence de ta famille sur ta musique ?

AB: Si tu savais… Contrairement à ce que les gens pensent, l’influence principale que j’ai reçue est venue de ma famille maternelle parce que la maman de ma maman, ma grand-mère maternelle, était professeur et mon oncle Pedro Julio Sánchez est saxophoniste et clarinettiste. Aujourd’hui c’est un vieillard… même si maman m’a aussi aidé, celui qui m’a aidé à passer les examens à l’école et à m’en sortir fut mon oncle maternel. C’est plus du coté de la famille maternelle qu’est venue l’influence génétique.

LR : Nous savons que tu as beaucoup travaillé avec Los Van Van mais ça fait un bail que tu est parti de Los Van Van et que tu as développé ton propre projet musical. J’ai 5 disques de toi, en fait 4 originaux mais il y en a un que tu dois me procurer. Il s’agit de ‘Pa’ decir lo que siento’ car il ne se trouve nulle part aujourd’hui.



AB: Ah. Celui-ci s’est très bien vendu ! Paradoxalement ce disque fut très spécial. Ce fut mon premier disque que j’ai réalisé.

LR: Mais il est introuvable !

AB: C’est le disque que j’ai le plus vendu dans ma vie. Il a fallu que je me démène moi-même pour me procurer mon exemplaire. Le label avec lequel je l’ai enregistré était mi-vénézuélien, mi-cubain et ils en ont vendu partout.

LR: Cette musique, ce type de voix que tu as, le concept musical que tu as développé, c’est une musique qui nous plait beaucoup. C’est pour cela que nous sommes ici avec toi..

AB: Je vais te dire que nous allons faire un concert le 11 Mai (2006) a 7 heures du soir au musée national des Beaux-Arts de La Havane. Un concert de ‘Cancion’ (Chanson cubaine) pas de Salsa. En fait nous allons quand même jouer une Salsa pour être précis.



Un concert de Chansons car je me considère comme un musicien de chanson cubaine. S’il fallait mettre une étiquette à ma musique, ce serait de la ‘Chanson cubaine pour danser’. Tu vois. C’est très différent de la Musique dansante (Musica Bailable). La musique dansante consiste à placer un chœur et tu le danses, et tous le monde danse comme on fait à Cuba. Ce que je fais ce sont des Chansons avec des histoires vécues, avec des situations précises auquelles on rajoute de bons refrains pour danser. C’est ça le concept.

LR: C’est ça le concept ¿ Car il y a de nombreux concepts en fait. Les paroles que tu écris... J’imagine que c’est toi qui les écris ¿

AB: Si, si Bien sûr ¡


LR: Les paroles que tu écris sont très belles. Il y a beaucoup d’harmonie, beaucoup de mélodie, c’est aussi ça ton concept musical… c’est plus des chansons que tu arranges comme de la musique dansante ?



AB: Mon paradigme dans la musique c’est Ruben Blades ¡ Quand je suis parti de Los Van Van, je rêvais de faire de la Salsa de scène, de concert. Finalement les choses ne se sont pas si bien passées parce que à Cuba avec la scène, tu peux ‘mourir de faim’, car faire de la musique de scène ne génère pas assez de revenus pour se maintenir. Du coup, pour pouvoir me maintenir dans la vie nocturne de La Havane, pour pouvoir m’y faire ma place, et pouvoir manger à ma faim, pas seulement moi mais aussi les musiciens, il m’a fallu consacrer ma musique à faire danser le public. Mais ceci ne fut pas l’objectif initial.

Je vais donc faire un concert le 11 Mai a 7 heures du soir avec l’intention d’ouvrir cette porte. Pour voir si finalement je peux ouvrir cette porte et arriver à trouver l’espace dont j’ai besoin. Ce n’est pas que je méprise la musique dansante, j’aime la Salsa, le Son , la musique dansante cubaine, d’autant plus que mon propre père (NDT: Enrique Bonne) en est un représentant illustre du courant traditionnel dans ce pays, mais moi je suis définitivement une espèce de ‘Trovador’ (NDT : Trovador, terme proche des nouveaux troubadours comme Francisco Cespedes, Silvio Rodriguez, Pablo Milanes).


