Le Géant ALEXANDER ABREU un musicien complet et généreux destiné au succès

Écrit par Leonel le . Publié dans Biographies

Alexander Abreu est probablement l’artiste cubain le plus populaire au sein du public français depuis ces 3 dernières années. Grâce à son talent exceptionnel mais aussi à son immense générosité il a su conquérir le cœur des salseros et a fait l’unanimité Il gagne avec son orchestre de stars HABANA D’PRIMERA le prix ‘Opera Prima’ au festival Cubadisco 2010 pour l’excellent CD « Haciendo Historia » mais surtout il rafle tous les prix des FIESTACUBANA AWARDS comme Révélation de l’année en 2008, puis comme Meilleur CD, Meilleur Chanson, Meilleur Chanteur, Meilleur Concert de l’Année en 2009.
Les superlatifs ne manquent pas pour qualifier cet artiste et cette personnalité surprenante qui est apparue comme une étoile filante au grand public en seulement 3 ans. Pourtant, si Alexander se donne beaucoup, le connaît-on vraiment ?

 

Pour ceux qui suivent depuis longtemps la scène musicale de Cuba, son succès n’a rien d’une surprise car Alexander (comme on l’appelle simplement) enflamme les scènes de la Timba depuis 1994 avec d’abord Manolin et surtout Paulito FG y su Elite !
Mais on ne l’attendait pas comme l’un des chanteurs les plus appréciés du public.

 

Alexander Abreu apparaît en quelque sorte comme une réincarnation de Louis Armstrong, trompettiste génial dont la voix, les paroles poétiques, l’interprétation et le génie musical on charmé tous les publics, entre Son Traditionnel Cubain, Latin-Jazz et Timba.

C’est en France, grâce aux DJs Européens et au Festival Aqui Cuba, qu’Alexander Abreu explose auprès du public avec la chanson mythique « Mi Musica » qu’il interprète avec GRUPO DANSON.
Mais c’est un concours de circonstances qui le pousse à lancer son propre groupe En 2006 Issac Delgado émigre en Floride et laisse derrière lui un orchestre de tout premier plan, composé des meilleurs musiciens de Cuba. Alexander Abreu saisit l’opportunité et regroupe ce collectif d’étoiles de la Timba HABANA D’PRIMERA est né et va continuer à écrire les meilleures pages de l’histoire de la musique cubaine.

Alexander Abreu a bien voulu passer le temps nécessaire lors d’un entretien exclusif avec FiestaCubana.net pour revenir sur son parcours, sa carrière et pour partager sa vision de la musique cubaine.

Interview réalisée en 8 parties par Leonel « El Farandulero Mayor » a La Havane le 10 Mai 2010 :

  1. Partie 1 Les Origines d’Alexander Abreu

    Partie 2 : Les premiers pas d’Alexander Abreu au coeur de la genèse de la Timba

    Partie 3 : La Musique d'Alexander Abreu et ses collaborations

    Partie 4 : Les Maitres et la Vision de la Musique d'Alexander

    Partie 5 : Alexander avec MAMBORAMA puis GRUPO DANSON

    Partie 6 : La Naissance de HABANA D’PRIMERA

    Partie 7 : Les ingrédients de la Musique de Habana D’Primera et les interprètes ce collectif

    Partie 8 : Les projets de Habana D’Primera et les messages d’Alexander !

  2. Partie 1 Les Origines d’Alexander Abreu

    publiée le 25 Juin 2011


    Leonel : Bonsoir, Nous somme ici chez ce maitre de la Musique Cubaine, le grand Alexander Abreu, directeur, compositeur, arrangeur, trompettiste et chanteur de ce groupe exceptionnel Habana D’Primera ! Comment ca va

    Alexander : Ca va ! Il fait chaud et on bosse !

    Leonel : Vous revenez récemment d’une tournée en Europe et en ce moment c’est Cubadisco. Aujourd’hui même nous avons appris que vous avez gagné le prix « Opera Primo » de Cubadisco. C’est un prix important et nous te félicitons pour ce prix mais aussi pour les 4 Prix de Fiestacubana.net, Meilleur CD, Meilleur Chanteur, Meilleur Chanson, Meilleur Concert de l’Année..

    Alexander : En France

    Leonel : En France et en Italie avec TimbaSocialClub.net ! Félicitations et nous espérons que tu vas continuer comme ca, convaincant les salseros que vous êtes les meilleurs !

    Alexander : Juste nous essayons de faire de la bonne musique !

    Leonel : Merci de nous recevoir chez toi. J’aimerais passer un moment avec toi afin que les Salseros te connaissent mieux. Qu’ils sachent d’où tu viens, ce que tu as accompli lors de ta carrière, quel est ton projet et où il se dirige. Ma première question est la suivante comme tu t’appelles Alexander Abreu je me demande si tu as une relation familiale avec Los Papines.




    Alexander
    : Non ! Pas du tout ! Je viens d’autre part. Mon grand-père dit que le nom Abreu vient de la famille d’une maitresse d’esclaves qui a donne son patronyme a tous les noirs qui lui étaient assujettis. Si bien qu’au final il y a une relation par ce biais.
    Et même si ce n’est pas le même sang qui coule dans nos veines, Los Papines sont de très bons musiciens et ce sont aussi des Abreu. (Alexander salue Los Papines).

