De Fidel à Raul à la présidence de Cuba...

Présentation des nouveaux, anectodes, discussions générales autour de la salsa ou autre, petites annonces,...
EL_GATITO
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Message par EL_GATITO »

Génial DobleF !!

Il y a une partie 2 ?
Miawww
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Message par SalseroLocoVolante »

Merci DobleF pour ces informations ! :smt023
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Message par dobleF »

EL_GATITO a écrit :Génial DobleF !!

Il y a une partie 2 ?
Oui 2/3/4 malheuresement et encore je met pas tout.. :?
Desolé c un peu long mais c pas de ma faute... :lol:

Les conséquences chiffrées du blocus sur Cuba:
Partie 2 : Préjudices pour les secteurs à plus forte retombées sociales : ALIMENTATION

:arrow: De mai 2006 avril 2007, le blocus a occasionné des pertes de plus de 258 millions de dollars au secteur de l’alimentation, non seulement à cause des restrictions et limitations imposés aux importations de réduites d’aliments depuis les USA et les filiales étasuniennes dans des pays tiers, mais essentiellement à cause de ses retombés sur la production d'aliments destinée à la population.
Avec une telle somme, Cuba aurait pu acheter environ 180 000 tonnes de soja, 72000 tonnes d’huile de soja, 300 000 tonnes de mais; et 275 000 tonnes de blé.

:arrow: Compte tenu de sa participation en pourcentage sur le marché restant du rhum Premium, Cuba pourrait vendre environ 1,1 million de caisses aux USA, soit un bénéfice de 47 millions de dollars.
Par ailleurs, la partie cubaine a du dépenser 1 933 000 dollars en frais de justice à cause des procès qu’elle a dûe engager pour tenter de récupérer les droits de propriété industrielle (enregistrement et usage) sur la marque Havana Club qui lui ont été grossièrement volée.

:arrow: Cuba doit importer plus du riz et de grains qu’elle ne devrait si le blocus n’existait pas, car elle pourrait le faire sans retard depuis les Etats-Unis, si bien qu’elle doit disposer de capacité de silotage supérieur à la normale. En 2006, le maintien de ces stocks excédentaires (évalué à 28 829 000 dollars) a été calculé à 5 765 000 dollars, à quoi il faut ajouter les pertes pour environ 189 462 dollars causées par les épidémies des produits stockés si longtemps en climat tropical.

:arrow: Octobre 2006, l’huilerie de Santiago de Cuba a voulu acheter des joints de plaques déchangeurs de chaleur par l’intermediaire de Neruda International Ltd. Une fois le contrat signé, le fabricant allemand Api Schmidt-Bretten GmbH & Co.KG a retiré les marchandises de l’aeroport au motif qu'il est une filiale étasunienne. Neruda a alors tenté, de passer par une société d'ne autre nationalité , mais sans succés, parce que la societé allemande a de nouveau bloquée les envois en vertu des reglementations du blocus. L'huilerie cubaine a due continuer de produire pendant trois mois qui a reduit les rendements et la qualit du produit fini et diminué sa capacit é de production pour environ 264 000 dollars.

:arrow: Dans l’impossibilité d’acheter quarante pompes Wilden et leurs accessoires (fabriqués uniquement aux USA et vendus par des filiales dans le monde) nécessaires à la production de yaourt de soja,les entreprises cubaines ont dû s’adresser à d’autres marques et dépenser environ 711 000 dollars de plus, à raison de 25 p. 100 et de 22 p. 100 de plus respectivement.

:arrow: La société mixte CORACAN, cubano-canadienne, qui produit et vend des préparations instantanées, a vu annuler ses opérations d’ouverture de cartes de crédit par une banque installée dans un pays tiers, en réponse aux réglementations de sa maison-mère étasunienne, qui lui a interdit de se charger de paiements d’embarquements destinés à Cuba, ce qui a enchéri de 80 p. 100 les frais financiers de CORACAN, laquelle a enregistré ensuite des pertes d’environ 49 500 dollars pour le
même problème avec une autre banque
.