Enrique Bonne (le papa)


Tu vois, un genre que j’aime et qu’ils appellent dans le monde anglo-saxon « History Telling » (NDT : raconter une histoire). J’aime raconter des histoires, j’aime raconter des histoires qui me soient arrivées à moi ou à d'autres personnes et dont j'étais témoin. Ou simplement des choses qui m’arrivent d’observer du fait de ma manière particulière de voir la vie. A Cuba ça a été difficile car les gens pensent que ma Salsa est sophistiquée et de ce fait ils n’ont pas la patience d’écouter un thème. Aujourd’hui le monde a perdu l’habitude d’écouter et en plus nous ne nous écoutons pas les uns les autres. Lorsque je regarde la TV et que je vois les ‘Talk-Show’ américains, les deux débatteurs se disputent et se crient en même temps, en fait ils ne s’écoutent ni l’un ni l’autre. Les gens n’ont plus la patience d’attendre. Tu me dis ce que tu dois me dire et je te dis ce que je dois te dire.


LR: Mais cela ne t’a pas contaminé car tu as suivi ta propre voie !


AB: Non car j’ai hérité du caractère de ma maman qui était professeur d’espagnol et de littérature. Elle est à la retraite maintenant.


LR: Un caractère fort avec beaucoup de sensibilité ?


AB: Si, un caractère fort mais avec beaucoup de patience. Il est très important d’être patient ... comme on dit « S'il n'y a pas de pain, il y a du ‘Kasabe’ », il faut savoir attendre (NDT : le Kasabe est une galette de farine manioc). Et il faut avoir aussi beaucoup de volonté. Il est important de rester humble pour pouvoir démarrer de zéro et se voir soi-même et le monde avec objectivité. Si tu commences à croire que tu es un super-doué, t’es perdu en rase campagne ! En définitive il m’a fallu beaucoup travailler et ce travail m’a beaucoup coûté pour parvenir à ma situation à Cuba. Ca fait des années que je bataille.



Cuba est un pays qui a un certain niveau d’éducation parce que l’Etat investit beaucoup dans l’éducation mais le public est principalement composé de danseurs. Le cubain ne pourra jamais s’asseoir seulement pour écouter des chansons. Du coup, je suis une espèce de personne qui nage à contre courant. Je n’en suis pas fier mais je suis tranquille avec ma conscience et je crois que la vie me poussera à l’endroit où je dois finalement être. Je n’ai pas plus de prétentions. Seulement je veux travailler et être comme ça.

LR : Je pense que toutes les valeurs que tu exprimes maintenant s’entendent dans ta musique.

AB: Merci.


LR: Ce sont des choses qui s’entendent et tu as un public exactement pour cela car tu as suivi ainsi ton concept original, le tien propre, qui a beaucoup de sens et de sentiments, et une harmonie qui te rendent unique.


AB: Merci, les principes, la manière dont chacun voit la vie, les principes de chacun se glissent dans le comportement quotidien et dans les chansons que l’on fait. C’est une chose qu’on ne peut empêcher. J’ai décidé de m’assumer pleinement, et de ne pas essayer d’être un autre car je pourrais parfaitement faire choriste et bien d’autres choses qui marcheraient bien mais je veux faire seulement ce qu’il me plait et je préfère mourir avec la conscience tranquille… Je voudrais en profiter pour te remercier pour la sensibilité que tu portes en toi…

LR: Merci. Après un an, as tu eu beaucoup de changements dans ton orchestre ? Il y a des têtes nouvelles non ?


AB: Si, si il y a eu des changements. D’abord la fille que tu as vue chanter et jouer du Güiro est nouvelle.