    Leonel : Mais tu n’as pas enregistré sue le disque de Sello L.A. (les neveux de Los Papines) « Tranquilo Sin Lio »
    Alexander : Si ! Oui j’ai enregistre ce disque…

    Leonel : Du coup tu as quand même un petit lien avec Los Papines, ou du moins leur enfants ou neveus.

    Alexander : Surtout qu’il s’appelle aussi Alexander Abreu (Alexander Abreu Chantes bassiste et Directeur de Sello L.A.)

    Leonel : C’est pour ca qu’il peut y avoir une confusion.

    Leonel : Tu es de La Havane ou d’une autre province

    Alexander : Je suis de Cienfuegos, du quartier de Pueblo Griffo, un quartier d’une ville très belle. J’ai commencé à étudier la musique depuis l’âge de 5 ans. Mon grand-pere jouait de la guitare et mon oncle, ma mere etqient tous de musiciens, pas des musiciens de formation académiques mais plutôt autodidactes avec beaucoup d’inspiration. Ils m’ont inculques beaucoup de choses, ils m’on appris la guitare… En fait j’ai d’abord fait du sport, j’ai été sportif. A laquelle ou je pratiquais le sport, à la fin de l’année ils m’ont offert une flute. Une petite flute comme ca, et avec ca, du haut des mes 8 ans, j’ai commencé à faire de la musique.
    Apres ca je suis entré à l’école de musique, au conservatoire Manuel Saumell de Cienfuegos. Je voulais être flutiste, pas la trompettiste. J’avais une flute et je voulais étudier la flute mais comme il n’y avait pas beaucoup de professeurs, j’ai du commencer à étudier le trompette !



    Après quelques années, ma carrière m’a conduit à La Havane pour étudier la flute mais comme je m’étais habitué à la trompette je n’ai pas souhaité l’abandonner.

    J’ai étudié 4 ans à Cienfuegos et après j’ai arrêté la musique pour un moment. Je suis allé à une école normale à la campagne. C’est quand je suis revenu de la campagne que j’ai décidé de passer l’examen d’entrée a L’Ecole Nationale des Arts (Escuela Nacional de Arte).
    Et de là commence une nouvelle vie.
    Mais il y a un doute que j’aimerais clarifier parce qu’il y a beaucoup de gens qui se demandent pourquoi Alexander chante si c’est en fait un trompettiste, mais en fait, et peu de gens le savent, et même si je n’ai pas d’enregistrements ce ca, la première chose que j’ai commence à faire est de chanter !
    J’ai d’abord chanté avec mon grand-père, ma mère, etc. A cette époque j’apprenais la musique au conservatoire, pour le cycle de primaire et secondaire.
    Mais la première chose que j’ai faite a été de chanter, un travail au niveau vocal, à Cienfuegos. Du coup j’ai même chanté dans un groupe très connu à Cienfuegos, « ISMAELILLO» . Je suis entré dans ce groupe à un moment ou les fondateurs commençaient à chercher leurs propres voies individuelles.



    NDLR : Pour en savoir plus sur le groupe musical Ismaelillo visitiez leur site :
    http://www.freewebs.com/ismaelillo/index.htm

    Alexander Abreu a aussi participé à cette époque a une groupe vocal sous la direction de Rosa Campos




    Partie 2 : Les premiers pas d’Alexander Abreu au coeur de la genèse de la Timba

    publiée le 27 Juin 2011



    Leonel : En quelle année c’était à peu près ?

    Alexander : on parle des années 1991-1992… J’arrive à La Havane en 1994, j’arrive de Cienfuegos et j’étudie à l’Escuela Nacional de Arte. J’ai eu beaucoup de chance. Au-delà de l’enseignement que j’ai reçu, j’ai eu beaucoup de chance. Je me suis retrouvé à étudier sans travailler et après une semaine un ami est venu me chercher et m’a proposé de l’accompagner à un concert. C’est un ami qui vit actuellement aux USA, il s’appelle ??? S’il regarde cette interview, il verra que tout ce qui suit est la vérité. Il jouait là-bas ce soir la.

    Nous sommes donc allés a La Cecilia ce soir la et le groupe qui jouait était MANOLIN EL MEDICO DE LA SALSA a ses tous débuts, alors que personne ne le connaissait. Il faisait quelque chose de tout nouveau. Il venait avec beaucoup d’énergie et de forces.

    Cette nuit la il pleuvait beaucoup vers Guanabacoa et le trompettiste qui jouait dans le groupe venait justement de Guanabacoa et justement il a eu beaucoup de mal a venir. Du coup ils m’ont demandé si je pouvais faire de travail ce soir la comme trompettiste. J’étais modeste, j’étais encore à l’école mais c’est là qu’Alexander a commence, à la Cecilia en 1994.

    Après ca j’ai beaucoup travaillé de manière occasionnelle avec eux ici et là comme au Palacio de La Salsa… Ils ont enregistré ensuite leur premier CD auquel j’ai participé.


    Le producteur en était José Luis Cortès.