Voila..reste la partie sur la santé publique, l'éducation, les transports et..la culture...
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Message par Kiriku »

Merci DobleF ! Ça fait flipper ce blocus !!!! :? :( :(
faites vivre votre passion et la passion vivra
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Message par SalseroLocoVolante »

dobleF a écrit :Oui 2/3/4 malheuresement et encore je met pas tout.. :?
Desolé c un peu long mais c pas de ma faute... :lol:
C'est très intéressant et informatif. :smt045
Ne t'embête pas pour la longueur. :smt018
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Message par SalseroLocoVolante »

Fidel Castro à la télévision pour la première fois depuis cinq mois
AFP - Mercredi 18 Juin 2008 - 8h24


LA HAVANE (AFP) - Le leader cubain Fidel Castro a été montré mardi à la télévision cubaine pour la première fois depuis cinq mois, dans une vidéo aux côtés du président vénézuélien Hugo Chavez et de son frère Raul, chef de l'Etat.

L'ancien président y est apparu toujours amaigri mais en bonne forme, vêtu de son survêtement bleu, blanc et rouge, conversant assis, puis debout, de façon animée dans un jardin, tandis que son secrétaire particulier, Carlos Valenciaga, prenait des notes.

Fidel Castro poursuit sa convalescence depuis 23 mois dans un lieu tenu secret à La Havane.

Aucune image de l'ancien dirigeant cubain n'avait été montrée depuis le 16 janvier, date de sa rencontre avec le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva.

La télévision publique a diffusé ces images sans le son, mais le commentaire a indiqué que la conversation, d'une heure et demi, a porté sur les conséquences de la crise alimentaire mondiale et le développement de projets agricoles communs entre le Venezuela et Cuba, qui a fait de l'augmentation de la production de son agriculture une affaire de "sécurité nationale".

La veille, selon la presse officielle, Fidel Castro s'était déjà entretenu durant trois heures avec Hugo Chavez, notamment sur la crise financière et la situation énergétique mondiale.

Fidel Castro s'est retiré du pouvoir en février dernier, à 81 ans, en invoquant sa santé défaillante après 21 mois d'une difficile convalescence des suites d'une grave hémorragie intestinale en juillet 2006.

Son frère Raul lui a succédé officiellement le 24 février à la tête de l'Etat, tout en laissant à son aîné un rôle important dans les décisions majeures.

L'absence totale d'image du vieux leader cubain depuis janvier ainsi que la récente raréfaction de ses "réflexions" dans la presse officielle avaient provoqué ces dernières semaines un regain de spéculations sur une éventuelle rechute ou une nouvelle opération.

Ni la précédente visite à La Havane d'Hugo Chavez, le 8 mars dernier, ni celle, fin mai, du président bolivien Evo Morales, autre allié de Cuba, n'avait donné lieu à des photos ou vidéos, bien que les deux visiteurs aient assuré l'avoir trouvé l'esprit alerte.

A son arrivée lundi, Hugo Chavez avait déclaré que "Fidel est là, bien vivant, fringant, pensant, écrivant et dictant des lignes stratégiques très importantes pour Cuba et pour notre Amérique. Raul a les rênes en main".

"Avec Cuba, il y aura toujours de nouveaux accords à signer", avait-il ajouté, citant "les entreprises mixtes, l'exploration pétrolière, la production alimentaire, les sciences et technologies, la pharmacie".

Depuis 2000, Cuba est considéré comme "sous perfusion" économique du Venezuela grâce à une aide massive, notamment dans le domaine pétrolier.