Est aussi entré dans l’orchestre un nouveau trompettiste qui est le mari de la fille et qui jouait avec La Caro Band. C’était un de mes musiciens il y a des années. C’est une histoire très intéressante car il est parti d’ici grâce à un contrat qu’ils lui ont proposé au Pérou et il a commencé à faire des allers-retours. Au final, il a atterri dans La Caro Band. Ensuite La Caro Band a eu un problème avec leurs instruments qui sont restés boqués au Pérou et lui a commencé à travailler avec moi pour gagner un peu d’argent et il m’ dit qu’il ne voulait plus s’en aller de mon groupe. Il voulait travailler dans mon groupe et ceci ne fut pas un problème pour moi car je partage avec les gens de La Caro Band beaucoup de tendresse et parce que Blas et Marta Caro (NDT : Blas Munoz Gaston est le Directeur, Compositeur et bassiste de La Caro Band et Marta Caro, son épouse, est chanteuse avec ses sœurs Lisett, Diana et Odalys) sont des amis depuis l’école et sont des gens que j’apprécie beaucoup.
 

Lisett Caro


Il avait de la peine et il m’a dit : « Ecoute, je voudrais jouer dans ton groupe, car ma femme y est déjà et il y a aussi mon frère.. en effet l’autre trompettiste et moi sommes comme des frères ou quelque chose comme ça..je voudrais rester ici ».


LR : Et maintenant les trompettes sonnent bien et fort.

AB : Effectivement



LR : Je suis heureux de voir que nous avons les mêmes amitiés. La Caro Band ont été mes premiers amis à Cuba.


AB: Eh bien, Marta et Blas sont mes amis depuis l’école. Ca fait 30 ans que nous nous connaissons.


LR : Et tu t’entends bien avec Pupy, une personne que nous aimons vraiment beaucoup.

AB : C’est clair. C’est mon frère.


LR: Tu as aussi travaillé avec Jeni, Jeni Valdez, que tu connais bien aussi..


AB : Jeni et moi sommes des amis. Elle a enregistré dans mon dernier disque qui s’appelle ‘Por favor escúchame’.




Dans mon dernier disque ont enregistré le trombonne, Hugo Morejon, le premier Trombonne de Los Van Van et aux chœurs ont chanté Jorge Leliebre (flutiste et choriste de Los Van Van), Jeni Valdez et Mayito Rivera avec moi. Et Pupy a enregistré un morceau . ainsi j’ai une bonne relation avec de nombreux musiciens qui me sont proches.


LR : Quels sont tes projets pour l’avenir ¿ Aujourd’hui la majorité des morceaux provenaient de tes 2 derniers disques. La première chanson est nouvelle ?

AB : Non, le premier morceau provient du deuxième disque. Ce qui se passe c’est qu’il fut enregistré dans le disque “Circunstancias”. C’est le pire disque que j’ai fait dans ma vie.


LR : Le pire ! pourquoi ?


AB : Parce que... Tu vois… ce disque a une caractéristique… J’avais déjà fait le premier disque “Para decir lo que siento” qui s’est ensuite tres bien vendu en dehors de Cuba. A Cuba, cela plaisait à certains mais les gens me critiquaient parce que c’est une Salsa douce si bien que dans le deuxieme disque “Circunstancias” j’ai voulu essayer une Salsa plus dure et ce qui en a résulté fut une horreur avec laquelle je ne suis pas satisfait et c’est le seul disque dont je ne parle pas si on ne me pose pas la question.



Ce morceau vient de ce disque. J’ai un plan parce que ce disque “Circunstancias” contient de très bons morceaux mal produits et mal arrangé… J’ai le projet de réformer ces morceaux en les insérant dans mes prochains disques… Dans le prochain disque il y aura certains des ces morceaux.


LR: Donc après celui-la, il y'aura un nouveau disque ?


AB : Mon label discographique m’a dit qu’ils m’appelleront à partir du mois de Juin pour nous mettre en contact pour faire quelque chose avec ce disque. Ainsi donc nous avons un disque en préparation dans lequel il y aura un duo avec Alain Daniel, le gars de Bamboleo, nous allons donc l’inviter d’autant plus que je l’aime beaucoup sur le plan personnel. Je vais aussi faire un duo avec une grande amie qui s’appelle Miriela Moreno, de ‘Aceituna Sin Huesos’. D’ailleurs elle-même ne le sait pas ! Elle s’en rendra compte seulement en entrant au studio.