    J’ai commencé à travailler comme ca, j’étais très jeune, j’avais a peine 18 ans. Et El Tosco me dit (Alexander imite la grosse voix de José Luis Cortès) : « Mon petit tu as du potentiel. Tu vas devenir un bon trompettiste »
    Mais bon, c’était difficile, j’étais très jeune il me fallait apprendre encore beaucoup, beaucoup de choses… Trop en fait !
    En fait à ce moment là, le trompettiste de l’orchestre de Paulito F.G. a eu des problèmes de santé qui ont fait qu’il n’a pas pu continuer à travailler. Du coup ils ont demande à José Luis (Cortès) qu’il leur recommande un trompettiste et José Luis m’a recommandé.

    José Luis Cortès c’est une autre personne que je n’oublierai jamais !

    Donc il m’a recommandé et j’ai commencé un travail très difficile dans cet orchestre parce que le niveau de musiciens de Paulito F.G. était très très haut. Tu m’imagines, moi, un jeune trompettiste de 18 ans. Avec la bénédiction de Juan Manuel Cerruto et l’aide du maestro Carmel Andres (aujourd’hui trompettiste de La Charanga Habanera).

    Carmel Andres est mon maitre depuis toujours, je le dis tout le temps et je l’aime vraiment beaucoup.

    Sous la direction de Juan Manuel Cerruto… Ca a été le maitre de ma vie car c’est lui qui m’a appris à être musicien dans tous le sens du mot !

    Donc sous la direction de Juan Manuel Cerruto et avec l’aide de Carmel Andres, ils ont contribué à faire 80% du trompettiste et du musicien que je suis aujourd’hui !




    Leonel : Du coup tu as eu 3 écoles : le conservatoire de Cienfuegos, la ENA et la Elite ?

    Alexander : Absolument ! Figures-toi que ca a été une très bonne école pour moi car maintenant que j’ai un orchestre (Habana D’Primera), celui qui compose et écrit les morceaux, c’est moi ! Celui qui fait tout, c’est moi ! Et toute l’influence vient de là ! Tout vient de ce que j’ai vécu à cette époque :

    je parle de l’énergie de Paulo comme chanteur, de la poésie qu’il utilisait dans ses chansons ca cette époque-la, la maturité musicale de Juan Manuel Cerruto, la relation de Paulito avec le public, ce sont des choses que j’ai reçues !
    Comme tu les dis, ça a été une école et tout vient de là ! Du coup aujourd’hui les choses me sortent plus facilement !




    Leonel : Ce sujet a été le thème de ton hommage à la Timba des années 90 « Resumen de los 90 » ? Le premier morceau de ton CD « Haciendo Historia »

    Alexander : « Resumen de Los 90 » est un hommage à La Musique ! C’est pour cela que le disque allait s’appeler comme ca ! Mais il faut que tout le monde le sache, ce n’est pas moi qui a donné le nom au disque « Haciendo Historia », c’est lui (Alexandre montre Leonel du doigt) !

    Leonel : Non, non ! (« Haciendo Historia ») ces mots sont tes propres mots… C’est une phrase que tu chantais au milieu du morceau. Juste ce que je t’ai dit c’est que tu es (ton projet est) plus grand que un résumé des années 90 ! Ca en est l’essence mais tu es encore plus grand ! Au final tout vient de toi !




    Alexander
    : El « Resumen de Los 90 » est un enregistrement qui nait en hommage à la Musique Cubaine parce qu’elle souffre et qu’elle est faible encore aujourd’hui. Il y a en a qui en incombe la faute au Reggaeton mais ce n’est pas la faute du Reggaeton. La faute en revient à la mentalité de ceux qui ont arrêté de créer. Cette Musique (Cubaine) des années 90 transportait les gens à Cuba et dans le monde entier. Du coup « Resumen de Los 90 » est comme un hommage à cela. J’ai voulu faire renaitre cela, provoquer une renaissance. J’ai fondé un orchestre pour ca…

    Il qui n’est pas le meilleur de Cuba comme le disent beaucoup de gens… Je n’aime pas beaucoup que les gens disent que celui-ci ou celui-là est le meilleur. Je n’aime pas beaucoup qu’on dise que nous avons le meilleur groupe de Cuba car ca nous engage énormément à ne faire aucune erreur. Et nous ne sommes que des êtres humains en ce bas monde. Je préfère que les gens disent que nous avons un orchestre très très bon.

    Mais si un jour, avec de la chance, les gens disent que nous sommes le meilleur orchestre, ce qui me plairait c’est que nous marquions une étape, comme une renaissance de cette musique et qu’elle se mette à revivre pour notre travail.
    Un jour j’en parlais avec Lazaro Valdès (directeur de Bamboleo) et je disais que j’ai fondé mon orchestre pour ca !

    J’ai appelé des musiciens de cette époque et je les ai fait monter sur scène. Leur tâche, au delà de l’aspect économique, même si on s’en sort bien, est principalement musicale.

    Nous faisons cette musique pour que les amateurs l’apprécient comme toi, Jack El Calvo, Timbalero, DJ Melao, Samurai…

    J’apprécie beaucoup tous les gens qui aiment cette musique !

    Faire revivre cette musique est l’objectif que je me suis fixé !


    Partie 3 : La Musique d'Alexander Abreu et ses collaborations

    publiée le 27 Juin 2011




    Leonel : Ta musique s’appelle Timba ? Tu viens cette époque ou a triomphé la Timba aux alentours des années 93 jusqu’en 1999. Mais la musique de ton disque, tu la définis comme Timba, comme Salsa, comme Son ? Par exemple « Despues de Un Beso » empeza como un son.

