Londres : une Salsa pour deux peuples ?

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Danse

(Diversité des pratiques salseras dans une grande métropole européenne) 

ImageLondres figure aujourd'hui, avec Paris, Madrid ou Barcelone, dans le « top 5 » des grandes capitales salseras européennes. Tout concourt à cet état de fait : la taille de la ville  - la plus peuplée de l'Union européenne -, la vitalité de sa vie nocturne drainant une population nombreuse et solvable, son caractère de métropole multiculturelle abritant entre autres une importante communauté latino, la puissance de son industrie de production musicale, la créativité de son milieu artistique (photo ci-contre : soirée au Bar Rumba)... 

ImageDes confortables nights-clubs « mainstream » de Soho aux petits bars colombiens d'Elephant and Castle et aux fêtes « queer » de Pelucas y Tacones », le milieu salsero de la ville est également caractérisé par la grande diversité de ses publics, qui peut-être ne se croisent pas aussi souvent qu'on pourrait le souhaiter. (photo ci-contre : soirée colombienne dans un restaurant dansant du Southwark). 

En tant que pratique de loisirs, la Salsa tend par ailleurs à se fondre dans une offre de loisirs latinos aux contours élargis, intégrant Bachata, Merengue et Kizomba, tandis que les jeunes, tout particulièrement ceux d'origine sud-Américaine, s'intéressent à des formes d'expression plus récentes, comme le Reggaeton, l'Electro et le Hip Hop.

Après un rapide survol de son histoire, cet article a pour ambition de vous faire découvrir l'état actuel de cette Salsa londonienne, qui vaut bien un petit voyage...

Europe de l'ouest : le plus actif continent salsero du monde ?

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Danse

 

ImageQuel paradoxe ! Les danseurs européens de Salsa sont tous attirés par un « ailleurs » latino teinté de fantasmes exotiques. Dans leur imaginaire, c'est à la Havane ou à Porto-Rico que se trouvent les épicentres de ces rythmes tropicaux, dont seuls quelques échos affaiblis parviendraient jusqu'aux villes du Vieux Continent. Mais savent-ils, quand on examine froidement les chiffres, que c'est aujourd'hui, de très loin, en Europe, que se trouvent le plus grand nombre d'écoles, de lieux de danse nocturne, ou encore de grands festivals internationaux de Salsa ? Savent-ils que c'est vers Paris, Londres, ou Madrid, que viennent le plus massivement converger, via l'immigration d'artistes en provenance de tous les pays du Nouveau monde, les formes stylistiques les plus diverses, permettant aux publics de ces villes de pratiquer, à leur guise, tous les types de danse latines, alors que l'offre n'atteint pas, de très loin, le même degré de variété dans les villes sud-américains elles-mêmes ? 

Quant à la musique vivante, même si l'Europe ne jouit pas en la matière de la même influence que Cuba, la Colombie ou de New-York, on trouve tout de même dans les villes du Vieux continent un grand nombre d'orchestres de grande qualité, depuis Salsa Celtica d'Edimbourg jusqu'à la Maxima 1979 de Milan, en passant par Tromboranga de Barcelone. Bref, si la créativité musicale Salsera et les secrets ultimes de sa maîtrise corporelle restent l'apanage du nouveau monde, c'est par contre l'Europe qui constitue aujourd'hui le plus grand marché des danses afro-latine et la région du monde où elles sont pratiquées à l'échelle la plus large (photo ci-dessus : soirée Salsa au Balajo à Paris).

Amérique latine : une terre naturellement accueillante aux rythmes caribéens

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Danse

ImageSi l'histoire de la Salsa en Amérique latine a emprunté des parcours très divers selon les villes et les pays, on peut aussi discerner en arrière-plan un canevas commun. 

Faire la part de ces éléments de similitude et de diversité, expliquer les particularités de chaque dynamique locale, constitue l'objet de cet article. 

Un exercice auquel je me livrerai en analysant le cas de 5 grandes villes : Cali, Bogota, Medellin, Caracas et Lima.

Les villes américaines, creusets des cultures latinos globalisées

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Danse

ImageLa Salsa, comme les autres musiques de loisirs globalisées dites « tropicales », n'est pas seulement la descendante des traditions caribéennes. Elle est surtout le produit de l'alchimie culturelle qui s'est déroulée au cours du XXème siècle dans les grandes métropoles, multiethniques et hyperactives, d'Amérique du nord, entre l'apport des populations migrantes et et les expressions musicales du pays d'accueil. Mais ce mécanisme a conduit à des expressions musicales et dansées différentes en fonction des situations locales (photo ci-contre : festival "Calle 8" à Miami).  

ImageL'analyse comparée du cas de trois grandes villes nord-américaines qui ont constitué les principaux berceaux des cultures urbaines latinos aux Etats-Unis (New-York, Miami, Los Angeles...) fourmille à cet égard d'enseignements révélateurs. 

Elle nous permet en particulier de comprendre le caractère profondément new-yorkais de la Salsa, née de la rencontre des rythmes caribéens apportés par une vaste émigration portoricaine et de la tradition Jazzy de la ville. Ce style musical hybride est alors adopté par un public populaire et urbain d'origine latino, habitant les quartiers pauvres de la Big Apple, dont il reflète la dualité identitaire (photo ci-contre : danseurs du barrio new-yorkais dans les années 1970). 

Berlin : une ville ouverte, vivante et décalée

Écrit par Fabrice Hatem le . Publié dans Danse

ImageDepuis la première fois que j'ai visité Berlin, cette ville a représenté pour moi un paradoxe. J'ai toujours été partagé, en effet, entre les épouvantables souvenirs historiques qu'évoquent pour moi la capitale allemande, et le sentiment de bien-être et de gaieté qu'elle suscite aujourd'hui chez le visiteur étranger, charmé par l'hospitalité souriante de ses habitants.

Ville de grande tradition culturelle, devenue durant l'entre-deux guerre une ruche d'expérimentation artistique, puis transformée après 1945, par les hasards de l'histoire, en lieu d'accueil de la contre-culture, Berlin a retrouvé à la fin du XXème siècle son statut de grande capitale européenne à la vie nocturne trépidante et un peu décalée (photo ci-contre : Carnaval des Cultures).
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Haut lieu des musiques alternatives - de la Techno à l'Electro en passant par le Rock Heavy Metal - Berlin a également vu se développer depuis 25 ans une scène latino, qui, sans égaler celles de Paris, Londres ou Madrid, est tout de même assez active (photo ci-dessous : soirée auSoda Club). Un mouvement alimenté par le goût prononcé des berlinois pour les cultures alternatives, exotiques et métissées, si possible teintées d'un zeste de kitch et de provocation.