LR : Ecoutez moi cette nouvelle ! Qu’elle même ne le sait pas !


AB : C’est une de ses chansons que je vais enregistrer. J’ai déjà fait les arrangements et le morceau est quasiment monté…. Mais si je le monte et que je commence à le jouer, ca va me fermer la porte de l’effet de surprise car elle vient régulièrement à mes concerts. Aujourd’hui il se trouve qu’elle n’est pas venue. Ca sera un disque intéressant car ça sera un disque varié. J’aime bien varier les styles. Personnellement je n’aime pas sentir que ‘c’est Salsa’ ! D’autant plus que même ceux qui génèrent beaucoup d’argent avec la Salsa comme Gilberto Santa Rosa font des disques variés… et Victor Manuelle fait des disques variés, Luis Enrique Mejías (Salsero du Nicaragua) fait des disques variés.. Je ne le fais pas parce que eux le font mais parce que j’aime varier et mélanger les genres.


LR : En effet, tu introduis le Pilon, la Cancion, etc.. Si, entra el Pilón, la Canción


AB : Oui, oui. Il y a un morceau que j’ai dédié à Jennifer Lopez


LR : Ah oui ?


AB : Oui, oui. Je me suis mis à regarder le film “Planeadora de Boda” (NDT : Planes de Boda , The Wedding Planner) et il y a une scène particulière où elle nage avec Matthew McConaughey et l’autre protagoniste … Elle recule et elle regarde la fille, Non, elle regarde Matthew d’une manière qui m’a inspiré cette chanson. Du coup cette chanson sera dans le prochain disque probablement. Si je continue à préparer un disque juste de chansons et non de salsa, alors je la laisserai pour ce disque.


LR : Donc la peinture qu’il y a dans tes mains sur la couverture du disque “Bonne & Bonne Co.”, quand tu la mélanges dans tes mains , cela veut dire ce que tu fais en musique ?




AB : Exactement. Mais tu vois, il y a une chose que les gens ne savent pas c’est que je suis fanatique de Rock, je suis fanatique de Iron Maiden, de Steven Tyler (NDT : chanteur d’Aerosmith) , c’est mon chanteur préféré.

(NDT : ….Angel Bonne entonne alors le refrain d’une chanson d’ Aerosmith….)


Je suis aussi un grand admirateur de Stevie Wonder. J’aime beaucoup sa musique. Je suis très varié. Je suis issu d’une génération qui a grandi en écoutant Earth Wind & Fire, Commodores, Lionel Ritchie, etc. Donc j’ai cet héritage varié en même temps que nous écoutions Los Van Van, Irakere. Nous avons en nous ce mélange de genres ainsi je crois que cela se traduit dans mes chansons.

Au final, tu vois, ce que je veux, comme je vais atteindre mes 45 ans, ce que je veux c’est me réaliser moi-même. Ca m’intéresse de rendre les autres heureux mais sans devoir faire des concessions pour qu’ils soient heureux. Donc ce que je veux faire c’est seulement ce qu’il me plait , ce qu’il me plait avec la musique. Et quand tout se terminera, je pourrai mourir heureux ! (Il rit) Quand la place me sera retiré, quand tout s’arrêtera je m’assiérai à la maison pour profiter de mes enfants !


LR : Tu continues ton chemin ¡ Avec beaucoup de paix dans la tête et dans le coeur! Bon une dernière question… Quel est le message que tu souhaiterais envoyer au public francophone de Fiestacubana.net ?


AB : Que tous les problèmes des français de résolvent (NDT : l’entretien se déroule juste après les grandes grèves étudiantes contre le Contrat Nouvelle Embauche, CNE, du premier ministre Dominique De Villepin). Que les français aient une vie plaisante, agréable, pleine de paix et de Salsa, qu’ils dansent et se divertissent car la vie est unique et elle est très courte. Et si je peux leur apporter un peu de bonheur, c’est avec beaucoup de plaisir !