    Alexander : C'est un Son ! Ce qui se passe c’est que la façon dont nous avons monté ce morceau, on ne joue plus le Son de la même manière comparé à ce qui se passait il y a 50-60 ans dans la Musique Cubaine !



    Mais le patron musical est là, les paramètres sont là, la ligne mélodique, tout a ete invente il y a bien longtemps…

    La Timba, c’est un terme, c’est un mot, un nom qu’on a donné à ce que nous faisons, nous-autre les cubains.

    Si on veut l’appeler ainsi, c’est bien ! Le nom n’est pas mauvais… Mais je crosi que ce que nous faisons c’est de La Musique Cubaine.

    Ce que certains ont dénominé comme la Timba, c’est une musique très agressive, avec des paroles qui parfois ne disent pas grand-chose, si tu me comprends…
    Mais je crois que le Cubain, en tant que tel, porte ca en lui !

    Je ne fais pas ce type de musique de cette manière. J’en apporte l’énergie, j’en apporte la force. Il y a le rythme, il y a Cuba…
    Mais j’apporte aussi la poésie et la malice cubaine pittoresque, la grâce… Du coup je ne peux considérer ma musique comme de la Timba au sens strict.
    C’est de la Musique Cubaine, je vais baptiser ma musique ainsi !

    Leonel : Giraldo Piloto me disait « La Timba c’est Liberté et Cubanité » (Libertad y Cubania). Si on définit la Timba ainsi, je crois que ca s’applique bien à ton travail… Mais cette définition de Giraldo Piloto est très ample.

    On continue avec cette époque des années 90. Tu as travaillé avec Paulito F.G. y su Elite avec lesquels tu as enregistré 3-4 disques…

    Alexander : 4 Disques, non ! J’ai enregistré tous les disques de le Elite jusqu'à aujourd’hui. En fait les 2 premiers je ne les ai pas enregistrés, « Tu No Me Calculas » et « Sofocandote » je crois, car j’étais encore a Cienfuegos. Par contre tous les disques a partir de 1994 je les ai enregistrés. Jusqu’au tout dernier CD qui est sorti.




    Leonel
    : Mais ensuite tu as collaboré avec bien d’autres figures de la Musique Populaire dansante.

    Alexander : Oui ! Apres 7 ans de travail avec Paulito F.G. y su Elite au cours desquels j’ai beaucoup appris, j’ai commencé à travailler en solo. Je suis rentré chez moi et j’ai commencé à étudier et à travailler seul.
    Au final je me suis retrouvé très occupé dans les studios d’enregistrement à partir de l’année 2000.

    Leonel : Tu as enregistré avec Carlos Manuel y El Clan !

    Alexander : En fait j’ai commencé à travailler en studio avec Jose Luis Cortes ! Encore une fois (il m’a mis le pied à l’étrier) ! Sur le disque « De Aqui P’alla » et « De Alla Pa’ Aca ». C’est un enregistrement qu’on a fait il y a longtemps à Cuba, (en réponse a) un disque de Musique Cubaine fait à Puerto-Rico. On a fait un disque a Cuba, dirigé par Jose Luis Cortes, ou on a joue la Musique de Puerto-Rico.




    En fait ca a été a l’origine de « Team Cuba », un groupe de cette époque, que j’ai eu la chance d’intégrer. J’avais à peu près 22 ans.



    Apres Paulito F.G. j’ai beaucoup enregistré. J’ai eu beaucoup de contacts avec les musiciens du milieu, et du coup j’ai commencé à travailler avec de grands artistes comme Issac Delgado, sur le disque de Haila Mompie, Carlos Manuel, Pablo Milanes, etc…
    Je ne sais plus, il y a telle quantité de personnes…

    Mais avec Issac Delgado j’ai aussi fait pas mal de tournées.
    Avec Carlos Manuel j’ai beaucoup travaillé aussi mais avec Issac j’ai fait beaucoup de tournées, particulièrement en Europe. Du coup beaucoup m’ont identifié à son groupe.




    Avec Issac Delgado aussi ça a été une grande école pour moi !
    Pour la discographie très large qu’il a produite, il représente également un patron musical à suivre.


    Leonel : Tu as aussi pris certains éléments de sa manière de chanter, non ?

    Alexander : Il y a des influences d’un peu partout : un peu de Roberton (de Los Van Van), un peu d’Issac, un peu de Paulo FG… Ce sont beaucoup de choses que j’ai combinées pour au final j’arrive a mon propre chant.

    Leonel : Mais ta carrière continue avec beaucoup d’enregistrements en studio. Je le dis comme une plaisanterie mais tu as 2 maisons : ta maison et le studioo 101 de la EGREM.
    Tu n’arretes pas d’enregistrer et pas seulement de la Timba ou de la Musique Populaire Dansante. Tu as enregistré par exemple avec Tete Caturla.

    Alexander : Oui j’ai enregistré avec Tete Caturla.

    J’ai enregistré sur le CD « 30 Años » d’Irakere avec Chucho Valdes, qui a toujours été un Maestro.

    Leonel : Mais tu n’a jamais été un membre de Irakere ?

