De retour de Cuba(disco) avec La Revé…”no debo explicarte nada !”

Écrit par Leonel le . Publié dans Biographies

Notre ami et partenaire Claudion revient de Cuba avec des nouvelles fraiches de CUBADISCO 2012 et surtout des nouveautés que nous préparent Elito Revé y su Charangon, l’un des orchestres cubains préférés des français ! Il reste marqué par la nouvelle chanson interprétée par SUSEL la China de la Revé « No debo explicarte nada »…

Mais laissons le soin de nous raconter tout ca à Claudion, qui rappelons-le est le représentant de Elito Reve y su Charangon en Europe et surtout un immense connaisseur de la Musique Cubaine depuis 2 décennies.
Quand vient le mois de Mai, je me laisse emporter par la nostalgie de Cuba et je monte Dans le premier avion pour cette terre si belle, la terre de mes amours, ou naquirent Benny More, Pablo Milanes et d’autres grands Trovadores, Dans ce Caïman Vert, source de tant de sensations !

Bien que cela fasse déjà plus de 20 ans que je la visite régulièrement, Cuba m’offre à chaque fois un meilleur visage, ou plutôt le visage que je lui cherche, celui souriant de sa musique. Cette fois-ci, l’occasion propice fut celle du marché CUBADISCO et des mes réunions habituelles à La Havane avec Elito Revé du fait de notre collaboration artistique depuis déjà 5 ans déjà et qui n’est un secret pour personne, et encore moins pour www.fiestacubana.net.

De CUBADISCO, nous connaissons déjà les vainqueurs des principaux prix, bien mérités par ces grand musiciens, interprètes et directeurs d’orchestres de premier plan à Cuba.

J’étais présent lors de la cérémonie de remise des Prix et de cet événement je ne peux que me lamenter de la faible audience du public, certainement due à une promotion inadéquate.

Toutefois j’ai pu assister à des concerts extrêmement passionnants parmi lesquels j’en retiendrais deux.
Le premier fut organisé en l’honneur de la visite du fils d’Oscar D’Léon à La Havane ou furent invités de nombreux musiciens et chanteurs pour une Descarga mémorable.

Ce fut une jubilation inespérée de voir le fils du plus grand chanteur qu’ai donné le monde de la Salsa, partager la scène avec Lazarito Valdes, el Nene, El Indio, Felix Baloy et même un vieux choriste de Benny Moré, tous accompagnés par Lazarito Valdes, comme si cela ne suffisait pas.
Ce partage du fils d’Oscar D’Léon avec les meilleurs Soneros de Cuba, dans une embrassade idéale entre Salsa et Son, rendant même hommage à ceux qui avait monté le chapiteau, fut beau et émouvant.

L’autre concert remarquable fut celui de Manolito Simonet y su Trabuco qui reçurent comme invité spécial Dominic Miller, le guitariste de Sting depuis 25 ans. On connaissait déjà le génie musical de Manolito mais ce fut une prouesse novatrice de fusionner avec excellence les deux langages si forts que sont la Musique Cubaine et le Rock.

Ce fut d’autant plus émouvant d’entendre de la bouche d’un musicien aussi expérimenté que Dominic Miller qu’il n’y a rien de comparable à la Musique Cubaine et qu’elle est la meilleure école pour un musicien !

Du coté d’Elito Revé il y a pas mal de nouveautés. Nous avons appris le départ de Jorge Luis Vila au Tres puis celui d’Ulises Benavides, « el Caramelo de Zamorana », au trombone qui ont été remplacés respectivement par Renésito, de Santiago de Cuba, et Yosniel.

Elito nous a confirmé que son prochain album sera un coffret de 2 CDs avec de nouveaux morceaux et des morceaux d’anthologie réarrangés. Ce coffret s’appellera «La Aplanadora de Cuba».

Elito a parlé de sa participation au Festival de Changüi de Guantanamo à la fin Mai, auquel je n’ai pas pu participer, où La Revé a joué avec Los Van Van. Un tel ‘mano a mano’ se reproduira a La Havane au Morro Cabaña.

La tournée d’été du Charangon est imminente : elle commencera le 14 Juin et se conclura le 23 Juillet après avoir parcouru 8 pays d’Europe et joué dans de nombreux festivals.