Hugo Chavez est reparti mardi soir pour Caracas.
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Message par yanela »

merci pour cette leçon d'histoire!!! continue à m'instruire ainsi! je me régale de tous tes articles concernant le monde...MERCI SLV :P
yanela qui n'entend rien mais qui a le rythme dans sa peau...
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Message par dobleF »

La saga estivale "plus belle la vie avec un blocus ?" continue...
Cette semaine, la santé publique :

Résumé : « Yordanis arrivera t’il à trouver la force d’aller à la pharmacie malgré son divorce et son accident de guagua ? »

8O viewer discretion is advised: 8O

Les conséquences chiffrées du blocus sur Cuba:
Episode 3 : SANTE PUBLIQUE


:arrow: Les pertes subies par le système national de santé à cause du blocus, pour la période sous examen, ont été calculées à plus de 30 millions de dollars. Les institutions sanitaires qui prêtent des soins médicaux gratuits à toute la population, notamment les urgences, les soins aux patients graves, les unités chirurgicales et d’autres services spécialisés aussi bien pour adultes que pour enfants, les soins aux femmes enceintes, n’ont pu disposer de moyens diagnostiques ou de médicaments de dernière génération généralement produits aux USA, ni acheter du matériel jetable, des pièces détachées ou l’équipement nécessaire en provenance des USA. Les actions de promotion sanitaire et de prévention de maladies ont été entravées pour les mêmes raisons. On trouvera ci-après des exemples de ces préjudices :

:arrow: L’Institut d’ophtalmologie Ramón Pando Ferrer n’a pu acheter un appareil d’examen de la rétine vendu par la société Humphreys-Zeiss, ni le Visudyne, un médicament utilisé pour traiter la dégénération maculaire chez les personnes âgées, vendu par la société Novartis, toutes deux à capitaux étasuniens qui n’ont pu les vendre à Cuba faute de l’autorisation du département du Trésor. L’inexistence de cet appareil a causé de sérieuses difficultés pour les examens de rétine des patients et donc des retards dans les décisions thérapeutiques. La dégénération maculaire, non traitée à temps, peut provoquer la
cécité.

:arrow: L’anesthésie chirurgicale des enfants a été entravée par la politique de blocus : ainsi, Cuba ne peut acheter l’agent anesthésique par inhalation Sevoflurane, vendu sous le nom commercial de Sevorane, qui est devenu l’agent d’induction par excellence de l’anesthésie générale des enfants. Le brevet en appartient en exclusivité aux laboratoires étasuniens Abbot qui ne peuvent le vendre à Cuba à cause du blocus. Le système national de santé doit donc recourir à des substituts de moindre qualité, les acheter sur des marchés plus éloignés, ce qui augmente les frets. Soumise aux pressions du département du Trésor, la société étasunienne Saint-Jude a dû interrompre ses ventes de valves prothétiques, qui sont meilleur marché et de meilleure qualité, au Centre de cardiologie pédiatrique William Soler, ce qui a porté préjudice aux enfants atteints d’arythmie et ayant besoin de stimulateurs cardiaques.

:arrow: la société Med Tronic a été contrainte d’arrêter de vendre des stimulateurs cardiaques extérieurs à Cuba, ce qui porte préjudice aux enfants souffrant d’arythmies congénitales ou acquises et en ayant besoin.
Faute d’avoir reçu le visa correspondant, le chef du service d’angiologie de l’hôpital Hermanos Ameijeiras n’a pu faire un stage de chirurgie endovasculaire prévu dans un centre étasunien de transplantologie au prestige reconnu.

:arrow: En novembre 2006, trois médecins cubains n’ont pu assister au congrès de l’Association américaine d’ophtalmologie dont Cuba est membre, qui se tenait à Las Vegas faute de recevoir les visas correspondants.

:arrow: La société finnoise Datex-Ohmeda, qui fabrique d’excellents appareils d’anesthésie et de monitorage polyvalents et avec laquelle Cuba maintenant des liens commerciaux, lui a fait savoir, après avoir été achetée par la société étasunienne General Electric, qu’il était désormais interdit de lui vendre des équipements et des pièces de rechange afin d’éviter d’être accusée par le département de la Justice des USA.

:arrow: L’Institut cubain de nutrition et d’hygiène des aliments a voulu acheter à la société japonaise Shimadzu un spectrophotomètre à infrarouge (FTIR) utilisé en anthropométrie pour mesurer le deutérium dans la composition corporelle, au coût approximatif de 20 000 dollars. Cela fut impossible, parce que cette société suit les réglementations du blocus en vertu desquelles il est interdit de vendre des appareils contenant plus de 10 p. 100 de composants étasuniens, ce qui est le cas du FTIR.