LR : Voila ¡ Tu sais que tes chansons sont appréciées dans les discothèques ou nous autres DJs officions et nous espérons que un jour nous pourrons partager tes chansons ‘en vivo’ en France ¡
(NDT : Angel Bonne me tend son verre de bière pour trinquer ….)

AB : Ceci n’arrive pas à devenir une faiblesse pour moi mais c’est quelque chose que j’adore, boire de la bière !


LR : Boire de la bière c’est bon ! C’est comme ça que nous partageons tous !


AB : Oui mais c’est un anti-chanteur ¡ Tu savais que les chanteurs ne boivent pas de bière, ils boivent du Rhum pour les cordes vocales. Les gens disent « les chanteurs ne boivent pas de bière » mais moi je ne suis pas un chanteur, je suis un musicien qui chante. De toute manière on va tous mourir.. Je dois boire ma bière et mourir heureux avec ma musique et ma bière ! Merci.


LR : Merci beaucoup !

Discographie :



Angel Bonne y su Grupo :
• Para Decir Lo Que Siento
• Circunstancias
• Esta Es Mi Musica
• Bonne & Bonne Co.
• Por Favor Escúchame


Los Van Van
• Aquí el que baila gana
• Azucar
• Lo Ultimo en Vivo
• Llego Van Van...Van Van is here (Grammy)
• Chapeando


Cesar “Pupy” Pedroso
• Fruta Prohibida - «Será que se acabó» : duo avec Issac Delgado
• Pupy Y Los Que Son Son: Timba - The New Generation Of Latin Music
• Pupy Y Los Que Son Son: De La Timba A Pogolotti - «Parece Mentira» & «Ya tus campanas no suenan»


Ritmo Oriental
• Euforia Cubana - «Los tocadores de Güiro».
• Mucho Más Que Éxitos... Enrique Lazaga Y La Ritmo Oriental - «Mujer» de Agustín Lara


Sur Caribe
• Caminando - «Tu negro está sufriendo»

La Barriada
• Adios La Tristeza


Clave Y Guaguancó
• La Rumba Que No Termina - «La rumba de la corbata»


Martin Richard Lehner "El Zorro"
• Volando


Fidel Morales
• Salsa Son Timba: Fidel Morales & Proyecto Nega


Augusto Enríquez
Homenaje a Benny Moré - «Deja que suba la marea» duo avec Angel Bonne et Augusto Enríquez .

Todos Estrellas – EGREM
• Yo Si Como Candela - «Esas no son cubanas» de Ignacio Piñeiro


Various Artists
• !Gracias Formell! - «La Habana Joven»
• Cuba en Navidad - «Noche de paz» en versión de Guaguancó
• recopilaciones de Música Cubana para ARTEX y EGREM
• Cuba Forever - «La Habana no aguanta más» de Juan Formell & «El rico pilón» de Pacho Alonso
• Cubamanía - «Lo tuyo es llegar» y «Pura Vestimenta» d'Angel Bonne.
• 200% Salsa - «Pepe Cabecita» de Enrique Bonne avec son groupe

Eugenio Acosta
• De allá para acá - «Para que volver» (Tite Curet Alonso ,Cheo Feliciano).


Enregistrements exceptionnels :
• «Acuérdate de Abril» de Amaury Pérez, en célébration du 4 Avril 1996.
• un morceau de Adalberto Alvarez en célébration du 28 Juillet.


Angel Bonne a aussi participé à l'enregistrement de nombreux disques comme instrumentiste :
2 LD de l'auteur, compositeur interprète cubain Amaury Pérez: “Estaciones de vidrio” y “De vuelta”, solos de saxophone et de clarinette.
LD de Edesio Alejandro, solo de saxophone.
CD de Richard Egües, solo de saxophone.
LD de Annia Linares, solo de saxophone.
CD de Laronte, solo de saxophone.
CD de Evelín García, solo de saxophone.
DD de Augusto Enrique, solo de saxophone.
CD de María Antonieta, solo de saxophone.
CD de Grupo Galaxia, solo de saxophone.