    Alexander : Je me considère comme un membre d’Irakere. On peut le dire comme ça car à partir du moment où tu fais différentes tournées et que tu enregistre un CD avec un groupe, tu en fais partie.
    J’ai beaucoup travaillé avec ce Maestro et j’y ai fais des choses incroyables. Tous les trompettistes qui ont compté à Cuba sont passés par ce groupe !


    Partie 4 : Les Maitres et la Vision de la Musique d'Alexander

    publiée le 28 Juin 2011


    Leonel : Quels sont tes trompettistes de référence ? Tes préférés ? Ceux qui t’ont influencé ?

    Alexander : Mon trompettiste préféré est mon maestro, Carmel Andres ! C’est vraiment la trompette que j’aime, et avec les années qu’il a et la manière et la force qu’il a de jouer, c’est un patron, un modèle pour la plus grande partie du travail que j’ai fait dans ma vie. Je l’admire.

    A Cuba il y a Elpidio Chappottin, Julio Padron. Dans la génération plus récente il y a Yasek Manzano, et les plus jeunes qui sortent actuellement.
    Monsieur Arturo Sandoval, la meilleure trompette du monde. Je le dit comme ça car au vu des dispositions de ce monsieur pour cet instrument, il me semble qu’il faut être né comme ça ! Il n’y a aucune comparaison. Il y a beaucoup de trompettistes qui ont du talent mais comme lui…

    Voila ce qui me vient et qui me donne de la force, ce que j’ai en tête pour ensuite le projeter.

    Leonel : Mais tu travailles aussi beaucoup le Jazz ? En plus de Habana D’Primera, tu as une formation de Jazz. Quand as-tu commencé à jouer du Jazz ?

    Alexander : Comment t’expliquer ? La Jazz, le Jazz. Le Jazz en tant que tel, comme toute musique improvisée, est le nom qu’on a donné à un genre musical où tout est libre, où on crée, on improvise, et on évolue à partir de ce qu’on analyse. Ca s’est beaucoup développé.
    Je ne me considère pas comme un Jazzman, même si j’ai beaucoup joué de Jazz.

    Dans l’orchestre de Chucho Valdès j’ai eu l’occasion de le faire.
    Je l’ai fait comme soliste. A Copenhague au Danemark aussi j’ai beaucoup joué de Jazz car on peut en vivre là-bas. Du coup pas mal de gens en font.

    Voilà à peu prés le parcours d’Alexander dans le Jazz.

    Les disques que j ai fait ont aussi été merveilleux.
    J’ai enregistré le disque « A Puerto Padre » de Juan Manuel Ceruto en hommage à Emiliano Salvador.



    Ce sont des choses comme ca qui ont marqué ma vie, que j’ai faites.

    Mais au final je ne me considère pas comme un Jazzman.
    Moi j’appartiens plutôt à la Musique Cubaine, au Son, à la Rumba. C’est ce qui circule dans mes veines. C’est ca que je suis capable de faire naturellement, avec toute ma force !

    Leonel : Et ça tu le tiens de Cienfuegos ! Tes racines. La terre de Benny Moré. Quels sont tes liens avec Benny Moré ? C’est un personnage très important pour toi ?

    Alexander : Figure-toi que le deuxième nom de ma mère est Moré ! Il y a peu de gens qui le savent ! Il y a une parenté. Il ya une parenté lointaine mais il y en a une ! Les prémisses sont peut-être là.

    Leonel : Tu nous a dit que tu avais appris a jouer de la guitare a Cienfuegos. Tu jouais aussi le Tres ?

    Alexander : Oui. C’est ce que j’ai appris avant la trompette.

    Leonel : Et dans Grupo Danson, c’est toi qui joue du Tres en partie ?

    Alexander : Non. Dans ce disque c’est le bassiste du groupe qui a enregistré le Tres. J’ai écrit le Tumbao et il a peut-être fallu que je lui montre au Tres comment on devait le jouer. Mais bon... A chacun son instrument. Je préférais que ca sonne vraiment et donc cela n’a pas été moi qui ai enregistré.

    Leonel : Mais la tradition de là-bas a Cienfuegos était plutôt Sonera ou Rumbera ? Dans quelle ambiance baignais-tu ?

    Alexander : il y avait surtout du Son, de la Guaracha, ces choses la. Je jouais dans un conjunto campesino. On faisait surtout de la Musique Campesina

    (NDLR : la musique ‘campesina’ est la musique traditionnelle cubaine de la campagne, celle des Guateques, essentiellement du Son, de la Guarachas, Guajira mais aussi le Punto Cubano, la decima, la tonadas, etc.)

    La Rumba est venue après, et je l’ai incorporé au fur et à mesure de ce que j’ai commencé à étudier.

    (NDLR : Alexander Abreu a participé au disque La Rumba Soy Yo et à ce titre il a recu un Latin Grammy Award)




    La Salsa, la Timba si on veut l’appeler ainsi, ou plutôt la Musique Cubaine actuelle, c’est ce qu’on joue depuis cette époque.