Next épisode la culture....
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Message par pbooj »

Je ne sais pas si on en avait parlé mais L'Union européenne a lèvé ses sanctions contre La Havane

"
LES MINISTRES des affaires étrangères de l'Union européenne (UE) ont levé, jeudi 19 juin, les sanctions diplomatiques adoptées contre le régime cubain à la suite de la vague de répression de 2003. Ces sanctions purement symboliques étaient suspendues depuis 2005. « Le sens commun et l'avenir ont prévalu », estime Miguel Angel Moratinos, le chef de la diplomatie espagnole, qui a plaidé pour la normalisation des relations avec La Havane. « Nous nous sommes mis d'accord pour continuer nos contacts avec l'opposition démocratique », a précisé le ministre tchèque, Karel Schwarzenberg, le plus réticent. A Cuba, la nouvelle a été accueillie avec inquiétude par les opposants.
"
Le 21 Juin 2008 dans LE MONDE
http://dicidense.free.fr/ Listen with your feet, dance on your ears. pee-poo-gee pmove pmueve pbouge pbooj πR
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Message par pbooj »

Un article << dans Le Monde, sur le contexte historique et la situation actuelle à Cuba.
http://dicidense.free.fr/ Listen with your feet, dance on your ears. pee-poo-gee pmove pmueve pbouge pbooj πR
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Message par SalseroLocoVolante »

Merci PBooj pour cet article intéressant... :smt045
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Message par SalseroLocoVolante »

CUBA • Vers la fin de l'isolement ? (Cliquer pour lire l'article plus confortablement... si celui-ci est toujours disponible)
Pagina 12 - 17 déc. 2008 - Nora Veiras

Le retour des Cubains sur la scène régionale annonce de profonds bouleversements.
Reste aux Etats-Unis à faire un pas en direction de La Havane, en levant notamment leur embargo économique.



Revue de Presse


De Costa do Sauipe

"Un moment historique". C'est par ces mots qu'ont débuté (ou conclu) tous les commentaires après l'adhésion de Cuba, le 16 décembre, au Groupe de Rio, l'organisation créée en décembre 1986 pour promouvoir une meilleure coopération entre les pays d'Amérique latine. Tous les chefs d'Etat participant à ce sommet ont évoqué leur solidarité avec Raúl Castro. De son côté, Luiz Inácio Lula, le président du Brésil, a ajouté que la victoire de Barack Obama serait véritablement un événement historique le jour où il "mettra réellement fin à l'embargo qui pèse sur Cuba et qui ne se justifie plus économiquement ni politiquement". Cuba avait été expulsée de l'Organisation des Etats américains (OEA) en 1962 sous la pression des Etats-Unis. La crise des missiles, du 16 au 26 octobre 1962, avait marqué le début d'une politique d'isolement appliquée presque à l'identique par tous les gouvernements américains.

L'adhésion de Cuba au Groupe de Rio n'est pas le seul succès récolté par le président cubain pendant ce quadruple sommet [le MERCOSUR, marché commun sud-américain ; le premier sommet des pays d'Amérique latine et des Caraïbes ; le Groupe de Rio ; et, enfin, l'UNASUR, l'Union des nations sud-américaines]. Les hauts représentants des 33 pays réunis pour le Sommet de l'Amérique latine et des Caraïbes ont aussi officiellement demandé la levée du blocus américain contre Cuba, principale revendication de la diplomatie cubaine.

L'adhésion de Cuba au Groupe de Río et la participation du président Raúl Castro aux sommets régionaux qui ont précédé marquent un changement dans les règles du jeu de la diplomatie latino-américaine. En ouvrant, le 16 décembre, le sommet du MERCOSUR, où Raúl Castro était reçu en tant qu'invité, le président Luiz Inacio Lula da Silva, principal promoteur de la réintégration de Cuba dans les relations régionales, a rappelé "l'importance que revêt sa présence pour nous tous". "C'est la première des nombreuses réunions où nous vous compterons parmi nous", a-t-il insisté. Il a ajouté que c'était la première fois que tous les pays au sud du Rio Bravo se réunissaient "au complet et sans présence extérieure à la région."