J’ai pu assister aux répétitions à La Tropical et écouter certains des nouveaux morceaux qu’Elito étrennera lors de sa prochaine tournée. Un morceau a particulièrement attiré mon attention pour le renouveau de la thématique abordée par la Revé mais aussi par la prestation de son interprète.

Il s’agit du morceau “ No debo explicarte nada “ (« Je n’ai rien à t’expliquer »), une belle chanson composée par le pianiste Pachi Naranjo, interprétée par Susel.

Comme chacun sait, ce sont les femmes qui savent le plus des choses de l’amour et de ce fait j’ai trouvé très pertinente la décision de la faire chanter par Susel. De plus c’est une chose tout a fait naturelle de profiter de cette belle voix féminine pour lui construire un répertoire a la fois adapté et surprenant car peu d’entre nous n’espérions voir Susel chanter des Guarachas à double-sens ou des morceaux chargés de l’effronterie typique des quartiers populaires.

Tout ca pour dire qu’il s’agit d’une dame: Susel ne fait que chanter la fin d’un amour au travers de la vue émouvante de son cœur. Il s’agit d’une confession en public qui relate l’évolution des sentiments et de la douleur à la fin d’un amour qui se dilue en la conscience que tout se dépasse et en l’affirmation orgueilleuse qu’au final de ce processus, « No tengo que explicarte nada », « je n’ai rien à t’expliquer ».

J’avoue que ce morceau m’a ému en trouvant dans ses paroles la sincérité d’une femme qui cherche en elle-même les raisons pour dépasser la douleur et non la subir. La narration rappelle celle de « Despues de Todo » (NDLR : thème de Los Van Van chanté par Yeni Valdes). Une chronique psychologique à la fois bien conçue et crédible dans la bouche d’une femme.

La thématique de cette nouvelle chanson de la Revé et son interprétation féminine m’a faite penser à « Despues de todo » , ce succès dans lequel Yeni Valdes chantait « Que el amor que te ténia era lindo y verdadero pero se acabò mi cielo » (« Que l’amour qu’elle éprouvait était beau et sincère mais que le ciel est tombé ») et ou elle invitait son partenaire a “ seguir su camino porquè vivir feliz no està prohibido” (« continuer son propre chemin car vivre heureux n’est pas interdit »).

Dans ses deux chansons on retrouve à la fois la même douceur et la même force que l’on connaît des femmes cubaines, mais comme le thème de l’amour est universel, nul ne doute que les femmes qui écouteront cette chanson y trouveront cette vérité des sentiments qui bouleversent.

Il est clair qu’il ne s’agit nullement ici d’un Boléro ou d’une chanson de la Trova, et pour libérer les sentiments du sentimentalisme on retrouve les sonorités de la Revé si bien que nous savons parfaitement à quoi nous attendre !

J’ai pu écouter cette musique que la Orquesta Revé étrennera d’ici quelques jours lors de ses concerts européens et je peux vous garantir qu’elle a la force et le gout que nous connaissons de cet orchestre légendaire. Elito semble nous dire: “Està bien el amor, todo lindo pero hay que ponerle un rico Tumbao, el sonido grueso de los trombones y los coros con la voz de vieja y sobretodo una cadencia bien bailable ....de que estamos hablando ¿”
“C’est bien l’amour, c’est beau mais il faut y ajouter un Tumbao bien agréable, la grosse sonorité des trombones, les cœurs avec la voix de petite vieille et par-dessus tout une cadence très dansante… Mais de quoi parle-t-on ? »

Elito m’a demandé de ne pas diffuser ce morceau en avance car il souhaite le dévoiler lors des concerts de cet été. De ce fait, pour vous approcher au plus près de cette chanson, il ne me reste plus que de vous en offrir les paroles en vous laissant imaginer la musique ! Profitez-en !


NO DEBO EXPLICARTE NADA

Puedo comenzar de nuevo , puedo resistir
Soy mujer de andar seguro y de no caer
Tengo la mirada puesta sobre el corazon
Y sé la herida del amor donde ya no llegaras

Dejame volver de nuevo , dejame sentir
Que puedo quedarme sola y sobrevivir
Que el tiempo no pasa invano
Para una dama y aunque venga exigiendo
No debo explicarte nada

Coro : Siempre sola …..
No aguanto mas corazon , encuentra una solucion
O esto se acaba !

Coro 2 : Acuerdate que yo llego primera
No debo explicarte nada

Coro : Acuerdate….