    Partie 5 : Alexander avec MAMBORAMA puis GRUPO DANSON



    MAMBORAMA

    Leonel : Parlons maintenant de ta carrière en dehors de Cuba. Tu as enregistré sur le disque de Willie de Cuba



    Mais surtout tu as enregistré avec un très bon orchestre, qui a sorti 3 disques mais avec lequel tu as enregistré 2 CDs avec l’orchestre de Bill Wolfer, MAMBORAMA.



    C’est grâce à Bill Wolfer que nous nous sommes connus (lors de la tournée de Maborama en Italie en Février 2005). A cette époque certains critiques disaient que Mamborama était « Le Trabuco prêté » mais tu en étais une figure additionnelle à la trompette.
    Que peux-tu nous dire de ta collaboration avec Bill Wolfer et de la tournée avec Mamborama.

    Alexander : Figures-toi que Mamborama a été pour moi une totale surprise. Parce que nous autres les musiciens cubains, nous avons cette mauvaise habitude, considérons que tous ceux qui font de la Musique Cubaine et qui ne sont pas cubains, tous les musiciens étrangers qui ne sont pas connus à Cuba ou qui n’y bénéficient pas de la diffusion adéquate, n’arrivent pas à bien la faire, ca ne fonctionne pas.

    Mais quand j’ai enregistré le disque, je n’imaginais pas que nous allions avoir l’impact que nous avons eu. Les concerts de Mamborama furent incroyables. Tous ces italiens (parfois des milliers) dansant sur notre musique, incroyable !



    Par contre cela n’avait rien à voir avec « Le Trabuco prêté » ! C’est vrai que c’était des musiciens du Trabuco (de Manolito Simonet) mais ce sont des musiciens normaux qui ont fait la tournée avec des morceaux d’El Indio (Sixto Llorente) mais les arrangements sont totalement différents, ca ne sonnait pas du tout pareil avec d’autres influences.

    Mamborama a son style, sa marque.

    J’en profite pour féliciter Bill Wolfer pour cet accomplissement. Ce disque est merveilleux (CD « Directamente Al Mambo »)

    GRUPO DANSON

    C’est vrai qu’en terminant cette tournée avec Mamborama, je suis allé à Copenhague pour la première fois. Je devais y faire une chose.
    Il y avait un événement dans une école de Musique où viennent beaucoup de professeurs du monde entier pour donner des cours et partager leurs expériences. Les Brésiliens avec leur Samba, les Américains, tout le monde pour faire un événement mondial très intéressant. Je l’avais déjà fait 2 ans auparavant et ils m’ont invité à nouveau.

    Du coup j’ai profité de la tournée avec Bill Wolfer pour aller au Danemark donner des cours là-bas. Il y avait aussi Carlos Perez, un compagnon de la Elite de Paulo FG, un bon ami. Il vivait au Danemark depuis un moment avec son Grupo Danson dans lequel il faisait un travail remarquable de Musique Traditionnelle.

    Quant à moi je suis rentré à Cuba mais apres quelques mois je me suis rendu compte qu’il n’y avait pas d’enregistrements, il ne se passait rien, si bien qu’on arrivait à peine à vivre de son travail. J’ai appelé Carlos et je lui demandé de me sortir de là, de m’aider à trouver quelque chose. Je ne savais plus quoi faire. Et Carlos a fait toutes les démarches pour me faire venir au Danemark.

    Je suis allé avec eux faire une tournée de 6 concerts au Danemark pour jouer la Musique Traditionnelle comme il y a à Cuba. Puis il me dit qu’il veut faire un disque.
    Mais on n’allait pas faire un autre disque avec « Cuarto de Tula », avec « Chan Chan », ni des choses comme ca. On avait de la musique traditionnelle mais on s’est dit qu’on allait chercher de la Musique.

    Là j’ai commencé à écrire ! J’ai commencé à écrire les arrangements de chansons sur ce disque que j’avais composées à l’âge de 16 ans. « Solo Para ti » par exemple est une chanson que j’ai faire quand j’avais 14-15 ans. « Mi Musica » est une chanson que j’ai composée à 18 ans. Ce sont de très vieux morceaux. J’ai beaucoup de morceaux comme ca de cette époque ! Tu vas voir, quand on parlera du prochain disque…
    Donc j’ai commencé à écrire. Et beaucoup de gens pensent que je n’arriverais rien à faire avec ce disque de Grupo Danson.




    Mais avec « Mi Musica », ma première surprise fut à Copenhague, lorsqu’ils ont organisé des Music Awards et cette année là « Mi Musica » a gagné le prix de la meilleur chanson.
    Ca m’a beaucoup touché car à Copenhague on ne parle pas espagnol, ou très peu. Ce qui m’a captivé c’est leur passion et leur manière de transmettre.

    J’ai réenregistré ce morceau avec Habana D’Primera mais ma version préférée reste celle du disque de Grupo Danson parce que ce fut la première et qu’au moment de l’enregistrement tout s’est passé comme ca, en une seule prise, sans aucune retouche, sans nettoyage ou polissage.




    Cette version a été enregistrée au Danemark avec des musiciens Danois. J’en profite pour les saluer et leur transmettre mes respects, le conguero Peter, la tromboniste Mia , Rune le pianiste, excellent !
    Ce sont des musiciens danois qui ont à peine commencé à jouer de la Musique Cubaine écrite, que j’ai dû leur écrire, et ils l’ont jouée de manière spectaculaire.
    En plus il y avait de Musiciens Cubains, Yasser le bassiste, Toni (Antonio Moreau) ce black au Timbales, Carlos Perez au Trombone, Jorgito Egües aux percussions mineures.