Ce marathon de quatre sommets d'une très grande importance au niveau régional constitue la première tournée à l'étranger du président cubain, qui a déjà passé deux ans et demi à la tête de son pays. Mais cela faisait presque huit ans, depuis que Fidel Castro est tombé malade, que Cuba n'était pas présente à ce type de rassemblements, à l'exception de l'ALBA (Alternative bolivarienne des peuples d'Amérique), lancée en 2005 par le Venezuela pour contrer la Zone de libre-échange des Amériques voulue par les Etats-Unis. Y participent la Bolivie, l'Equateur, le Nicaragua et le Honduras. Au niveau international, l'entrée de Cuba au Groupe de Rio représente une victoire de Raúl Castro sur les efforts du gouvernement étasunien pour maintenir l'embargo sur l'île. Ce n'est pas un hasard si Carlos Gutiérrez, le ministre du Commerce du gouvernement de George W. Bush, a déclaré le même jour que les Etats-Unis ne devaient pas lever l'embargo. Ses déclarations ont été prises comme un avertissement par les Latino-Américains réunis au Brésil, mais aussi comme un tir indirect visant le président élu, Barack Obama.
Les journalistes ont demandé à Raúl Castro si Lula avait offert de servir de médiateur avec Obama. "De nombreuses propositions ont été émises en ce sens, a-t-il répondu. Si Obama veut dialoguer, nous parlerons. Sinon, non. C'est tout."
"Au nom d'une nation qui a souffert cinquante ans d'embargo, a déclaré Raúl Castro, je remercie les pays d'Amérique latine et des Caraïbes pour leur ferme soutien […] à la fin de cette violation politique illégale et injuste des droits humains de notre peuple." "Malgré cet embargo vengeur, a-t-il ajouté, Cuba est disposée à partager sa modeste expérience afin de collaborer avec la région, parce que la collaboration, ainsi que la solidarité et l'internationalisme constituent les piliers de nos relations avec le monde." Le président cubain a également exprimé la nécessité de remplacer "un modèle d'intégration fondé sur la ‘mondiocolonisation' par un modèle fondé sur la solidarité".

Les principaux observateurs internationaux estiment que l'entrée de Cuba dans le paysage régional dont elle a été tenue à l'écart pendant tant d'années est le premier signe d'une nouvelle ère. Le consensus autour du rejet de l'embargo constitue l'un des maillons faibles du dispositif mis en place par le département d'Etat américain contre Cuba. En ces moments de crise économique, on peut dire que la stratégie historique des Etats-Unis concernant la région est elle aussi en crise.


Página 12

le journal
Lancé en 1987, Página 12 est le quotidien de gauche le plus important de Buenos Aires. Percutant et bien informé, il prend position pour les droits de l'homme, s'attaque à la corruption et dénonce l'impunité en ressortant les affaires de l'époque des dictatures.
Faisant une grande place à l'actualité culturelle (littérature, cinéma...), Página 12 propose le week-end des suppléments avant-gardistes (diffusion : 92 000 le samedi, 118 000 le dimanche). Célèbre pour ses unes délirantes qui, par des montages astucieux, mettent en scène des hommes politiques, il cherche à toucher essentiellement le jeune public.

le site web
Le site, fondé en 1997, donne théoriquement accès à la majeure partie des papiers de l'édition du jour et permet une recherche dans les éditions antérieures. Son défaut : il est un peu lent.
Modifié en dernier par SalseroLocoVolante le dim. janv. 04, 2009 12:14 am, modifié 2 fois.
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Message par SalseroLocoVolante »

Cuba : Raúl Castro prédit des temps «peut-être encore plus difficiles»
Liberation.fr - 02 Janvier 2009 - Source : AFP


A l'occasion des festivités, sans faste, organisées pour les 50 ans de la Révolution, le chef de l'Etat a tenu un discours très ferme contre l'«ennemi» américain. Son frère Fidel est, lui, toujours invisible.

Le président cubain Raúl Castro a appelé ses compatriotes à continuer de résister à l'"ennemi" américain et les a prévenus que des temps "encore plus difficiles" s'annonçaient, lors des fêtes sans faste du cinquantenaire de la Révolution à Santiago de Cuba (sud-est).

Chef historique de cette Révolution qui a défié sur son île dix présidents américains, Fidel Castro, 82 ans, a été le grand absent de cette cérémonie, se contentant de féliciter le "peuple héroïque" cubain dans un message publié dans la presse.

Le "Comandante" n'a pas fait d'apparition publique depuis une opération chirurgicale en juillet 2006, qui l'a forcé à se retirer du pouvoir au profit de son frère Raúl.

Vêtu de son uniforme militaire, le général Raúl Castro, 77 ans, a tenu un discours très ferme contre l'"ennemi" américain, qui "ne cessera jamais d'être de par sa nature agressif, dominateur et traître", alors que le président élu américain Barack Obama s'apprête le 20 janvier à prendre ses fonctions.

"L'une après l'autre, toutes les administrations américaines ont tenté d'imposer un changement de régime à Cuba, employant une voie ou une autre avec plus ou moins d'agressivité", a-t-il dit devant 3.000 invités réunis au parc Cespedes.

Raúl Castro s'était cependant déclaré prêt le mois dernier à ouvrir un dialogue d'égal à égal, "sans carotte ni bâton", avec Barack Obama, favorable à une détente avec l'île communiste.

"Non, nous ne nous faisons pas d'illusions, quand nous commémorons un demi-siècle de victoires, une réflexion s'impose sur l'avenir, sur les prochains 50 ans, qui seront aussi une lutte permanente", a prévenu Raúl Castro, estimant que les temps seraient "peut-être encore plus difficiles".

Les présidents russe et chinois Dmitri Medvedev et Hu Jintao, ont adressé des messages de félicitations à Raúl Castro, selon la presse cubaine, et les dirigeants Evo Morales (Bolivie), Daniel Ortega (Nicaragua) et Hugo Chavez (Venezuela) ont eux rendu hommage à la Révolution.

"Cela fait 50 ans que le peuple cubain s'est libéré de l'empire américain. Cuba, son peuple et ses dirigeants sont ainsi devenus des symboles de la libération des peuples dans le monde", a estimé le président bolivien.

Au terme d'une guérilla de 25 mois, Fidel Castro avait annoncé le "début de la Révolution", lors d'un discours depuis le balcon de l'hôtel de ville de Santiago, après la fuite à l'étranger du dictateur Fulgencio Batista.

La Révolution cubaine, aussi portée par le légendaire guérillero argentin Ernesto "Che" Guevara (1928-1967), est devenue marxiste en 1961, peu après la tentative d'invasion d'exilés cubains, soutenus par la CIA, de la "Baie des Cochons".

John F. Kennedy a décrété en février 1962 un embargo encore en vigueur mais que Barack Obama a promis d'alléger.

A Washington, un porte-parole de la Maison Blanche a assuré que le message du président sortant George W. Bush était que les "Etats-Unis continueraient à soutenir le peuple cubain dans sa quête de liberté".

"Cela a été 50 ans de lutte et de sacrifice (...). Aujourd'hui, Raúl annonce qu'on doit se serrer la ceinture, quand ce n'est pas une chose, c'est une autre", se plaint Rolando Gonzalez, un Havanais de 68 ans.

Le pays, frappé en 2008 par trois ouragans qui ont causé selon les autorités 10 milliards de dollars (20% du PIB) de dégâts, est toujours officiellement en "période spéciale en temps de paix".

Celle-ci a été décrétée au moment de la chute de l'URSS en 1991, qui a entraîné des pénuries énormes sur l'île et un nouvel exode de milliers de Cubains.

L'île de 11,2 millions d'habitants peut depuis compter sur le soutien du Venezuela d'Hugo Chavez, qui lui fournit 100.000 barils de pétrole par jour, mais les conditions de vie restent très difficiles pour les Cubains dont le salaire moyen est de 20 dollars par mois.