    Voici le CD, j’en suis le producteur, ma première production, il s’appelle « Mi Musica »




    Ce travail a été très fructifiant. Figures toi que en étant au Danemark tu ne te rends pas compte de pourquoi, mais à part Cuba, c’est l’un des rares pays qui me fascine où je pourrais vivre. Il y a un froid impressionnant mais il y a beaucoup de choses là-bas, de l’amour…

    Mais bon, c’est un pays très froid qui a ses particularités, et les choses ne sont pas comme ici (à Cuba) et nous autres les latinos, …

    Quand tu es là-bas pour travailler, tu ne te rends pas compte de l’ampleur de l’impact généré par ton travail. Je me suis connecté à Internet et je me suis mis à envoyer ce morceau à beaucoup de DJs. Le lendemain j’ai reçu beaucoup de réponses et beaucoup plus après.

    Le véritable impact de ce morceau je l’ai découvert lors de mon premier concert en France, à Rennes, au Festival AQUI CUBA de Olivier alias Livio.
    Ce festival a été une chose exceptionnelle. Ce concert a été le déclic pour moi.

    Je ne me rappelle plus du groupe qu’il y avait avant mais j’ai pris peur car il y avait beaucoup de monde. Et le public était comme tu sais. Tu connais la manière dont les français se comportent en concert

    Les Français sont le meilleur public au monde !

    Leonel : A la bonne heure si c’est toi qui le dis !

    Alexander : Je peux le dire devant beaucoup de monde et qu’ils ne se sentent pas jaloux pour autant, c’est comme ca

    Au moment de monter sur scène avec un orchestre Danois, j’ai eu le trac. A ce moment il y a quelqu'un qui attire mon attention et qui me dit que la seule chose que le public attend c’est la chanson « Mi Musica » !

    Ca m’a interpelé et je me suis demandé si on allait commencer par ce morceau. Mais quand nous sommes monté sur scène et qu’on a entamé ce morceau, ca a été impressionnant, incroyable, une de la premières fois que j’ai vu un public aussi nombreux chanter les paroles du début à la fin.


    Vidéo



    Ca m’a impressionné car comme artiste j’avais vu cela avec Issac Delgado ou Paulo FG, mais je ne m’attendais pas à ce que cette chanson et notre groupe prenne une telle ampleur. Le lendemain tout le monde nous applaudissait encore au déjeuner, et les danseurs nous ont fait part de leurs impressions.

    Apres je suis rentré à Copenhague et ca a été l’un des derniers concerts que j'ai fait avec Grupo Danson car la vie est ainsi, je vis à Cuba et eux vivent là-bas. C’est difficile avec des voyages pendant 3-4 ans entre ces 2 pays.

    Du coup j’ai décidé de retourner vivre à La Havane.

     



    Partie 6 : La Naissance de HABANA D’PRIMERA



    Leonel : Donc tu as décidé de retourner vivre à La Havane

    Alexander : Oui, j’ai décidé de retourner vivre à La Havane.

    Ceci dit, avec Rodney Barretto j’ai eu le privilège de connaître Issac Delgado.
    Mais celui-ci décide de vivre aux USA et il laisse derrière lui beaucoup de très bons musiciens.

    Leonel : tu parles de Toni Rodriguez (piano)

    Alexander : Je parle de Toni Rodriguez, de Rodney Barretto (timbales),

    Leonel : et Amaury Perez (trombone)

    Alexander : Non, Amaury je le connais des studios d’enregistrement, je parle de Jannier Rodriguez (coros et percussions mineures), Enrique (coros)

    Leonel : Enrique était avec Issac Delgado

    Alexander : Oui ! En fait il y avait des musiciens de studios et les musiciens d’Issac Delgado, tous ceux là ont commencé avec moi l’orchestre. Toni a commence après, en fait c’est Rolando Luna au piano qui a débuté avec l’orchestre.
    Rodney m’a dit que si on allait faire mes morceaux il me suivrait.

    On a commencé à convoquer plein de musiciens. Tu n’imagines pas la quantite de musiciens qu’il y avait par là.

    J’ai appelé Rogelio Napoles pour sa trajectoire musicale, en tant que guitariste de Paulo FG…

    Mais au final nous nous somme retrouvés avec beaucoup beaucoup de musiciens.

    Je leur ai dit qu’on allait faire de la Musique de ce genre là… Peut-être qu’il nous faut tous ces musiciens, on va voir ce qu’on va faire… Je ne sais pas ce qu’on va faire mais on va partir ce que qui a déjà été accompli.

    On va enregistrer « Mi Musica », puis « Cuando El Rio suena ». Ce morceau je l’ai enregistre simplement pour suivre la tradition de ce que je faisais, un truc plutôt musical et simple…
    Rends-toi compte que nous n’avions rien, pas d’enregistrements, pas de proposition musicale, rien n’était encore fait.

    Leonel : tu as enregistré dans le CD « Haciendo historia » des morceuax déjà enregistrés avec Grupo Danson comme « Historia Verdadera »

    Alexander : « Historia Verdadera » et « Mi Musica ». Je les ai réenregistrés parce qu’à Cuba ces morceaux de Grupo Danson ne furent pas diffusés, on ne les connaissait pas.