La question des droits et libertés reste par ailleurs un sujet sensible alors que l'île compte, selon les dissidents cubains, 219 "prisonniers politiques".

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Cuba : A 50 ans, la révolution ne fait plus rêver (Cliquer pour lire l'article plus confortablement... si celui-ci est toujours disponible)
El Pais - 31 Décembre 2008 - Mauricio Vicent

Malgré les changements qui se sont opérés dans la société cubaine, le bilan tiré de la politique castriste est mitigé. Seule certitude, celle-ci ne répond plus aux attentes de la jeunesse, qui la fuit.


De La Havane

Tout bilan sur la Cuba de Fidel Castro, s'il est un tant soit peu honnête, est voué à faire grincer les dents de beaucoup. C'est l'une des conséquences visibles de la révolution. Les Cubains et l'opinion publique internationale sont divisés en deux camps irréconciliables : les détracteurs du castrisme et ses défenseurs. Rien ne trouve grâce aux yeux des premiers. Pour eux, même ce qui est généralement qualifié de positif, comme l'universalisation de la santé et de l'éducation, est considéré comme de la propagande pure. Et chez les partisans de Fidel même l'inadmissible est justifié, en invoquant "la survie de la révolution", un argument qui permet de cataloguer la critique la plus innocente comme contre-révolutionnaire. Tous se rejoignent cependant sur un point : la Cuba laissée par Castro, absent de la vie publique depuis juillet 2006, ne ressemble plus beaucoup à celle dont il a pris les rênes le 1er janvier 1959.

Les adversaires du leader communiste utilisent certaines statistiques de l'étape républicaine pour démontrer l'échec du régime. En 1958, Cuba comptait 6 millions d'habitants et c'était le pays d'Amérique latine qui possédait le plus de kilomètres de voies ferrées et d'appareils électroménagers par habitant. Le peso cubain était alors à parité avec le dollar. Aujourd'hui, il vaut vingt fois moins. Il y avait autant de têtes de bétail que d'habitants. Aujourd'hui la proportion est de 1 pour 6. Les journaux à tirage national abondaient. Aujourd'hui il n'y en a que deux, Granma et Juventud Rebelde. Pour les défenseurs de la révolution, ce sont d'autres chiffres qui comptent. Avant 1959, la mortalité infantile était supérieure à 60 pour 1 000. Aujourd'hui elle est de 5,3. L'espérance de vie moyenne n'atteignait pas 58 ans, alors qu'elle est aujourd'hui de 77 ans pour les hommes et de 78 pour les femmes. On trouve aujourd'hui cinq fois plus de médecins par personne. Et sur 11 millions d'habitants près de 1 million sont des universitaires. Guillermo Jiménez est l'un des rares universitaires partisans de la révolution à admettre ouvertement que les chiffres de la consommation avant 1959 étaient excellents. Dans son essai El nivel de vida de los cubanos anterior a la revolución [Le niveau de vie des Cubains avant la révolution], il cite de nombreux chiffres. En 1955, la consommation annuelle de viande de bœuf était de 40 kilos par habitant (ce qui plaçait le pays en troisième position parmi les pays d'Amérique latine, derrière l'Uruguay et l'Argentine). En 1958, 160 000 véhicules circulaient sur les routes de l'île, soit 1 pour 38 habitants (faisant de Cuba le deuxième pays de l'hémisphère dans ce domaine). "Et Cuba était également le deuxième pays d'Amérique latine pour le nombre de postes de radio, et le premier pour celui de téléviseurs et de chaînes de télévision." "Mais il y avait un revers à la médaille, signale Guillermo Jiménez. 40 % de la population était au chômage et 23,6 % des Cubains de moins de 10 ans étaient analphabètes. Les richesses étaient distribuées de façon si inégale que 8 % des propriétaires possédaient plus de 70 % des terres." Les chiffres qu'il avance sont "au-dessus de tout soupçon", car ils ont été communiqués par des institutions du gouvernement du dictateur Fulgencio Batista.

Guillermo Jiménez veut démontrer que, même si certains indices économiques étaient au beau fixe, la nécessité d'une révolution sociale "se justifiait pleinement" en 1958. A cela s'ajoutait la répression politique exercée pendant les dernières années du gouvernement de Batista. Pour l'ancien commandant Eloy Gutiérrez Menoyo, "la révolution cubaine a triomphé parce qu'elle était soutenue par l'immense majorité de la population", y compris par la classe moyenne et la bourgeoisie. "Nous voulions tous la liberté et la justice sociale, mais la révolution a été prise en otage par Fidel et nous l'avons payé beaucoup trop cher", affirme-t-il. Eloy Gutiérrez Menoyo, 74 ans, qui au long de ces cinquante dernières années a été : commandant de la révolution (jusqu'en 1961), prisonnier politique (il a passé vingt-deux ans dans une prison cubaine pour avoir pris les armes contre Castro), leader en exil (depuis 1987) et opposant pacifique et civil (après son retour sur l'île, en 2003), est un des rares Cubains à avoir une telle expérience. Mais son verdict est sévère. "Ça ne valait pas la peine de faire un si grand sacrifice", affirme-t-il. Selon lui, les succès de la révolution "n'en sont pas, en réalité : l'éducation n'est pas libre et sa qualité ne cesse d'empirer. Le système de santé est dans un état lamentable et, en plus, il n'est pas gratuit. Il est payé avec les salaires de misère que nous touchons tous." "Les jeunes veulent quitter le pays" par rejet du système et à cause du frein mis au changement. "Les Etats-Unis sont de plus en plus idéalisés." Le risque est grand de "tout perdre" et de tomber entre les mains "de l'ennemi contre lequel nous luttons", prévient-il.

Alfredo Guevara, ancien camarade d'université de Fidel Castro et membre du "gouvernement parallèle" avec lequel le leader cubain a œuvré dans l'ombre les premières années, a beau être l'une des grandes figures de la révolution, il ne nie pas son côté sombre. Lors de récents débats, il a critiqué la dégradation de l'enseignement et insisté sur la nécessité de "réinventer" le socialisme cubain, en introduisant des changements dans le modèle pour assurer la survie de la révolution. Selon lui, la principale garantie d'avenir de Cuba réside dans la "force formidable" qui s'est constituée pendant ce demi-siècle, dans son million d'universitaires et ses 2 millions de techniciens, principal trésor du pays. Alfredo Guevara comme Jiménez et Menoyo appartiennent à la génération qui a fait la révolution. Mais aujourd'hui ce sont les jeunes qui comptent, les enfants et petits-enfants de cette révolution, comme Eliécer Ávila, l'étudiant en informatique et membre des Jeunesses communistes qui s'est rendu célèbre dans le monde entier en 2007 en interpellant le président du Parlement, Ricardo Alarcón, sur des sujets tels que la liberté de voyager et la participation aux décisions politiques.
Pour beaucoup de Cubains âgés de plus de 70 ans, l'émigration des jeunes est l'un des grands drames du pays et l'un de ses principaux handicaps pour l'avenir. Les ennemis de Castro affirment que les dégâts causés par le castrisme sont trop nombreux. L'économie a été détruite par des années de politiques volontaristes et de subventions insensées. Les droits civils et les libertés ont été restreints, les prisons détiennent plus de 200 prisonniers politiques, et bon nombre des problèmes qui étaient les chevaux de bataille de la révolution, comme le racisme, n'ont pas été résolus. Les défenseurs du "fidélisme" sont pour leur part convaincus que, malgré les erreurs commises, le temps montrera que la révolution a été une avancée historique, un progrès pour le pays, et que, rien que pour cela, l'histoire absoudra Fidel Castro. L'avenir le dira.
maydeline
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Message par maydeline »

Je viens tout juste de découvrir cette rubrique.
Je tiens à en remercier les intervenants pour leurs messages, c'est impressionnant tout ce que je viens d'apprendre en quelques clicks, les exemples précis et chiffrés sont tellement "parlants"!

DobleF, je suis impatiente de découvrir l'épisode "Culture".
Bonne journée à tous!
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