    Du coup si je fais un groupe Cubain, avec des musiciens Cubains, il fallait diffuser ces morceaux qui sont devenus des classiques. Ce n’est pas illogique. Quand tu fais un disque tu ne le fais pas seulement pour l’Europe mais pour le monde entier et aussi pour Cuba.

    Leonel : « Mi Musica » est un tube, un succès incroyable, c’est déjà devenu un classique pour differentes raisons.
    Le tumbao, quand le tumbao commence, il rend les gens fous pour danser le Casino. C’est un tumbao très enivrant.

    Alexander : Ce tumbao est puissant





    Leonel
    : Il y a aussi les paroles qui sont magnifiques. Par exemple tu dis «Mi tumbao es transparente » (Mon tumbao est limpide), je crois que c’est un message pour les danseurs.
    Il y a aussi le coro « Yo Soy Lucumi » qui rend les gens fous. J’ai vu tant de cubains se lever, des blancs, des noirs, tous se lever et entrer en délire et tous s’identifient à cette chanson.

    Alexander : Ce sont les racines, c’est la racine. Ca parle de la ‘Cubania’. « Mi Musica » est un morceau qui traite de beaucoup de choses. Mais avant tout « Mi
    Musica » c’est Ma Musique, c’est ça qui me fait vivre… Le morceau te l’explique.
    « Mi Musica » c’est ça qui te fait vivre, c’est ça qui te rends heureux quand tu es triste, c’est ça qui t’aide au quotidien, c’est ça qui te fait renaître… C’est tout ça que contient ce morceau.
    La force qu’a ce morceau est terrible.

    Leonel : Un jour tu me confiais que ce tumbao etait inspiré de Los Van Van…

    Alexander : Oui, absolument. C’est Pupy ! Pupy ! Figures-toi que la musique de Los Van Van, c’est le modèle pour la Musique à Cuba. Meme si c’est un peu ancien maintenant, c’est le meilleur de ce que l’on ait accompli. Il faut profiter de cet apport et Pupy a un style incomparable pour les danseurs.

    Presque tous mes morceaux ont recu cette influence, avec par exemple dans « Ahora Que Buscas », la ligne de basse est typique de (Juan) Formell.

    Leonel : Dans « Despues De Un Beso », tu t’es inspiré du style Sonero de Polo Montañez ? Ou ce style là ?

    Alexander : « Despues De Un Beso », je suis allé chercher dans le passé, chercher une mélodie suggestive. Cela a à voir avec les mélodies comme les utilisait des gens comme X ou les gens de cette époque, avec des arrangements de trombone comme ca

    J’ai marqué le style en suivant les modèles du Son, dont la saveur se retrouve chez Polo Montañez…









    Mais au final, on le fait à la manière de Habana D’Primera, de manière facile, accessible pour les Cubains mais aussi pour ceux qui ne parlent que peu Espagnol. Du coup en faisant un petit peu de recherche rapide ils peuvent comprendre de quoi ca parle.

    Les morceaux sont inspirés d’histoires qu’on entend, de choses qui m’arrivent personnellement, ou qui arrivent aux autres…

    Leonel : Vous avez des morceaux parfaitement adaptés aux danseurs de Casino comme
    « Ahora que Buscas » ou « Mi Musica » ou même « Despues De Un Beso » qui a gagne le Prix de la Meilleure Chanson De L’Année. Mais vous avez aussi des morceaux qui terminent par des Conga ou qui se rapprochent plus du Merengue, du MereCumbia, etc.

    Alexander : J’ai fait des fusions car ca marche très fort à Cuba. Ce sont des morceaux rapides, on aime beaucoup ca a cuba.

    Mais rappelle-toi qu’en France et en Italie, on terminait les concerts avec « Historia Verdadera » et on faisait une ‘Descarga’ au final, comme une Conga.









    Leonel
    : Oui, c’était très explosif ! Un autre morceau très explosif est « Resumen De Los 90 » qui a un tempo très rapide et qui a une force incroyable.

    Alexander : Ce morceau est une de mes compositions, les paroles sont de moi mais les arrangements sont de Juan Manuel Cerruto. En fait il a fait deux arrangements sur le CD, « Vivencias » et « Resumen De Los 90 ». J’aimerais que tous les morceaux d’Habana D’Primera fonctionne comme ca. Ca marche comme un lien autour duquel on crée, on crée, on crée. Les arrangements sont de Juan Manuel Cerruto et les paroles, les coros sont de moi.

    Leonel : Tu as aussi un morceau plus romantique, plus intimiste : « Confiesale ». Tu fais pleurer les femmes avec ce morceau.

    Alexander : Oui. Oui. Mais c’est aussi la manière de transmettre, d’interpréter, de délivrer le message au public mais le public le reçoit bien.




    Si tu analyse les paroles, là aussi c’est une histoire vraie, ce sont les choses de la vie, au jour le jour et n’importe qui peut s’identifier à cela.

    A suivre...


    Partie 7 : Les ingrédients de la Musique de Habana D’Primera et les interprètes ce collectif





    Partie 8 : Les projets de Habana D’Primera et les messages d’Alexander !